Côte d'Ivoire-France : « Affaire Mélenchon », Nady Gbagbo à l'Ambassadeur : « La souveraineté ne peut pas devenir un refuge derrière lequel on dissimule nos contradictions »
Nady Bamba épouse Gbagbo (DR)
Suite à la réaction de l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, SEM Maurice Bandama Kouakou après les propos tenus par l’homme politique français, Jean-Luc Mélenchon, sur la présidentielle de 2025, Nady Bamba épouse Gbagbo sort de son silence.
Revenant sur la partie de la déclaration stipulant ceci : « Depuis le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire n’est plus une colonie française… », l’épouse de l’ancien président ivoirien, se demande dans une tribune consultée par KOACI, si elle n’avait mal lu le nom de l’auteur de cette phrase tellement son usage serait inapproprié.
« Je n’aurai pas l’outrecuidance de vouloir expliquer un mot du dictionnaire français à notre ambassadeur. Et cela pour une raison simple : Monsieur Maurice Bandama est un écrivain.
Et en plus, un écrivain que j’apprécie », relève l’opposante et de poursuivre.
« Dans sa déclaration, l’ambassadeur Maurice Bandama affirme : « Le fait d’avoir été une colonie française pendant près d’un siècle ne donne le droit à aucun Français de tenir des propos outranciers et outrageants à l’égard de la Côte d’Ivoire » Non, non, et non, il ne peut pas dire ça… Pourquoi ? On ne peut pas s’être réjoui de l’acte violent posé par l’ex-président français Nicolas Sarkozy dans la gestion de la crise post-électorale de 2010 et se plaindre aujourd’hui des mots de Monsieur Jean-Luc Mélenchon, pour qui j’ai d’ailleurs une profonde admiration. Il faut aussi éviter les amalgames. La France n’est pas Nicolas Sarkozy. La France n’est pas Jean-Luc Mélenchon. Un homme politique français ne représente pas à lui seul toute la France. De la même manière, la Côte d’Ivoire n’est pas seulement son président. Les actes doivent être attribués à ceux qui les posent, et non à des peuples entiers ou à un pays. »
Selon Nady Bamba, la souveraineté ne peut pas être un mot que l’on brandit uniquement lorsque cela arrange.
« Elle ne peut pas devenir un refuge derrière lequel on dissimule nos contradictions, nos mauvaises actions. Lorsqu’on a bénéficié de soutiens extérieurs dans certaines circonstances politiques, on doit aussi avoir la cohérence d’assumer cette histoire. Et accepter que n’importe quel ressortissant du pays qui nous a apporté son soutien intervienne dans le débat politique de son pays. Entendre parler de souveraineté par des responsables proches d’un pouvoir qui a bénéficié du soutien d’un haut responsable français lors de la crise ivoirienne de 2010 crée en moi un malaise et m’amène à me poser la question suivante : la souveraineté est-elle un principe universel ou un argument utilisé selon les circonstances ? Pour moi, la souveraineté doit rester un principe universel quelque soit la taille ou la puissance d’un État. Mais, elle ne doit pas être une bouée de sauvetage pour se soustraire aux critiques fondées », a-t-elle conclu.
Donatien Kautcha, Abidjan
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