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Côte d'Ivoire : Cacao, de 2800 à 1200 FCFA le kilogramme, les producteurs de Daloa au bord de la rupture annoncent une grève illimitée
 

Côte d'Ivoire : Cacao, de 2800 à 1200 FCFA le kilogramme, les producteurs de Daloa au bord de la rupture annoncent une grève illimitée

 
 
 
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© Koaci.com - lundi 14 septembre 2026 - 18:09


La crise couve dans la filière cacao en Côte d’Ivoire. Réunis dimanche 13 septembre 2026 à Daloa à l’initiative du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI), les producteurs ont exprimé leur exaspération face au prix de 1 200 FCFA le kilogramme, aux difficultés de paiement et de commercialisation ainsi qu’aux problèmes liés aux cartes de producteurs. À l’issue de la concertation, le syndicat a annoncé une grève illimitée à compter du mercredi 16 septembre, si aucune réponse satisfaisante n’est apportée à leurs revendications.


À Daloa, l’ambiance était tendue dimanche lors de la grande concertation convoquée par le SYNAPCI. Producteurs, coordinateurs, délégués de sections et représentants des comités de base se sont réunis pour dresser un état des lieux de la situation dans la filière et définir une réponse collective.


Au centre des échanges : le prix du cacao, fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, jugé largement insuffisant par les producteurs.

« Notre préoccupation majeure aujourd’hui, c’est le prix de 1 200 francs. Ce prix peut nous tuer », a lancé l’un des participants.

Le mécontentement est d’autant plus vif que le kilogramme avait atteint 2 800 FCFA lors de la campagne précédente. Pour les producteurs, cette baisse intervient dans un contexte où les charges continuent de peser lourdement sur leurs revenus : scolarité des enfants, dépenses familiales, entretien des plantations et coûts de production.


« Pourquoi la Côte d’Ivoire, qui est le premier producteur mondial, donne 1 200 francs ? », s’est interrogé un autre producteur.


Face à cette situation, la perspective d’un mouvement de grève s’est rapidement imposée dans les discussions.

Plusieurs participants ont appelé leurs collègues à suspendre la vente de leurs fèves afin d’accentuer la pression sur les autorités et les acteurs de la filière.


« Nous ne devons rien vendre », a lancé un participant, tandis qu’un autre estimait que seule une mobilisation effective permettrait de faire entendre les revendications des producteurs.


« Si nous ne pouvons pas faire réellement grève, nous ne pourrons pas défendre nos intérêts », a-t-il déclaré.


Au-delà du prix, les producteurs ont également dénoncé des difficultés persistantes liées à la commercialisation et au paiement de leurs produits. Les problèmes concernant les cartes de producteurs et le recensement ont également été évoqués.


 

Le SYNAPCI réclame des réponses et le départ du DG du Conseil du Café-Cacao

Après avoir recueilli les préoccupations exprimées par les différentes composantes de sa base, Koné Moussa a précisé la position du SYNAPCI.


Le responsable syndical exige notamment des réponses sur le prix de 1 200 FCFA, le règlement des difficultés de paiement et de commercialisation ainsi que la résolution des problèmes liés aux cartes de producteurs.


Le SYNAPCI réclame également le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, faisant de cette exigence l’un des points majeurs de sa plateforme revendicative.

Koné Moussa affirme par ailleurs que son organisation compte 868 000 producteurs identifiés dans sa base de données, soit, selon lui, près d’un million de producteurs.

Le syndicat indique avoir déjà adressé un préavis de grève au ministre de l’Agriculture.

Mercredi 16 septembre, le jour de vérité

Le compte à rebours est désormais lancé. Le SYNAPCI fixe au mercredi 16 septembre 2026 le début de son mouvement.


« Notre ultimatum, c’est à partir du mercredi 16. S’il n’y a rien de fait à partir du mercredi 16, nous allons aviser », a prévenu Koné Moussa.


Selon l’annonce faite à Daloa, la grève sera illimitée si les producteurs n’obtiennent pas de réponses jugées satisfaisantes à leurs revendications.


Le mouvement devrait notamment s’accompagner d’un appel à suspendre la commercialisation du cacao. Une telle décision pourrait rapidement affecter l’ensemble de la chaîne, de la collecte auprès des producteurs jusqu’à l’évacuation des fèves.


L’entrée en grève des producteurs pourrait avoir des répercussions sur les activités des coopératives, des acheteurs et des autres opérateurs de la chaîne de commercialisation.


Si l’appel à ne pas vendre est largement suivi, les volumes collectés pourraient diminuer et provoquer un ralentissement de la circulation des fèves.


 

L’ampleur réelle de l’impact dépendra toutefois du niveau de mobilisation des producteurs et de la réaction des autorités dans les prochaines heures.


Avec les 868 000 producteurs revendiqués dans sa base, le SYNAPCI entend peser de manière significative dans le rapport de force qui s’installe autour de la filière.


À l’approche du mercredi 16 septembre, l’attention se tourne désormais vers les autorités ivoiriennes. Les producteurs attendent des réponses concrètes sur plusieurs fronts : le prix du cacao, les paiements, la commercialisation, les cartes de producteurs et la gouvernance de la filière.


L’enjeu dépasse le seul bras de fer entre le SYNAPCI et les pouvoirs publics. Une paralysie prolongée de la commercialisation pourrait affecter l’ensemble des acteurs de la chaîne et compliquer davantage la gestion de la campagne.


À Daloa, le message du SYNAPCI est en tout cas sans ambiguïté : faute de réponse jugée satisfaisante, les producteurs passeront à l’action dès mercredi 16 septembre.


La filière cacao entre ainsi dans une nouvelle zone de turbulences, avec une question centrale désormais posée aux autorités : comment désamorcer la colère des producteurs avant qu’elle ne se transforme en crise durable de la commercialisation ?


Wassimagnon


 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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