Cameroun : Biya resserre la sécurité de la présidence et de la capitale
Lundi 3 août 2026, depuis Genève où il séjourne depuis 57 jours, le Président Paul Biya a signé trois décrets portant sur le haut commandement des Forces de défense. Deux nominations retiennent particulièrement l’attention : celle du nouveau chef de la Garde présidentielle et celle du nouveau commandant chargé de sécuriser la capitale.
Garde présidentielle
Le décret n°2026/265 est le plus commenté. Il place le général de brigade Beko'o Abondo Raymond Jean-Charles à la tête de la Garde présidentielle.
Un poste stratégique, au cœur même du dispositif de protection du chef de l’État. La nomination intervient après le décret n°2026/263 qui a élevé cinq colonels au grade de général de brigade. Parmi eux : Eloundou E. Mesmin Magloire Aristide de la Gendarmerie nationale, ainsi que Beko'o Abondo Raymond Jean-Charles, Nchankou Mbouombouo Njindam Oumar, Epie Ngome Wilson et Mezui Zo'o Elie Romance, issus de l’Armée de terre.
Dans un contexte de rumeurs persistantes sur la santé et la présence du président, confier la Garde présidentielle à un homme du Sud de la même région que celle du Président est perçu comme une volonté de resserrer le contrôle sur le cercle de sécurité rapproché.
Changement à la tête de la sécurité de Yaoundé
Autre mouvement majeur : la nomination du général Melingui Nouma à la tête de la Première Région Militaire Interarmées.
C’est désormais lui qui a la charge de sécuriser Yaoundé, la capitale politique. Ce changement s’inscrit dans le décret n°2026/264 qui a également vu le général de division Hippolyte Ebaka prendre les fonctions de Major général de l’État-major des armées, en remplacement du général Hector Marie Tchemo. Les commandants des quatre régions militaires interarmées ont aussi été remplacés.
Fait notable, le général René Claude Meka est maintenu à son poste de Chef d’État-major des Armées, malgré son absence prolongée de la scène publique depuis plusieurs mois.
Des décrets signés uniquement en français qui relancent le débat sur le bilinguisme prévu par la constitution
Sur les trois textes signés, aucun n’a été publié en anglais. Une situation qui revient régulièrement et qui suscite de nouveau des critiques. Pour le président du PCRN, Cabral Libii, ces signatures posent question. Il évoque deux hypothèses : soit les rumeurs de vacance du pouvoir sont infondées et il faut s’inquiéter des dérives des réseaux sociaux, soit les décrets sont falsifiés pour masquer cette vacance, ce qui relèverait selon lui d’une « criminalité d’État ».
Le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a rejeté toute vacance du pouvoir et assuré que le Chef de l’État sera de retour « très bientôt ».
Priorité à l’armée, d’autres dossiers attendent
Depuis son départ du Cameroun le 7 juin, Paul Biya s’est surtout concentré sur des nominations militaires et des autorisations d’emprunt. Pendant ce temps, les citoyens font face à d’autres urgences : mauvais état des routes, coupures d’électricité, hausse du coût de la vie.
Au-delà de l’aspect administratif, chaque mouvement à l’état-major est lu comme un signal. Sécuriser la Garde présidentielle, changer le patron de Yaoundé, nommer un nouveau Major général tout en maintenant le CEMA : ces décisions posent la question de la continuité du commandement, du renouvellement générationnel et de l’anticipation de la transition au sommet de l’État.
Reste à savoir si d’autres décrets viendront compléter cette série dans les prochains jours.
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
