Côte d'Ivoire : MIRAH, bras de fer autour de la mutuelle, le SYNHA-CI saisit la Solde et dit non au prélèvement de 26 000 FCFA sur les salaires des agents
Le Syndicat national des halieutes de Côte d'Ivoire (SYNHA-CI) a officiellement signifié, ce jeudi 6 août 2026, son opposition à tout projet de prélèvement sur les salaires des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) au profit de la Mutuelle des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MA-MIRAH). Le syndicat invoque des irrégularités présumées lors de l'Assemblée générale extraordinaire du 1er août 2026 et appelle les autorités à suspendre toute procédure de précompte.
Le différend autour de la Mutuelle des agents du ministère des Ressources animales et halieutiques (MA-MIRAH) prend une nouvelle tournure. Adou Koffi, Secrétaire général du Syndicat national des halieutes de Côte d'Ivoire (SYNHA-CI) a adressé, par voie de commissaire de justice, une opposition formelle au Directeur de la Solde afin d'empêcher toute mise en œuvre d'un mécanisme de précompte sur les salaires des agents du ministère.
Dans sa requête, le syndicat affirme que cette démarche est motivée par les conditions dans lesquelles s'est déroulée l'Assemblée générale extraordinaire du 1er août 2026. Selon le SYNHA-CI, cette rencontre avait été convoquée uniquement en vue de l'amendement des statuts et du règlement intérieur de la mutuelle.
Toutefois, le syndicat soutient qu'elle se serait transformée en Assemblée générale élective, aboutissant notamment à la reconduction du président du Conseil d'administration et à l'élection de nouveaux organes, sans qu'un appel à candidatures, une campagne électorale ou une convocation spécifique n'aient été préalablement portés à la connaissance des membres.
Le SYNHA-CI estime que ces circonstances soulèvent des interrogations sur la régularité de la procédure et, par conséquent, sur la validité des décisions adoptées au cours de cette assemblée.
Le syndicat attire également l'attention sur une disposition des statuts adoptés à cette occasion. Il relève que l'article 55 prévoit un prélèvement mensuel de 26 000 francs CFA sur le salaire des agents au profit de la MA-MIRAH. Une mesure qui, selon lui, pourrait avoir des conséquences financières importantes pour les fonctionnaires concernés si elle était appliquée avant toute clarification juridique.
Au regard de ces contestations, le SYNHA-CI demande à la Direction de la Solde de ne donner aucune suite à une éventuelle demande de création, d'activation ou d'exécution d'un précompte salarial au bénéfice de la mutuelle, tant que la conformité de celle-ci n'aura pas été examinée au regard du Règlement n° 07/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009, qui fixe le cadre juridique unifié de la mutualité sociale dans l'espace UEMOA.
Le syndicat précise qu'il demeure favorable aux principes de solidarité et de protection sociale des agents publics. Il insiste toutefois sur le fait que ces objectifs doivent être poursuivis dans le strict respect des textes en vigueur, des règles de bonne gouvernance, de la transparence et des droits des adhérents.
Outre la Direction de la Solde, plusieurs autorités administratives ont reçu ampliation de cette requête, notamment le ministre des Ressources animales et halieutiques, le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale, l'Inspecteur général d'État, le Directeur des ressources humaines du MIRAH ainsi que d'autres responsables administratifs et institutionnels.
Cette démarche ouvre un nouveau chapitre dans le dossier de la MA-MIRAH et pourrait conduire les autorités compétentes à examiner les conditions de mise en place de cette mutuelle avant toute décision relative à un prélèvement sur les rémunérations des agents du ministère.
Wassimagnon
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