Côte d'Ivoire : 78 ânes interceptés à M'Bengué, un trafic vers le Ghana démantelé par les autorités ivoiriennes
Les autorités ivoiriennes ont intercepté, dans la nuit du 27 juillet 2026 à M’Bengué, un camion-remorque transportant 78 ânes à destination du Ghana. Dépourvus des documents sanitaires et administratifs requis, les animaux ont été saisis et placés sous surveillance vétérinaire. Une enquête est en cours pour déterminer leur provenance et établir les responsabilités.
Un nouveau coup de filet contre le trafic transfrontalier d’ânes a été enregistré dans le nord de la Côte d’Ivoire. Dans la nuit du lundi 27 juillet 2026, aux environs de 22 h 20, les agents de la Direction départementale des Ressources animales et halieutiques de M’Bengué, en collaboration avec les agents des douanes, ont intercepté un camion-remorque transportant 78 ânes au poste de contrôle douanier de la localité.
Selon le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), les premières constatations ont révélé que les animaux étaient transportés sans les documents sanitaires et administratifs exigés par la réglementation ivoirienne.
D’après les premières déclarations recueillies par les autorités, les ânes auraient été achetés au Mali avant d’être progressivement acheminés vers la Côte d’Ivoire. Ils auraient ensuite été regroupés à Sandrégué, un village relevant de la sous-préfecture de M’Bengué, avant d’être chargés dans un camion à destination du Ghana.
Face à l’absence des documents réglementaires et au projet d’acheminement des animaux vers le Ghana, les 78 ânes ont été saisis et placés sous la surveillance des services vétérinaires.
Des dispositions ont également été prises pour assurer leur alimentation, leur santé et leur sécurité, tout en garantissant le respect des mesures de biosécurité.
Une enquête pour établir les responsabilités
Les investigations se poursuivent afin de déterminer avec précision la provenance des animaux, les conditions de leur entrée sur le territoire ivoirien et les différentes responsabilités dans cette opération.
Cette interception intervient dans un contexte de préoccupations croissantes des autorités ivoiriennes face à la recrudescence du trafic transfrontalier des ânes et de leurs peaux, phénomène alimenté par une demande commerciale croissante.
Le MIRAH souligne que l’espèce asine occupe une place importante dans les économies rurales. Les ânes sont notamment utilisés pour le transport des personnes, de l’eau, des récoltes, des intrants agricoles et de diverses marchandises. Ils contribuent ainsi aux activités agricoles, à l’accès aux marchés et aux moyens de subsistance de nombreux ménages.
Pour les producteurs et les communautés rurales, ces animaux permettent également de réduire la pénibilité de certaines tâches, notamment celles assumées par les femmes et les autres membres des ménages.
Face aux menaces pesant sur les populations asines, la Côte d’Ivoire a renforcé son dispositif réglementaire. Le décret n° 2022-547 du 13 juillet 2022, portant réglementation de l’abattage et de l’exportation des asins, de leurs produits et sous-produits, interdit l’exportation des ânes vivants, de leur viande, de leur peau ainsi que de tout autre produit ou sous-produit issu de l’espèce asine.
Le texte prévoit toutefois que les opérations de transit sous-régional ou régional ne peuvent être admises que dans le respect de conditions strictes, notamment sous escorte douanière.
Le même décret interdit également, sur l’ensemble du territoire national, l’abattage des ânes destiné à la commercialisation, à la consommation humaine ou animale ou à tout autre usage, sauf dans les cas expressément prévus par la réglementation.
Le ministère rappelle que cette réglementation nationale s’inscrit dans la dynamique de la CEDEAO en matière de santé et de bien-être animal ainsi que dans les orientations de l’Union africaine relatives à la préservation de l’espèce asine.
Il condamne fermement les activités d’abattage commercial illicite, de trafic et d’exportation interdite des ânes et de leurs produits. Le MIRAH invite les éleveurs, commerçants, transporteurs et autres opérateurs à respecter scrupuleusement les exigences sanitaires, vétérinaires, douanières et administratives applicables au déplacement des animaux.
Les populations sont également appelées à signaler aux autorités administratives, sécuritaires, douanières ou vétérinaires compétentes toute activité suspecte impliquant des ânes ou leurs produits.
Les suites de cette affaire seront données conformément aux textes en vigueur.
Wassimagnon
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