Côte d'Ivoire : Gôh, opération coup de poing à Gagnoa, 64 sites d'orpaillage illégal rasés
Des participants à la rencontre (ph KOACI)
Convoquée par le préfet de la région du Gôh, préfet du département de Gagnoa, Djèdj Mel, une réunion de concertation et d'harmonisation des mécanismes de lutte contre l'orpaillage illégal s'est tenue ce jeudi 27 août 2026. À cette occasion, le Docteur Blé Christian Arnaud, directeur départemental des mines et de la géologie, a dressé l'état des lieux du phénomène.
Il ressort que l'activité se concentre dans les villages de Behibokro, Azobokro, Kankangakro et Kouassi N'Guessankro dans la sous-préfecture de Sérihio, et N'Guessan-Koffikro dans la sous-préfecture de Galébré. Si le directeur reconnaît que le phénomène n'a pas encore atteint une proportion alarmante à Gagnoa, il s'est offusqué de le voir se dérouler en plein cœur des plantations de cacao, menaçant l'économie et la subsistance des communautés.
Grâce à la parfaite collaboration entre la direction départementale des mines et la gendarmerie, le bilan est éloquent. Selon le lieutenant Zéhon Gildas, commandant du peloton de gendarmerie de Gagnoa, près de 64 sites ont été déguerpis de janvier au 26 août 2026, avec 35 individus mis aux arrêts.
Malgré ces résultats, les difficultés persistent sur le terrain. Le chef du peloton a déploré la rapide recolonisation des sites, due à la grande mobilité des orpailleurs clandestins, ainsi que la malheureuse complicité dont bénéficient ces individus véreux auprès de certains villageois, ce qui entrave les interventions.
Les conséquences de cet orpaillage sont pourtant graves. Au plan national, la non-déclaration de ces métaux précieux représente une importante perte de recettes pour l'État ivoirien. Localement, le phénomène traîne dans son sillage la prolifération des armes à feu, la recrudescence de la prostitution, la consommation abusive de stupéfiants et des morts par noyade et effondrement.
C'est pourquoi les secrétaires généraux de préfecture, les différents commandements des corps habillés, les directeurs et chefs de service, les guides religieux, les chefs traditionnels et de communautés, les leaders de jeunesse et de femmes ainsi que les organisations de défense des droits de l'homme ont appelé à une mobilisation patriotique de tous contre cette menace nationale. Ils ont recommandé une vigilance accrue des chefs de village et des présidents de jeunes et de femmes.
Le directeur départemental des mines a, pour sa part, incité les chefs à se constituer en coopératives et à déposer eux-mêmes des dossiers d'exploitation aurifère dans leurs zones, comme l'autorise l'État. Après la longue phase de sensibilisation et de formation des populations de 2014 à 2023, l'heure est désormais à la répression, car l'orpaillage illégal est devenu un véritable danger public en Côte d'Ivoire.
T.K.Emile
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