Cameroun : Quand les meurtres des femmes deviennent des faits divers ordinaires
Une femme a été décapitée dans son sommeil devant ses enfants à Logpom, à Douala. C'est le 7e féminicide enregistré en une seule semaine au Cameroun. Un chiffre qui illustre une hécatombe qui ne s'arrête plus.
Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche au quartier Logpom. Un homme, boucher de profession, a tué sa compagne à l'arme blanche à leur domicile, en présence de leurs deux enfants mineurs. Interpellé par les gendarmes peu après les faits, il a été placé en garde à vue. L'enquête se poursuit.
Ce meurtre n'est pas un cas isolé. Selon les données compilées par Koaci, sept cas de féminicides ont été enregistrés au Cameroun au cours de la seule semaine écoulée.
Courbe qui s'accélère
Les chiffres traduisent une aggravation continue. Selon les données gouvernementales, 50 femmes ont été tuées en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025. Soit une augmentation de 54% en deux ans.
L'année 2026 confirme la tendance. Au 14 avril, 33 femmes avaient déjà été tuées depuis le 1er janvier, dont 11 dans le cadre de drames conjugaux. Entre janvier et fin août 2026, ce sont plus de 40 femmes qui ont perdu la vie dans des circonstances similaires.
Des élèves, des mères, des filles
Derrière les statistiques, il y a des visages. Des femmes, des filles, des élèves, des étudiantes, des travailleuses.
En août 2025 à Soa, Christel Ntsa, 42 ans, a été poignardée par son compagnon. En juin 2026 à Anguissa, une fillette de 11 ans a été tuée à l'arme blanche. Le même mois à Ekié, une femme est décédée des suites de violences conjugales répétées. En août 2026 à Mendong, une jeune femme a été tuée par son mari alors qu'elle avait fui le domicile conjugal pour échapper aux violences.
Une autre information, largement relayée par les médias locaux, fait état d'une jeune femme de 19 ans retrouvée morte au quartier Efoulan à Yaoundé 3, qui aurait été étranglée par son compagnon.
Réponse institutionnelle encore symbolique
Face à cette urgence, la réponse publique reste essentiellement préventive et symbolique.
Dimanche, à l'occasion de la finale de la Coupe du Cameroun de football féminin au Stade Annexe 1 de Yaoundé, la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a saisi l'occasion pour porter le message du Minproff :"Stop aux infanticides et aux feminicides. Protégeons nos femmes, protégeons nos enfants".
Une tribune importante, devant les Lionnes Indomptables championnes d'Afrique et de nombreuses personnalités, mais qui interroge sur l'efficacité des mécanismes de protection, d'alerte et de répression.
Combien de femmes devront encore mourir pour que le féminicide cesse d'être traité comme un simple fait divers ?
-Armand Ougock, correspondant permanent de koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de koaci au WhatsApp 237 691154277 ou cameroun@koaci.com
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