Côte d'Ivoire : L'AAPEE-CI propose des solutions pour une meilleure école ivoirienne
Denis Wahoue (ph KOACI)
Au lendemain de la proclamation des résultats des examens à grand tirage, l’Association Autonome des Parents d’Élèves et Étudiants de Côte d’Ivoire (AAPEE-CI) a tiré la sonnette d’alarme. Lors d’un point de presse animé à Gagnoa le vendredi 17 juillet 2026, son président, Denis Wahoue, a dressé un diagnostic sévère du système éducatif ivoirien et formulé plusieurs propositions.
Selon le président de l’AAPEE-CI, les performances de l’école ivoirienne sont en baisse continue depuis les années 1980. « Les taux de réussite aux examens à grand tirage, notamment au baccalauréat, sont passés de plus de 60% au cours de la première décennie de notre indépendance à 36,12% en 1988, puis à 13,39% en 1994 et environ 21,73% en 2002 », a-t-il rappelé. Il ajoute que la crise militaro-politique de 2002 à 2011 a aggravé cette tendance, avec un taux de 23,71% en 2011. « Au fil des années, les différentes crises ont engendré des insuffisances structurelles qui continuent d’impacter la qualité des apprentissages et les performances des élèves », s’est-il indigné.
Denis Wahoue dénonce surtout l’insuffisance du financement de l’État. Le budget alloué à l’éducation ne représente que 9,95% du budget national, contre au moins 20% recommandés par les normes internationales. Conséquence directe : un déficit criard d’infrastructures. Dans le secondaire général, les établissements publics ne représentent que 22% des écoles et accueillent 43% des effectifs.
Pour l’AAPEE-CI, ce sous-financement explique aussi le déficit d’enseignants et l’insuffisance de qualification pédagogique d’une partie du corps enseignant, y compris dans le secteur privé. Au regard de cette triste réalité, l’association estime que la bivalence peut être une réponse pertinente aux besoins du système éducatif ivoirien, à condition que ces enseignants bénéficient d’une formation suffisamment approfondie dans leur seconde discipline. La même exigence de qualité devrait s’appliquer aux enseignants du secteur privé exerçant sous le régime de l’autorisation d’enseigner, compte tenu de la place importante qu’occupe aujourd’hui l’enseignement privé. Le renforcement de leur formation continue est donc un enjeu majeur pour améliorer la qualité des apprentissages. L’AAPEE-CI pointe également la précarité financière des nouveaux enseignants pendant une longue période, une situation qui a forcément de réelles conséquences sur la qualité du système éducatif.
Eu égard à toutes ces problématiques, l’AAPEE-CI invite le gouvernement à poursuivre les réformes engagées en apportant des réponses structurelles à ces difficultés. Elle recommande de créer les conditions permettant à tous les établissements scolaires sur l’ensemble du territoire national d’offrir aux élèves un environnement d’apprentissage comparable à celui des établissements d’excellence. L’AAPEE-CI souhaite aussi que l’État alloue un fonds spécial pour l’école, disponible dès la fin du mois d’août de chaque année scolaire afin de ne plus dépendre du budget général qui met du temps à arriver dans les caisses des différents établissements.
Pour finir, le président de cette association des parents d’élèves et étudiants a félicité le Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique, N’Guessan Koffi, dont l’engagement et les efforts ont largement contribué au bon déroulement de l’année scolaire 2025-2026. Cette année a d’ailleurs enregistré de meilleurs résultats que l’année précédente avec des taux de réussite de 85,76% au CEPE et à l’entrée en sixième, 52,17% au BEPC et 40,60% au baccalauréat.
TK Emile
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