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Côte d'Ivoire : Christine Zekou, l'inconditionnelle de Gbagbo s'en va, ses obsèques déjà au cœur d'une polémique
 

Côte d'Ivoire : Christine Zekou, l'inconditionnelle de Gbagbo s'en va, ses obsèques déjà au cœur d'une polémique

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 28 août 2026 - 18:06

Feu Christine Zékou


Christine Zekou n’est plus. L’infatigable militante ivoirienne s’est éteinte le mardi 18 août 2026 en France, où elle vivait depuis plusieurs décennies. Sa disparition laisse un vide dans les rangs des militants de Laurent Gbagbo, particulièrement au sein de la diaspora ivoirienne en France, mais elle fait aussi naître une controverse autour de ses obsèques.


Le principal point de désaccord concerne aujourd’hui le lieu où elle doit être inhumée. Ses enfants souhaitent que leur mère repose en France, tandis que les parents de Christine Zekou demandent que la dépouille de leur fille soit ramenée en Côte d’Ivoire. Les discussions se poursuivent et, pour l’heure, aucune issue définitive n’a été annoncée. Cette situation alimente les tensions autour des derniers hommages à celle que beaucoup considéraient comme une véritable combattante de la cause de Laurent Gbagbo.


Car Christine Zekou aura consacré une grande partie de sa vie à cet engagement. De ses années de militantisme au FPI à son appartenance au PPA-CI, elle n’a jamais caché sa fidélité à Laurent Gbagbo. Pour elle, le combat politique n’était pas une posture de circonstance. Elle l’a assumé dans les moments difficiles, y compris lorsque l’ancien président ivoirien se trouvait loin de son pays et derrière les murs de la Cour pénale internationale.


En France, elle s’était particulièrement distinguée après la crise postélectorale de 2010-2011. Lorsque Laurent Gbagbo a été arrêté puis transféré à La Haye, Christine Zekou s’est retrouvée parmi les figures les plus actives de la mobilisation de la diaspora. À travers le CODESCI, elle a organisé et participé à de nombreuses actions pour défendre celui qu’elle considérait comme son leader.


La « ronde interminable » reste l’une des images les plus marquantes de cet engagement. Pendant des années, Christine Zekou a parcouru les rues de plusieurs villes françaises avec des expositions photographiques consacrées aux événements de la crise ivoirienne. Elle voulait maintenir la pression, sensibiliser l’opinion et surtout empêcher que la cause de Laurent Gbagbo ne disparaisse du débat public français.


Son carnet d’adresses lui permettait également d’approcher des responsables politiques et des personnalités françaises. Élue du Parti socialiste français, elle avait su tisser des relations dans différents milieux. Ces contacts, elle les mettait au service de ses convictions, mais aussi, selon plusieurs témoignages, au profit de compatriotes ivoiriens et d’autres Africains confrontés à des difficultés en France.


 

C’est cette disponibilité qui lui avait valu une autre réputation, plus humaine et moins politique. Beaucoup l’appelaient affectueusement « Maman ». Elle était celle vers qui certains se tournaient pour demander un conseil, une intervention ou simplement un coup de main. Son engagement dépassait donc largement les réunions politiques et les manifestations.


Sa fidélité à Laurent Gbagbo ne s’est pas arrêtée avec son acquittement par la CPI ni avec son retour en Côte d’Ivoire. Christine Zekou a continué à militer dans la famille politique de celui qu’elle défendait depuis des années. Membre du PPA-CI, elle faisait partie de ces militants qui avaient connu les heures difficiles et qui avaient continué à porter le combat lorsque celui-ci semblait encore incertain.


C’est justement ce parcours qui rend certains militants particulièrement sensibles au silence observé aujourd’hui autour de sa disparition. Alors que Christine Zekou a consacré une partie importante de sa vie au combat politique de Laurent Gbagbo et qu’elle a activement œuvré pour la cause du parti en France, des proches et des militants s’étonnent de l’absence de réaction publique plus marquée du PPA-CI.


Le reproche est simple : comment une militante aussi engagée peut-elle disparaître sans qu’un hommage à la hauteur de son parcours ne soit immédiatement organisé par sa famille politique ? La question circule dans les milieux proches de la diaspora. Pour ceux qui l’ont connue, Christine Zekou n’était pas une militante ordinaire. Elle faisait partie de celles qui sont restées debout lorsque le combat était difficile, prenant des risques, mobilisant leurs relations et consacrant leur temps à défendre Laurent Gbagbo.


La polémique sur ses obsèques prend donc une dimension particulière. Au-delà du désaccord entre ses enfants et ses parents sur le lieu de son inhumation, c’est aussi la question de la reconnaissance de son engagement qui se pose. Une femme qui a autant donné à une cause politique mérite-t-elle de partir dans une relative discrétion ?


La famille devra finalement trouver un accord sur la dernière demeure de Christine Zekou. La France, où elle a vécu pendant plusieurs décennies et où elle a mené une grande partie de ses combats, est proposée par ses enfants. La Côte d’Ivoire, sa terre d’origine, est réclamée par ses parents, qui souhaitent pouvoir accompagner leur fille jusqu’à sa dernière demeure.


Quelle que soit l’issue de cette bataille familiale, une partie de la diaspora ivoirienne gardera de Christine Zekou l’image d’une femme entière, généreuse et surtout profondément attachée à Laurent Gbagbo. Une militante qui, pendant des années, a porté sa voix dans les rues de France et qui n’a jamais renié ses convictions.


 

Son décès pose désormais une autre question, plus politique celle-là : que restera-t-il de cette génération de militants qui ont porté le combat de Gbagbo dans les années les plus difficiles ? Pour Christine Zekou, le temps des manifestations, des rassemblements et des campagnes est terminé. Mais son parcours, lui, rappelle le prix payé par certains militants pour leurs convictions.


Et alors que les siens se disputent encore le lieu où elle reposera, une attente demeure dans les rangs de ceux qui l’ont accompagnée : celle d’un véritable hommage à une femme qui, jusqu’au bout, aura été une inconditionnelle de Laurent Gbagbo et une militante engagée de sa famille politique.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
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