Côte d'Ivoire : Face aux déguerpissements à Abidjan, le COJEP exige des réponses immédiates pour les sinistrés
Le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) appelle le gouvernement ivoirien à aller au-delà des annonces relatives à la construction de logements sociaux pour répondre à l'urgence humanitaire provoquée par les opérations de déguerpissement menées dans le district d'Abidjan.
Dans une déclaration rendue publique le 2 juillet 2026 à Abidjan, le porte-parole du parti, Me Serge Ouraga, affirme suivre « avec une attention soutenue » l'évolution de la situation des milliers de personnes affectées par ces opérations.
Le COJEP prend acte de l'annonce faite par le gouvernement à l'issue du dernier Conseil des ministres portant sur la construction de 12 000 logements sociaux destinés à reloger les populations déguerpies.
Pour le parti, toute politique visant à accroître l'offre de logements sociaux constitue une initiative positive. Il salue donc cette décision tout en rappelant qu'elle devra désormais se traduire par des réalisations concrètes.
Cependant, le COJEP estime que cette annonce ne répond pas aux préoccupations immédiates des populations sinistrées.
« Que deviennent aujourd'hui les milliers de femmes, d'hommes, d'enfants et de personnes âgées qui ont été brutalement privés de leurs habitations ? Où passent-ils leurs nuits ? Comment affrontent-ils la saison des pluies ? Comment les élèves et les étudiants prépareront-ils sereinement la prochaine rentrée scolaire ? », s'interroge la formation politique.
Selon le COJEP, les logements annoncés ne seront pas disponibles avant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Le parti demande donc que cette politique soit accompagnée d'un calendrier précis, public et transparent, indiquant notamment la date de démarrage des travaux, les délais de réalisation ainsi que la période à laquelle les bénéficiaires pourront effectivement intégrer leurs nouveaux logements.
Pour le COJEP, les populations concernées sont en droit de connaître les échéances de ce projet afin de ne pas demeurer dans l'incertitude.
Au-delà des projets de construction, le COJEP insiste sur la nécessité de répondre immédiatement à la détresse des familles ayant perdu leur logement.
Le mouvement plaide pour la mise en place de mesures conservatoires permettant d'assurer un relogement provisoire dans des conditions dignes, ainsi qu'un dispositif d'accompagnement destiné à aider les victimes à reconstruire progressivement leur vie.
« Les effets d'annonce ne suffisent pas face à une urgence humanitaire de cette ampleur », souligne le parti, estimant que, dans un État soucieux de la dignité de ses citoyens, le relogement ne peut être renvoyé à un avenir incertain alors que des familles vivent déjà dans une situation de grande précarité.
Le COJEP revient également sur la situation de Koumassi Campement, où les circonstances des déguerpissements continuent de susciter de nombreuses interrogations.
Le parti réaffirme sa demande de voir toute la lumière être faite sur les conditions dans lesquelles ces opérations se sont déroulées. Il souhaite que les procédures en cours permettent d'établir les responsabilités et d'aboutir à une réparation juste et équitable en faveur des victimes.
En conclusion, le COJEP invite le gouvernement à compléter son programme de construction de logements sociaux par des mesures immédiates en faveur des populations sinistrées, estimant que l'urgence commande d'agir sans délai pour préserver la dignité des personnes affectées.
Wassimagnon
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