Cameroun : 42 jours d'absence du Président Biya, l'UDC demande de sécuriser la continuité de l'État
Paul Biya
Le Président Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026, officiellement, pour un séjour privé en Europe. 42 jours plus tard, l’absence se prolonge et l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) estime qu’il faut sortir du silence.
Dans un communiqué publié dimanche, le parti dirigé par Tomaino Ndam Njoya se veut d’abord responsable, "nous n’entendons ni spéculer sur la situation personnelle du Chef de l'État, ni alimenter les rumeurs. Le respect dû à la fonction présidentielle nous impose retenue".
Mais l’UDC ajoute aussitôt, "la stabilité d’une République ne peut reposer sur le silence ou les suppositions. Elle doit être garantie par des institutions transparentes et pleinement opérationnelles".
Continuité
Pour l’UDC, une absence prolongée "ne constitue pas, à elle seule, une vacance de la Présidence". En revanche, elle soulève une question de fond : qui assure la continuité de l’action publique ?
Comment s’exercent effectivement les responsabilités présidentielles ? Quels mécanismes s’appliquent en cas d’empêchement temporaire?
Le parti d'opposition rappelle que la révision constitutionnelle du 14 avril 2026 a réintroduit la fonction de Vice-Président de la République dans l'objectif de sécuriser la succession et la suppléance au sommet de l’État.
Seulement, selon l’UDC, "la situation actuelle montre la nécessité de compléter et de rendre pleinement opérationnel ce dispositif".
Pour L'UDC, la loi existe mais les règles d’application manquent.
Propositions
Pour éviter que l’absence ne débouche sur une crise institutionnelle, l’UDC propose d’ouvrir un chantier de clarification avec 5 mesures :
Il faut, estime la formation politique, encadrer les absences prolongées du Chef de l’État par des règles et des délais précis, garantir l’information, déléguer par écrit, définir une procédure impartiale, et prévenir tout blocage institutionnel au sommet de l’État.
Éviter la crise, renforcer la confiance
L’UDC insiste, "il ne s’agit pas de transformer une absence en crise politique, mais d’éviter qu’une insuffisance de nos mécanismes constitutionnels ne devienne, demain, une crise institutionnelle".
Le parti appelle donc "les autorités compétentes à apporter à la Nation les clarifications nécessaires sur la continuité effective de l’État". Il exhorte aussi "les forces politiques et institutionnelles à œuvrer, dans un esprit républicain, au renforcement durable de notre cadre constitutionnel".
L’UDC estime que "l’enjeu dépasse les personnes et les appartenances politiques. Il concerne la permanence de l’État, la confiance des citoyens et la stabilité de la Nation".
Le Cameroun a souvent connu de longues absences présidentielles commentées publiquement. Mais, celle-ci intervient après la réforme d’avril 2026, qui a réintroduit le vice-Président.
Mais 3 mois après son adoption, les Camerounais découvrent que les contours pratiques restent flous, alors que le pays est dirigé par un Chef d'État de 93 ans dont 43 au pouvoir.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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