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Côte d'Ivoire : Fête de l'igname à Amoroki, Yua Koffi appelle à préserver les terres et à combattre l'orpaillage clandestin
 

Côte d'Ivoire : Fête de l'igname à Amoroki, Yua Koffi appelle à préserver les terres et à combattre l'orpaillage clandestin

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 14 septembre 2026 - 14:05



Parrain de l’Anan-Ya, la fête de l’igname célébrée le vendredi 11 septembre 2026 à Amoroki, le président de la Cour de cassation, Yua Koffi, a appelé les populations à préserver leurs terres et leurs traditions face aux menaces de l’orpaillage clandestin. Se disant désormais « fils d’Amoroki », il a également réaffirmé son soutien aux initiatives de développement du village.


Une forte mobilisation des populations, une célébration placée sous le signe de la tradition et un message résolument tourné vers l’avenir. C’est dans cette atmosphère que s’est tenue, ce vendredi 11 septembre 2026 à Amoroki, la fête de l’igname, dénommée Anan-Ya, dont le président de la Cour de cassation, Yua Koffi, était le parrain.

Accueilli chaleureusement par le président de la mutuelle d’Amoroki, le chef du village, Nanan Kouakou Allangba, ainsi que les populations, le haut magistrat était accompagné d’une importante délégation d’environ 60 personnes, composée notamment de membres de sa famille, de collaborateurs, de directeurs et chefs de service, ainsi que d’amis et de parents.


Dans son adresse, Yua Koffi a tenu à saluer l’accueil qui lui a été réservé, tout en rendant un hommage particulier à Kodjané Raoul, présenté comme l’un des fils d’Amoroki travaillant à ses côtés et à l’origine de son invitation à parrainer cette célébration.

« Lorsque j’ai pris la route hier pour venir découvrir cette région, j’en suis totalement et parfaitement tombé amoureux », a-t-il confié, avant d’accepter symboliquement le lien de filiation proposé par les populations.


« J’accepte aujourd’hui d’être le fils d’Amoroki », a déclaré le président de la Cour de cassation, promettant de rester proche de ses « parents » et de soutenir les actions de développement entreprises par le village.

L’igname, bien plus qu’une fête agricole

Issu de Béoumi et revendiquant fièrement son appartenance au peuple baoulé, Yua Koffi a souligné la place centrale de l’igname dans la culture et l’organisation sociale baoulé.


Selon lui, la fête de l’igname dépasse largement le cadre d’une simple réjouissance agricole. Elle constitue un moment majeur de la vie communautaire et marque traditionnellement l’entrée dans une nouvelle année.


Évoquant ses souvenirs d’enfance lorsqu’il travaillait dans les plantations avec son père, il a rappelé que l’igname demeure la nourriture de base en pays baoulé. La période précédant les nouvelles récoltes, marquée notamment par la consommation du riz, du manioc ou du placali, correspond ainsi à une période de soudure.


À Amoroki, cette célébration revêt donc une dimension particulière : elle permet à la communauté de renouer avec ses racines, de rendre hommage aux ancêtres et de réaffirmer les valeurs d’équilibre, d’équité et de paix sociale.


Le thème retenu cette année, « Célébrons nos racines tout en bâtissant notre avenir », s’inscrit pleinement dans cette dynamique.

Pour Yua Koffi, célébrer les racines revient à honorer les ancêtres, préserver les traditions et reconnaître la valeur de la terre léguée par les générations précédentes. Mais cet héritage impose également une responsabilité envers les générations futures : leur transmettre « un village uni, une terre préservée et des perspectives meilleures ».

Un plaidoyer contre l’orpaillage clandestin

C’est précisément sur la protection de cette terre que le président de la Cour de cassation a particulièrement insisté.


Profitant de la tribune qui lui était offerte, Yua Koffi a salué la politique du président de la République, Alassane Ouattara, notamment sa détermination à lutter contre l’orpaillage illégal.


 

Il a décrit cette pratique comme une menace à la fois pour l’environnement, l’agriculture, l’économie et la sécurité des communautés rurales.


« L’orpaillage illégal empoisonne nos rivières, détruit les récoltes et stérilise les terres », a-t-il déploré, appelant les populations à prendre conscience des conséquences à long terme de ce phénomène.


Le magistrat a également insisté sur la nécessité de respecter le cadre légal en matière d’exploitation minière. Pour lui, l’exploitation de l’or ne peut se faire en dehors des autorisations prévues par la République.


Mais au-delà de l’aspect juridique, il a surtout appelé les populations à défendre leur patrimoine foncier, indispensable à la survie des communautés rurales.


« Préservez vos terres, préservons nos terres », a-t-il lancé, estimant que le passage des orpailleurs clandestins peut rendre les sols impropres à l’agriculture et, à terme, fragiliser la sécurité alimentaire des villages.


S’adressant directement au chef du village, Nanan Kouakou Allangba, il l’a encouragé à veiller au respect des us et coutumes d’Amoroki et à s’opposer à toute activité d’orpaillage clandestin susceptible de dégrader le patrimoine naturel de la communauté.


Dans une note plus personnelle, Yua Koffi a également évoqué le rapport traditionnel du peuple baoulé à l’or, affirmant : « Le travail de l’or n’est pas la chose du Baoulé. Le Baoulé a peur de l’or. » Une manière, selon lui, de rappeler la vocation agricole historique de nombreuses communautés baoulé et la nécessité de préserver les terres cultivables.


Pour Yua Koffi, la forte mobilisation enregistrée à Amoroki témoigne de l’attachement des populations à leur patrimoine et à leur avenir.


En célébrant l’igname, elles célèbrent également, selon lui, le travail honnête et respectueux de la terre, ainsi que les valeurs de solidarité et de cohésion qui fondent la communauté.


Il a donc appelé les populations à poursuivre leur soutien aux actions de développement et aux initiatives visant à faire des zones rurales des espaces de paix et de prospérité.

Le parrain de l’Anan-Ya n’a pas non plus manqué de prendre des engagements personnels en faveur d’Amoroki. Évoquant les différents chantiers engagés par les populations, il a promis de contribuer à leur réalisation et de revenir régulièrement dans le village.


« Je suis fils d’Amoroki », a-t-il réaffirmé, annonçant ainsi une relation appelée à se poursuivre au-delà de cette première rencontre.


 

Au terme de son intervention, Yua Koffi a renouvelé ses remerciements aux populations pour leur accueil ainsi qu’aux membres de la délégation qui l’accompagnait.


Il a conclu son message par des vœux empreints de fraternité : « Bonne fête de l’igname, bonne année à tous. »

À Amoroki, l’Anan-Ya 2026 aura ainsi été à la fois une célébration de la tradition et un appel à la responsabilité collective : préserver la terre, protéger les cultures et transmettre aux générations futures un patrimoine naturel et culturel intact.





Wassimagnon





 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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