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Côte d'Ivoire : Produits cosmétiques non autorisés en circulation, le CEMC-CI réclame la démission du directeur général de l'AIRP et une refonte de la régulation
 

Côte d'Ivoire : Produits cosmétiques non autorisés en circulation, le CEMC-CI réclame la démission du directeur général de l'AIRP et une refonte de la régulation

 
 
 
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© Koaci.com - mardi 21 juillet 2026 - 18:58

Le Centre d'Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d'Ivoire (CEMC-CI), une organisation non gouvernementale engagée dans la sensibilisation aux questions de santé publique et à la protection des consommateurs, a vivement mis en cause la gestion de l'Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP). Au cours d'une conférence de presse animée ce mardi 21 juillet 2026 à Yopougon Songon Cité Belle Horizon, son président, Marcellin Doh, a estimé que les insuffisances observées dans le contrôle des produits cosmétiques justifient le départ du directeur général de l'institution, le Dr Assane Coulibaly.


Face aux journalistes, le président du CEMC-CI a expliqué que cette sortie visait avant tout à défendre le droit des populations ivoiriennes à une protection effective de leur santé. Selon lui, les investigations menées depuis plusieurs années par son organisation, notamment sur les produits destinés à la dépigmentation, révèlent la persistance sur le marché de nombreux produits dont la conformité est contestée, malgré l'existence d'un dispositif juridique censé protéger les consommateurs.


Le CEMC-CI reproche notamment au directeur général de l'AIRP des déclarations jugées préoccupantes lors d'une récente interview. L'ONG relève qu'il a lui-même reconnu l'existence de produits non conformes sur le marché, tout en privilégiant une approche fondée sur la concertation avec les opérateurs économiques plutôt que sur des mesures de retrait et de sanction. Une position que Marcellin Doh considère incompatible avec les exigences de la réglementation ivoirienne.


« Lorsqu'un produit présente un risque potentiel pour la santé, la loi impose à l'administration d'agir rapidement. Il ne s'agit pas d'une simple faculté, mais d'une obligation », a-t-il insisté, estimant que la mission de l'AIRP consiste d'abord à protéger les consommateurs et non à accompagner prioritairement les acteurs économiques.

L'organisation estime également que l'absence de données publiques sur les inspections, les produits contrôlés, les retraits du marché ou encore les sanctions administratives nourrit les interrogations sur l'efficacité du système actuel de régulation. Elle demande ainsi davantage de transparence et souhaite que les autorités publient régulièrement les résultats des opérations de contrôle.


 

Au-delà de ces critiques, le CEMC-CI a adressé une série de questions aux autorités compétentes, portant notamment sur le nombre de produits évalués depuis le transfert des compétences à l'AIRP, les produits déclarés non conformes, les retraits du marché, les établissements sanctionnés ainsi que les mécanismes de surveillance des produits cosmétiques distribués dans les pharmacies, les grandes surfaces, les marchés et les plateformes numériques.


L'ONG propose par ailleurs la mise en place d'un Comité national de régulation des produits cosmétiques réunissant les ministères concernés, le Laboratoire national de santé publique, l'AIRP, les organisations de consommateurs, la société civile ainsi que des experts indépendants afin de renforcer la gouvernance du secteur.


Estimant que la politique actuelle de régulation ne répond plus pleinement aux exigences de protection de la santé publique, Marcellin Doh a demandé au gouvernement d'engager sans délai une évaluation indépendante de la gestion de cette compétence. Selon lui, si les insuffisances relevées sont confirmées, les autorités devront prendre toutes les mesures qui s'imposent, y compris une réorganisation profonde de l'AIRP. Le président du CEMC-CI est allé plus loin en appelant à la démission du directeur général de l'institution, estimant qu'une nouvelle gouvernance est devenue indispensable pour restaurer la confiance des consommateurs et garantir une protection efficace de la santé publique.


En conclusion, l'ONG a réaffirmé que les considérations économiques ne sauraient primer sur la santé des populations. Elle assure qu'elle poursuivra ses actions de veille citoyenne et de plaidoyer afin que seuls des produits cosmétiques conformes, sûrs et rigoureusement contrôlés soient commercialisés en Côte d'Ivoire.



Jean Chresus, Abidjan 


 
 
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