Côte d'Ivoire : Accident sur l'axe Touba-Biankouma ayant fait 39 morts, des irrégularités relevées sur le véhicule, mesures engagées par le Ministère des Transports
Etienne Kouakou, Directeur de l’OSER au centre face à la presse ce mercredi (DR)
Le lundi 13 juillet 2026, un accident de la circulation d’une extrême gravité est survenu sur l’axe Touba - Biankouma.
Un car assurant la liaison Odienné – Yamoussoukro, a fait une sortie de route et s’est retrouvé dans le fleuve Bafing. Le bilan, à ce jour, fait état de 39 tués et de 45 blessés.
Sur instruction Ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné, le Directeur de l’Office de Sécurité Routière (OSER), Etienne Kouakou, a livré, ce mercredi 22 juillet 2026, à Abidjan, les premiers éléments de l’enquête administrative diligentée par ses services. C’est cet engagement que nous venons honorer aujourd’hui, en son nom.
Notons que, l’enquête diligentée par le Bureau Enquête Analyse Accident (BEA) est uniquement administrative et technique. Toutefois, l’enquête judiciaire ouverte auprès du parquet de Touba suit son cours.
Face à la presse, le collaborateur du Ministre révélé qu’au moment du drame, le car d’une compagnie de transportait 91 personnes pour une capacité déclarée de 69 places, soit un surnombre de 22 personnes.
« Nos constatations établissent qu’au-delà des 69 sièges effectivement occupés, les allées du car avaient été équipées de tabourets improvisés « poufs » transformés en places assises supplémentaires, et que d’autres passagers voyageaient debout, accrochés à l’intérieur du véhicule », a déclaré M. Kouakou, avant de poursuivre.
« L’état général du car a été jugé visiblement acceptable, mais l’enquête administrative a mis en évidence plusieurs anomalies significatives : le véhicule porte deux plaques d’immatriculation provisoires différentes et non conformes pour échapper éventuellement à la vidéoverbalisation ; l’assurance, la carte de transport et la visite technique du véhicule demeurent, à ce jour, introuvables et n’ont pas été produites à nos services, alors que le car, mis en circulation le 3 février 2025, y était réglementairement assujetti depuis 17 mois pour l’assurance, la carte grise et 05 mois pour la visite technique. Les six pneus équipant le véhicule sont de trois marques différentes. Ce défaut d’homogénéité peut être un facteur de l’éclatement du pneu. »
Face à la gravité de la situation, le conférencier a annoncé que plusieurs mesures sont d’ores et déjà engagées , notamment, le lancement d’un programme national de formation, théorique et pratique, des chauffeurs de transport en commun, avec des sessions itinérantes dans l’ensemble des régions du pays; Intensification de la formation des gestionnaires d’entreprises de transport ; la mise en place d’une plateforme électronique de suivi des compagnies de transport, permettant l’enregistrement des véhicules, le contrôle de la validité des assurances et des visites techniques, ainsi que la tenue d’un registre numérique des passagers à chaque départ ; un contrôle renforcé, en lien avec les compagnies d’assurance, de l’obligation de présentation d’une visite technique valide préalable à toute souscription ou tout renouvellement d’assurance ; l’ouverture, avec le Ministère en charge de l’Emploi, de discussions sur une convention collective interprofessionnelle des chauffeurs de transport interurbain ; le renforcement du rôle des Comités Locaux de Sécurité Routière (CLSR) dans l’identification et le traitement des points de vigilance sur les axes à risque, notamment ceux comportant des ouvrages d’art à proximité de plans d’eau. Rendre le permis « B » obligatoire avant d’accéder aux autres catégories.
« Nous voulons assurer que le Ministère suivra cette affaire jusqu’à son terme, avec la rigueur et la transparence que les familles endeuillées, les blessés et l’ensemble de nos concitoyens sont en droit d’attendre. Ce drame doit être l’occasion de tirer toutes les leçons nécessaires pour qu’un tel événement ne se reproduise plus sur l’ensemble du territoire national. C’est le sens de l’engagement que nous devons tous prendre, transporteurs, conducteurs et administrations », a conclu M. Etienne Kouakou, Directeur de l’OSER.
Donatien Kautcha, Abidjan
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