Côte d'Ivoire : Dans l'affaire Katinan, son avocate Me Seripka évoque la procédure judiciaire qu'elle remet en question
Me Seripka lors de son intervention sur une télé (Ph KOACI)
L’affaire Justin Katinan Koné, cadre du Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), continue de cristalliser l’actualité politique.
Son avocate, Me Roselyne Seripka, conteste vigoureusement la procédure judiciaire ayant mené au placement sous mandat de dépôt de son client et le déroulement de la garde à vue à la Préfecture de police d'Abidjan.
Selon elle, les règles d'instruction et la législation ivoirienne n'ont pas été respectées, ce qui rend cette détention « irrégulière, illégale et arbitraire. »
Me Aka-Serikpa souligne que Justin Katinan Koné est un ancien membre du gouvernement (il a été ministre du Budget sous Laurent Gbagbo).
À ce titre, il bénéficie d'un statut particulier. L'avocate dénonce le fait que la procédure pénale spéciale qui aurait dû lui être appliquée n'a pas été respectée.
Pour la défense du détenu, cette exception de procédure aurait dû être observée de l'enquête policière jusqu'à la saisine de la juridiction d'instruction.
Katinan Koné a initialement été convoqué le 9 septembre 2026 à la suite d'une plainte du parti au pouvoir (le RHDP) concernant des propos liés à l'orpaillage clandestin.
L'enquête visait alors des faits de « diffamation, injures et diffusion de fausses nouvelles » devant être renvoyés devant un tribunal correctionnel.
La défense affirme qu'en fin de soirée (entre 23h et minuit), le préfet de police a reçu un nouveau courrier du procureur ouvrant un second volet distinct.
Me Aka-Serikpa soutient qu'aucune nouvelle convocation n'a été émise pour ce second volet. Elle réfute ainsi la légalité de la garde à vue, qualifiant la situation de « séquestration » avant son déferrement devant la section antiterroriste.
Déféré devant la Section antiterroriste du Tribunal d'Abidjan, Justin Katinan Koné fait face à près de 17 chefs d'inculpation, incluant des faits criminels graves liés à la période électorale de 202.
Actes de terrorisme ; Attentat et complot contre l'autorité de l'État ; Participation à un mouvement insurrectionnel ; Incendies volontaires de véhicules.
Me Aka-Serikpa juge ces accusations totalement déconnectées de la réalité, irrégulières, et affirme que son client reste présumé innocent de l'ensemble de ces griefs. Elle demande en conséquence sa libération d’office.
Donatien Kautcha, Abidjan
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