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Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le député Houra Marc appelle à frapper les réseaux plutôt que les seuls exploitants
 

Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le député Houra Marc appelle à frapper les réseaux plutôt que les seuls exploitants

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 21 août 2026 - 13:27

Le député de la Nation Houra Marc tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la progression de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Dans une déclaration consacrée à ce phénomène, l’élu estime que la réponse ne peut plus se limiter à la fermeture des sites clandestins et à l’arrestation des personnes qui y travaillent. Pour lui, il faut désormais s’attaquer aux réseaux qui financent, organisent et alimentent le commerce clandestin de l’or.


Selon les chiffres qu’il avance, plus de 1 600 sites clandestins seraient actifs sur le territoire ivoirien à la mi-2026, contre 801 en 2023. Une évolution qui, à ses yeux, montre les limites d’une stratégie essentiellement fondée sur les opérations de déguerpissement et de répression. Il rappelle également que le phénomène toucherait 24 des 31 régions du pays et concernerait directement ou indirectement près de 500 000 personnes.


Houra Marc considère que cette progression ne peut pas être expliquée uniquement par l’appât du gain. Il met en avant la situation économique de nombreuses populations rurales, notamment les jeunes, qui trouvent dans l’exploitation clandestine de l’or une source de revenus en l’absence d’autres perspectives. « Tant qu’il n’existera pas d’alternatives économiques crédibles, la répression seule ne suffira pas », soutient-il en substance.


Le député insiste aussi sur les conséquences environnementales de cette activité. La destruction des terres agricoles, la pollution des cours d’eau et l’utilisation de produits chimiques comme le mercure et le cyanure constituent, selon lui, une menace qui dépasse largement les zones d’exploitation. Les populations installées autour des sites sont également exposées aux risques d’éboulements, aux accidents et aux effets liés à l’utilisation de substances dangereuses.


Sur le plan économique, l’élu évoque un important manque à gagner pour l’État, l’or extrait clandestinement échappant aux circuits officiels. Il estime que la lutte contre le phénomène doit donc être considérée comme un enjeu de développement et de protection des ressources nationales, mais également comme une question de souveraineté.


La dimension sécuritaire préoccupe particulièrement le parlementaire. La présence d’armes sur certains sites, la circulation de produits explosifs et l’existence de circuits transfrontaliers de commercialisation de l’or clandestin constituent, selon lui, des facteurs susceptibles de fragiliser davantage les zones concernées. Il appelle ainsi à renforcer la coopération avec les pays voisins, notamment le Ghana, le Burkina Faso et le Mali, afin de mieux contrôler les mouvements liés à ces réseaux.


 

Pour Houra Marc, l’expérience du Ghana, confronté depuis plusieurs années au phénomène du « galamsey », montre que le problème ne peut être réglé par une seule approche. La lutte doit associer les forces de sécurité, la justice, les collectivités, les chefs traditionnels et les communautés locales. Les populations doivent également disposer de solutions concrètes pour pouvoir abandonner progressivement les activités clandestines au profit de l’agriculture, de la formation professionnelle ou d’autres activités génératrices de revenus.


Le député demande surtout que les efforts soient réorientés vers les véritables bénéficiaires de l’exploitation clandestine. Il préconise une traque plus systématique des financiers, des collecteurs et des réseaux de commercialisation, tout en réclamant que les poursuites judiciaires s’appliquent à tous les responsables, quel que soit leur statut ou leur proximité avec les autorités.


Il souhaite également voir davantage d’efforts consacrés à la restauration des sites abandonnés et à la protection des ressources en eau. Pour lui, la lutte contre l’orpaillage illégal ne doit pas seulement viser à faire disparaître les exploitations clandestines, mais aussi à réparer les dégâts déjà causés aux territoires.


À travers cette déclaration, Houra Marc appelle donc à une mobilisation qui dépasse les considérations partisanes. Il estime que la question de l’orpaillage touche directement à la capacité de la Côte d’Ivoire à protéger ses ressources naturelles, son environnement et son territoire.


« La souveraineté d’une nation se mesure d’abord à sa capacité de disposer pleinement de ses propres ressources naturelles », défend le député, qui invite le gouvernement et la représentation nationale à faire de cette lutte une priorité durable.


 

Pour lui, la fermeture des sites clandestins ne constitue qu’une partie de la réponse. La véritable bataille se situe désormais dans le démantèlement des réseaux économiques qui entretiennent le phénomène et dans la mise en place d’alternatives permettant aux populations concernées de sortir durablement de l’orpaillage clandestin.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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