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Côte d'Ivoire : FIMEC 2026, Beugré Mambé : « Les compétences doivent être le premier moteur de notre compétitivité »
 

Côte d'Ivoire : FIMEC 2026, Beugré Mambé : « Les compétences doivent être le premier moteur de notre compétitivité »

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 15 juillet 2026 - 15:17

La deuxième édition du Forum International des Métiers et des Compétences (FIMEC 2026) s'est ouverte ce mercredi au Palais des Congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à l'occasion de la Journée mondiale des compétences des jeunes, célébrée chaque 15 juillet sous l'égide des Nations Unies.


Placé sous le thème « Compétences, Emploi et Transformation économique en Afrique : le rôle stratégique de la Formation professionnelle », le Forum a réuni les plus hautes autorités de l'État, les partenaires techniques et financiers, les organisations internationales, les entreprises, les établissements de formation, les organisations professionnelles ainsi que de nombreux jeunes venus réfléchir aux solutions permettant de mieux adapter les compétences aux besoins des économies africaines.


Au fil des interventions, un message commun s'est imposé : le développement du capital humain constitue désormais la première richesse des nations et la condition essentielle d'une croissance durable, inclusive et compétitive.


Présidant la cérémonie d'ouverture, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a rappelé que la Côte d'Ivoire, sous le leadership du Président de la République, Alassane Ouattara, a fait du développement du capital humain l'un des piliers de sa stratégie de transformation économique.


Selon lui, dans un monde marqué par des mutations technologiques, économiques et démographiques sans précédent, la compétitivité des États dépend avant tout de leur capacité à développer les compétences de leurs populations.


Le Chef du Gouvernement a salué l'organisation du Forum par le ministère de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle ainsi que par l'Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), avant de féliciter l'ensemble des partenaires mobilisés.


Pour Robert Beugré Mambé, le FIMEC est devenu bien plus qu'un rendez-vous institutionnel : il constitue une véritable plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics, les entreprises, les établissements de formation et les partenaires au développement afin de construire des réponses concrètes aux défis de l'emploi et de la qualification.


Il a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats entre l'État et le secteur privé afin d'anticiper les métiers de demain, d'améliorer l'employabilité des jeunes et d'accompagner l'industrialisation du pays.


Réaffirmant l'engagement du Gouvernement à mettre en œuvre les recommandations issues des travaux du Forum, il a lancé un appel à faire des compétences « le premier moteur de notre compétitivité, de notre souveraineté économique et de notre prospérité partagée ».


Prenant la parole en qualité de ministre de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Maître Adama Kamara a replacé le FIMEC dans la dynamique du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui ambitionne de bâtir une Côte d'Ivoire plus industrialisée, innovante, inclusive et compétitive.


Selon lui, le développement du capital humain, l'amélioration de l'employabilité et la création d'emplois décents figurent désormais parmi les priorités stratégiques de l'État.


« Les investissements financent les projets ; les compétences leur donnent vie », a déclaré le ministre, soulignant que le succès du PND dépendra autant de la qualité des infrastructures que de celle des femmes et des hommes appelés à les faire fonctionner.

Il a insisté sur l'évolution profonde de la formation professionnelle.


« Pendant longtemps, elle était considérée comme le prolongement naturel de la politique éducative. Aujourd'hui, elle est devenue une véritable politique économique », a-t-il affirmé.


Former signifie désormais préparer les techniciens, artisans, ingénieurs, développeurs, spécialistes de l'intelligence artificielle et entrepreneurs qui construiront l'économie de demain.


 

S'adressant particulièrement aux jeunes, le ministre les a invités à considérer les Centres de formation par apprentissage (CFA) comme de véritables tremplins vers des métiers porteurs.


Il a également annoncé le développement de futures usines-écoles, destinées à permettre aux apprenants d'acquérir leurs compétences directement dans un environnement industriel, afin d'être immédiatement opérationnels à leur sortie. Pour lui, « les compétences sont les nouvelles infrastructures du développement».



Il a enfin souhaité que les travaux du Forum débouchent sur un Livre blanc contenant des recommandations opérationnelles susceptibles d'inspirer durablement les politiques publiques en matière d'emploi, de formation professionnelle et de développement des compétences.


La Directrice générale de l'AGEFOP, Karitia Coulibaly De Medeiros, a rappelé que le FIMEC est né de la nécessité de rapprocher durablement les politiques de formation des besoins réels de l'économie.


Revenant sur le succès de la première édition organisée en février 2025, elle a indiqué que les recommandations formulées avaient déjà conduit au lancement du Programme national Passeport-Compétences, destiné à identifier les besoins spécifiques en compétences dans les différents territoires.


Elle a ensuite présenté deux propositions majeures. La première consiste à renforcer durablement les ressources financières de l'AGEFOP afin d'élargir les dispositifs de formation à davantage de jeunes et de régions. La seconde vise à instaurer un marqueur "Développement des compétences" dans tous les projets structurants du pays afin que chaque investissement public intègre systématiquement un volet consacré à la formation des populations concernées.


S'appuyant sur les résultats du PEJEDEC, qui montrent que près de deux bénéficiaires sur trois trouvent un emploi ou créent leur activité après leur formation, elle a réaffirmé que l'investissement dans les compétences demeure l'un des investissements publics les plus rentables.


Concluant son intervention, elle a résumé l'esprit du Forum par une formule largement saluée : « Les routes relient les territoires. Les ports relient les économies. Mais les compétences relient les générations à leur avenir. »


Au nom du système des Nations Unies, la Coordonnatrice résidente, Hélène N'Garnim-Ganga, a rappelé que la Journée mondiale des compétences des jeunes met en lumière un constat universel : investir dans les compétences est l'un des moyens les plus sûrs de construire des économies prospères, inclusives et durables.


Évoquant les bouleversements liés à l'intelligence artificielle, à la transition écologique, aux mutations démographiques et à la transformation numérique, elle a souligné que les compétences demandées sur le marché du travail évoluent à un rythme sans précédent.


S'appuyant sur les données de l'Organisation internationale du travail (OIT) et de l'UNESCO, elle a rappelé qu'une personne sur cinq âgée de 15 à 24 ans dans le monde n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation, tandis qu'une part importante des compétences actuelles devra évoluer d'ici à 2030.


 

Elle a salué les efforts du Gouvernement ivoirien pour faire du développement du capital humain une priorité du PND 2026-2030, réaffirmant l'engagement des Nations Unies à accompagner la Côte d'Ivoire dans le développement des compétences techniques, professionnelles, numériques et entrepreneuriales.


S'adressant directement aux jeunes, elle les a invités à apprendre tout au long de leur vie, estimant que leur capacité d'adaptation constitue désormais leur premier capital.


Au nom des jeunes participants, Sophie Konan a présenté les conclusions des travaux préparatoires ayant réuni une soixantaine de représentants de la jeunesse ivoirienne.


Les participants ont souligné que les transitions écologique et numérique représentent autant d'opportunités que de défis et ont insisté sur la nécessité d'adapter davantage les formations aux réalités du marché de l'emploi.


Parmi les principales recommandations figurent, l'intégration des compétences vertes, numériques, entrepreneuriales et comportementales dans les programmes de formation, le renforcement de l'apprentissage en alternance et du dialogue entre les entreprises et les centres de formation, un meilleur accès au financement et à l'accompagnement technique des jeunes porteurs de projets, la réduction de la fracture numérique sur l'ensemble du territoire, la mise en place de dispositifs spécifiques en faveur des jeunes femmes et des personnes vulnérables et une communication renforcée sur les initiatives publiques destinées à la jeunesse.


« Ce rapport n'est pas un simple document. C'est la voix de soixante représentants de la jeunesse ivoirienne qui ont réfléchi ensemble à leur avenir», a déclaré Sophie Konan, appelant les décideurs à transformer ces propositions en actions concrètes.


Au terme de cette cérémonie d'ouverture, une conviction s'est dégagée de l'ensemble des interventions : la compétitivité des économies africaines reposera moins sur leurs ressources naturelles que sur leur capacité à développer, valoriser et renouveler les compétences de leurs populations.


Le Gouvernement ivoirien, les Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les entreprises, les établissements de formation et les organisations de jeunesse ont ainsi réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération afin de construire un écosystème de formation plus innovant, plus inclusif et davantage connecté aux besoins des économies de demain.


Pendant deux jours, le Forum poursuivra ses travaux autour de tables rondes, d'ateliers et de rencontres entre décideurs publics, entreprises, experts et jeunes, avec l'ambition de faire du FIMEC la principale plateforme africaine de réflexion stratégique sur les métiers, les compétences et l'emploi.



Wassimagnon



 
 
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