Côte d'Ivoire : Sa dernière tribune sur l'or illégal lui colle à la peau, Katinan Koné appelé à s'expliquer devant les enquêteurs
Katinan lors de sa dernière tribune animée à Cocody, au siège du PPA-CI (Ph Koaci)
À peine quelques jours après avoir livré une tribune incendiaire sur l'orpaillage illégal qui saigne les localités ivoiriennes, Justin Katinan Koné, quatrième vice-président du PPA-CI, se retrouve sous le feu des projecteurs judiciaires.
Une convocation, délivrée ce lundi 7 septembre par le Service des Enquêtes Générales de la Préfecture de Police d'Abidjan, l'enjoint à se présenter mercredi prochain à 10 heures, dans des locaux que les habitués des affaires policières connaissent bien : route d'Abobo, non loin des enseignes FILTISAC et EX-MOTORAGRI, juste après le carrefour MACACI. Le hasard des dates, aussi troublant soit-il, n'aura pas échappé aux observateurs avertis.
Car ce qui retient l'attention, au-delà du timing serré qui figure en bas de la convocation : « Vous êtes prié de vous présenter avec votre Conseil » qui interpelle. L'injonction, adossée à l'article 90 nouveau du Code de Procédure Pénale, place d'emblée cette audition sous un régime bien distinct de celui du simple témoin. Lorsque la justice exige la présence d'un avocat, c'est que les déclarations du convoqué pourraient ne pas rester lettre morte, mais s'inscrire dans une instruction déjà engagée, dont les contours échappent encore au grand public.
La tribune que Katinan Koné a animée ces derniers jours, où il dénonçait avec vigueur l'impunité dont bénéficient les réseaux d'orpaillage illégal, la collusion présumée de certains agents de l'État et la prédation des ressources minières au détriment des populations locales, avait déjà suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique.
Le responsable politique, figure influente du parti fondé par Laurent Gbagbo, sait qu'en franchissant la porte du Service des Enquêtes Générales, il pénètre dans un espace où la parole est mesurée, pesée, et parfois retournée contre celui qui la prononce. D'autant que l'obligation de se faire assister d'un conseil juridique, loin d'être une garantie anodine, transforme cette comparution en véritable exercice de stratégie défensive.
Le mercredi 9 septembre, tous les regards seront braqués sur cette route d'Abobo où se jouera, peut-être, un acte décisif de la séquence politique ivoirienne.
Reste une question qui, pour l'instant, demeure sans réponse : s'agit-il d'une audition préparatoire, d'une confrontation avec d'éventuels témoins, ou du premier mouvement d'une procédure judiciaire destinée à clarifier le rôle exact de Justin Katinan Koné dans un dossier qui, lui, reste jalousement gardé sous le sceau du secret ?
Mercredi matin, la porte du Service des Enquêtes Générales s'ouvrira sur une scène où le politique et le judiciaire se mêlent inexorablement, laissant planer une incertitude qui, elle, ne doit rien au hasard.
Jean Chresus, Abidjan
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
