Ghana : Un financier de l'opposition condamné à 20 ans de prison pour exploitation minière illégale
Bernard Antwi Boasiako (ph)
L’un des hommes politiques les plus influents de l’opposition ghanéenne, Bernard Antwi Boasiako, plus connu sous le nom de président Wontumi, a été condamné à 20 ans de prison pour des infractions liées à l'exploitation minière illégale sur la concession de Samreboi, dans la région Ouest du pays.
La juge Audrey Kocuvie-Tay, présidente de la Chambre criminelle du tribunal, a rendu son jugement le lundi 20 juillet 2025 à Accra mettant ainsi un terme à l'une des poursuites les plus médiatisées du Ghana concernant l'exploitation minière illégale, communément appelée galamsey.
Boasiako, le président régional du parti d’opposition NPP dans la région Ashanti, a été reconnu coupable d'accusations liées à la cession illégale de droits miniers et à la facilitation d'opérations minières sans permis sur la concession de Samreboi, dans la région de l'Ouest.
L’affaire
Elle porte sur des allégations selon lesquelles Boasiako, en collaboration avec Akonta Mining, appartenant à Boasiako, et un associé, aurait autorisé des activités minières sur la concession de la société à Samreboi sans l'autorisation requise par la législation minière ghanéenne.
Au cœur de l'affaire se trouve la question de savoir si Akonta Mining a illégalement transféré ou autrement cédé ses droits miniers sans obtenir l'approbation du ministre chargé des terres et des ressources naturelles.
Les poursuites ont suscité un vif intérêt public en raison du profil politique de M. Antwi-Boasiako et ont occupé une place importante dans le débat national sur l'application des lois contre l'exploitation minière illégale et la poursuite des personnes politiquement exposées.
Culpabilité pour six chefs d'accusation
Le tribunal a reconnu Wontumi coupable des six chefs d'accusation, notamment la cession de droits miniers sans l'autorisation ministérielle requise et la facilitation intentionnelle d'une exploitation minière sans permis, en violation de la loi de 2006 sur les minéraux et l'exploitation minière (loi 703), telle que modifiée.
Outre la peine d'emprisonnement, le tribunal a infligé une amende de 10 000 unités de pénalité au président régional du parti de l’opposition NPP dans la région Ashanti. S'il ne s'acquitte pas de l'amende, il purgera une peine supplémentaire de trois ans de prison, le tribunal ayant toutefois ordonné que la peine d'emprisonnement et la peine d'amende soient purgées simultanément.
La société Akonta Mining Company Limited a été condamnée à une amende après que le tribunal ait pris en compte des circonstances atténuantes.
Jugement contesté
Avant le prononcé du jugement, la défense a exhorté le tribunal à prononcer la peine minimale de 15 ans prévue par la loi.
L'avocat de la défense, Enoch Afoakwa, a fait valoir que son client a coopéré avec les enquêteurs tout au long du procès, s'était présenté au tribunal chaque fois que cela était requis, avait exprimé des remords. Il s’est dit « inconfortable face à la peine » prononcée contre le président régional du NPP dans la région Ashanti. La défense a déclaré qu'elle consultera son client avant de décider de la suite à donner à sa procédure.
Un cas d’école
Cette condamnation est l'une des plus importantes dans la longue lutte contre l'orpaillage illégal, devenu l'un des enjeux politiques et environnementaux les plus controversés du pays.
L'orpaillage illégal a pollué d'importants cours d'eau, détruit des milliers d'hectares de forêts et de terres agricoles, menacé la production de cacao et alimenté à maintes reprises la colère de la population face à la protection politique dont bénéficieraient les auteurs de ces infractions.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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