Côte d'Ivoire : Orpaillage illégal, le COSIM s'engage aux côtés de l'Etat pour intensifier la sensibilisation
La lutte contre l’orpaillage illégal pourrait bénéficier d’un nouvel appui de poids en Côte d’Ivoire. Le Conseil supérieur des imams et des affaires islamiques (COSIM) entend en effet, mettre son réseau et son influence au service des efforts engagés par l’État pour combattre ce phénomène qui continue de menacer les ressources naturelles et l’environnement.
L’engagement a été clairement exprimé par le Cheickoul Aïma Ousmane Diakité, président du COSIM, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 août 2026, à l’occasion de la célébration officielle du Maouloud à la grande mosquée de la Riviera Golf, dans la commune de Cocody.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, présidents d’institutions et de nombreux fidèles musulmans.
Placée sous le thème « La célébration du Maoulid, une opportunité de renforcement de la fraternité et de la solidarité », la célébration a été l’occasion pour le président du COSIM de rappeler que les valeurs enseignées par l’islam doivent également trouver leur expression dans la protection de la société et du bien commun.
Au cours de son intervention, Cheickoul Aïma Ousmane Diakité a consacré une place importante à la question de l’orpaillage illégal, qu’il a décrit comme un « fléau préoccupant » aux conséquences graves pour les populations ivoiriennes.
« Ce fléau détruit nos cours d'eau, nos terres de culture et menace notre existence », a-t-il dénoncé.
Pour le président du COSIM, la lutte contre l’orpaillage illégal ne saurait reposer uniquement sur les actions des pouvoirs publics. Elle doit également s’appuyer sur une mobilisation de l’ensemble des composantes de la société, notamment des leaders religieux qui disposent d’une forte capacité de proximité et de sensibilisation.
C’est dans cette perspective que le COSIM se dit prêt à accompagner concrètement l’État dans l’intensification de la sensibilisation des populations.
« Les imams sont prêts à s'associer aux autorités pour aller partout prêcher sur ce fléau », a affirmé Cheickoul Aïma Ousmane Diakité.
Cette déclaration constitue l’un des messages forts de cette célébration du Maouloud. Elle traduit la volonté de l’organisation faîtière des imams de Côte d’Ivoire de mettre son réseau au service d’une cause nationale,.en l'occurrence la préservation de l’environnement et la lutte contre une activité qui fragilise de nombreuses communautés.
Pour le président du COSIM, l’efficacité de cette sensibilisation passe par une présence au plus près des populations. Les imams, présents dans les villes comme dans les villages et les zones rurales, disposent d’un cadre privilégié pour relayer les messages de prévention et expliquer les conséquences de l’orpaillage illégal.
« Cette activité est menée au su et au vu de tous. Dans les villages, dans les campagnes, les régions, tout le monde est au courant de cette activité. Cela veut dire que la complicité des uns et des autres est une réalité », a-t-il relevé.
Dès lors, l’implication des responsables religieux pourrait permettre de renforcer la prise de conscience collective sur les dangers liés à l’exploitation clandestine de l’or.
À travers les prêches, les rencontres communautaires et les actions de proximité, les imams pourraient notamment sensibiliser les populations sur la destruction des terres agricoles, la dégradation des cours d’eau et les autres conséquences de l’orpaillage illégal.
Le COSIM entend ainsi faire de la sensibilisation religieuse un véritable levier d’accompagnement de l’action publique.
L’engagement du COSIM s’appuie également sur une conviction religieuse clairement exprimée par son président. La préservation de la nature relève de la responsabilité de chacun.
« Personne n'a le droit de détruire la nature et cela est interdit en l'islam », a déclaré Cheickoul Aïma Ousmane Diakité.
À travers cette position, le guide de la communauté musulmane ivoirienne inscrit la lutte contre l’orpaillage illégal dans le registre des responsabilités collectives. La protection de l’environnement, la sauvegarde des terres cultivables et la préservation des ressources en eau apparaissent ainsi comme des enjeux qui concernent l’ensemble de la société.
Le président du COSIM a par ailleurs salué les efforts du gouvernement dans la lutte contre ce phénomène et a réaffirmé la disponibilité de son organisation à travailler aux côtés des autorités.
Cheickoul Aïma Ousmane Diakité a appelé à des mesures davantage engagées afin de préserver le patrimoine naturel ivoirien pour les générations futures.
« Vivement que des mesures plus engagées soient prises afin que nous puissions laisser une Côte d'Ivoire en bon état à la postérité », a-t-il souhaité.
Le COSIM se positionne donc comme un partenaire de sensibilisation de l’État, capable de contribuer à porter le message de lutte contre l’orpaillage illégal jusque dans les communautés.
Cette disponibilité des imams pourrait constituer un atout important dans la prévention du phénomène, en complément des mesures administratives, sécuritaires et judiciaires mises en œuvre par les pouvoirs publics.
La solidarité, un principe au cœur du Maouloud
Cette prise de position sur l’orpaillage illégal s’inscrit dans le thème général de la célébration du Maouloud : « La célébration du Maoulid, une opportunité de renforcement de la fraternité et de la solidarité ».
Pour le Cheickoul Aïma Ousmane Diakité, célébrer la naissance du Prophète Mahomet (Paix et salut sur lui) revient notamment à réaffirmer l’engagement des musulmans à suivre son exemple et à promouvoir les valeurs qu’il a enseignées.
« Nous célébrons la naissance du Prophète Mahomet SWS pour nous souvenir du bienfait que Dieu nous a octroyé et réaffirmer notre amour pour le Prophète SWS. Nous renouvelons également notre engagement à prendre le Prophète SWS comme modèle et à porter haut les valeurs qu'il nous a laissées », a-t-il expliqué.
Le président du COSIM a également insisté sur la zakat, rappelant son caractère obligatoire et prioritaire pour les fidèles qui remplissent les conditions requises. Il a invité les personnes disposant de richesses à se rapprocher des imams pour mieux s’informer sur cette obligation religieuse.
Dans le même esprit de solidarité, il a appelé à la générosité des fidèles pour contribuer à la prise en charge de cinquante enfants indigents atteints de maladies cardiaques.
« En cette nuit du Maoulid, ouvrons nos cœurs et nos mains pour sauver des cœurs d'enfants », a-t-il exhorté.
Au terme de la cérémonie, Cheickoul Aïma Ousmane Diakité a salué la qualité de l’enseignement délivré par l’imam Mamadou Sanogo, conférencier de la nuit du Maouloud, sur le thème retenu pour cette célébration.
Wassimagnon
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