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Côte d'Ivoire : Zones agroforestières, l'État et le secteur privé s'attaquent aux freins à l'inclusion financière des entreprises rurales
 

Côte d'Ivoire : Zones agroforestières, l'État et le secteur privé s'attaquent aux freins à l'inclusion financière des entreprises rurales

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 02 septembre 2026 - 12:36


Réunis du 2 et 3 septembre 2026 au Noom Hôtel d’Abidjan-Plateau, les acteurs publics et privés planchent sur les obstacles qui freinent l’accès aux services financiers dans les zones agroforestières de Côte d’Ivoire. À l’initiative du Comité de concertation État-secteur privé, cet atelier entend déboucher sur des solutions concrètes en matière de bancarisation, de paiements digitaux, de connectivité, de sécurité et d’infrastructures routières, afin de renforcer la traçabilité des transactions et la compétitivité des entreprises rurales.


Comment garantir aux entreprises agroforestières implantées dans les zones rurales un accès sécurisé et durable aux services financiers ? C’est l’une des principales questions au cœur de l’atelier sur l’inclusion financière des entreprises de l’agroforesterie en Côte d’Ivoire, ouvert ce mardi 2 septembre 2026 au Noom Hôtel, à Abidjan-Plateau.


Organisée par le Comité de concertation État-secteur privé, sous la tutelle du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, en collaboration avec plusieurs départements ministériels et acteurs du secteur privé, cette rencontre de deux jours vise à identifier les contraintes qui affectent les activités économiques dans les zones forestières et à proposer des réponses opérationnelles.


L’enjeu est de taille : améliorer la traçabilité des transactions financières, faciliter l’accès au financement, réduire la dépendance aux paiements en espèces et créer un environnement plus favorable au développement des entreprises agroforestières.


À l’ouverture des travaux, la Secrétaire exécutive du Comité de concertation État-secteur privé, Mariam Fadiga Fofana, a salué l’engagement du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, président du comité technique de concertation État-secteur privé, dont l’appui a permis la tenue de l’atelier.


Elle a également rendu hommage aux différents ministères techniques mobilisés, notamment ceux chargés du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, de l’Intérieur et de la Sécurité ainsi que de la Défense.


Pour Mariam Fadiga Fofana, cette présence traduit la nécessité d’une approche concertée face aux difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises dans les zones rurales.


« Le comité de concertation État-secteur privé a voulu, à travers cet atelier, mettre l’accent sur la sécurité et la traçabilité des différentes transactions financières opérées dans les zones forestières en Côte d’Ivoire », a-t-elle expliqué.


Les travaux devront notamment permettre de réfléchir à l’accessibilité des zones économiques concernées, à leur connectivité et aux moyens de faciliter les échanges digitaux entre les acteurs locaux, le reste du territoire national et l’international.


La responsable du Comité de concertation État-secteur privé a également appelé à l’identification de solutions bancaires et digitales adaptées aux réalités des entreprises et à la mise en place de conditions sécuritaires favorables à la poursuite des activités économiques.

Pour elle, la réussite de cette démarche repose sur « la contribution et surtout l’implication de tous les acteurs de l’écosystème », aussi bien publics que privés.


Représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Khalil Konaté, le Conseiller technique Malan Michel a, à son tour, insisté sur l’importance de l’inclusion financière et de la transformation numérique pour le développement du secteur privé.


Il a salué l’initiative du Comité de concertation État-secteur privé et la mobilisation des administrations publiques, institutions financières, opérateurs numériques, régulateurs, organisations professionnelles et entreprises.


Selon lui, un secteur privé dynamique et inclusif repose sur la capacité des entreprises à accéder aux services financiers, aux infrastructures numériques et aux marchés dans des conditions sécurisées et transparentes.


Or, dans certaines zones forestières, l’insuffisance des infrastructures financières, routières et numériques complique la traçabilité des transactions et constitue un frein au développement des activités économiques.


Malan Michel a donc plaidé pour un rapprochement des entreprises rurales avec les services bancaires, une accélération des paiements digitaux et une amélioration de la couverture téléphonique et Internet.


Le représentant du ministère du Commerce a également mis en évidence le potentiel du commerce électronique. S’appuyant sur des statistiques de l’ARTCI, il a indiqué que le nombre d’abonnements à l’Internet mobile en Côte d’Ivoire avait atteint 34,5 millions au 31 décembre 2024, pour un taux de pénétration de 108,8 %.


 

Le commerce électronique connaît également une progression. Plus de 2,6 millions de personnes l’utilisaient en 2024, contre environ 2,2 millions en 2023, selon les chiffres cités.


Pour Malan Michel, ces données illustrent les possibilités offertes par le numérique aux petites et moyennes entreprises, aux transformateurs et aux acteurs des chaînes de valeur agricoles et agroforestières.


Une entreprise éloignée des grands centres urbains peut ainsi présenter ses produits en ligne, recevoir des commandes à distance, proposer un paiement numérique et conserver une traçabilité de ses opérations.

Dans cette perspective, la digitalisation ne doit pas être dissociée de l’inclusion financière.


Autre levier évoqué : l’essor des paiements numériques. Malan Michel a souligné que les paiements digitaux peuvent contribuer, dans les zones agroforestières, à sécuriser les transactions, à faciliter leur enregistrement et à constituer un historique financier susceptible de renforcer, à terme, la relation des entreprises avec les institutions financières.


Il a notamment cité l’introduction et la vulgarisation de la carte du producteur dans la filière café-cacao comme une illustration de cette dynamique de digitalisation et de traçabilité.


Mais cette transformation nécessite des infrastructures adaptées. « Il sera en effet difficile de parler d’inclusion financière si l’on ne dispose pas, entre autres, d’une connexion Internet fiable, d’un réseau téléphonique accessible, de solutions de paiement adaptées et d’un système logistique » permettant d’acheminer les produits et les matières premières en toute sécurité, a-t-il relevé.


Le ministère du Commerce entend ainsi faire du numérique un instrument de compétitivité et de facilitation de l’accès des entreprises aux marchés nationaux et internationaux, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).


Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, dont le discours a été lu par son Conseiller technique Soimahoro Deli, a placé les travaux dans le cadre plus large des ambitions de développement du secteur privé et des territoires ruraux.


Le ministre a d’abord salué la mobilisation des représentants des administrations, des institutions financières, des organisations professionnelles et des entreprises agro-industrielles.


Il a également transmis les encouragements du Premier ministre à Mariam Fadiga Fofana pour son action à la tête de la plateforme nationale de dialogue public-privé et pour l’initiative de cet atelier.


Pour Adama Coulibaly, les difficultés d’accès aux services financiers sont particulièrement importantes pour les PME agroforestières, les coopératives et les producteurs ruraux éloignés des grands centres urbains.


L’éloignement géographique, le déficit d’infrastructures bancaires, l’absence de garanties formelles et la perception d’un risque agricole élevé constituent autant de barrières à l’accès au financement.


Cette situation, a-t-il relevé, est en décalage avec les ambitions nationales de développement, alors que le Plan national de développement 2026-2030 prévoit un volume d’investissement global de 114 838,5 milliards de francs CFA, dont 70,2 % attendus du secteur privé.


Le ministre considère donc l’inclusion financière comme un enjeu stratégique pour accompagner cette dynamique.


Adama Coulibaly a par ailleurs souligné le rôle prépondérant de la monnaie électronique dans l’accès aux services financiers en milieu rural.

Le téléphone mobile constitue aujourd’hui, pour une grande partie des populations rurales, le principal, voire l’unique, point d’entrée vers les services financiers.


Cette réalité ouvre des perspectives importantes, mais elle révèle aussi les limites de la bancarisation classique dans certaines zones.


La forte circulation d’espèces expose en outre les entreprises et les producteurs à des risques sécuritaires et peut compliquer la traçabilité des opérations.


 

Pour le ministre, l’enjeu consiste donc à accélérer le passage vers des solutions financières adaptées aux réalités du monde rural.


L’atelier devra notamment permettre de présenter les solutions bancaires disponibles, en particulier celles de la BNI, et de réfléchir aux conditions nécessaires à l’implantation et au fonctionnement d’agences bancaires dans les zones reculées.


Les participants devront également examiner les possibilités offertes par les paiements digitaux et les solutions de mobile money, tout en identifiant les moyens d’améliorer la couverture téléphonique et Internet.


La question sécuritaire occupera également une place importante dans les échanges, tout comme celle de l’entretien et de la gestion du réseau routier, indispensable à l’acheminement des produits et au fonctionnement des entreprises.


Adama Coulibaly a ainsi appelé à la construction de synergies entre le secteur public, les banques, les institutions de microfinance, les fintechs et les acteurs agroforestiers.


Au-delà du diagnostic, les organisateurs veulent parvenir à des propositions directement exploitables.

L’objectif est notamment de formuler des solutions concrètes pour l’implantation de services financiers dans les zones reculées, de promouvoir les paiements digitaux, d’améliorer la connectivité et de renforcer les dispositifs sécuritaires et routiers.

Les participants sont donc invités à privilégier une approche pragmatique, fondée sur les réalités du terrain et les besoins des entreprises.


À travers cette concertation, l’État et le secteur privé veulent ainsi faire de l’inclusion financière, de la digitalisation et du commerce électronique des instruments de transformation de l’économie ivoirienne.


Le défi est désormais de faire en sorte que l’éloignement géographique ne constitue plus une barrière à l’accès au financement, aux services financiers et aux marchés. Une condition jugée essentielle pour favoriser l’implantation des entreprises agro-industrielles dans les zones de production, créer davantage de valeur dans les territoires et soutenir un développement plus équilibré de la Côte d’Ivoire.






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