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Côte d'Ivoire : Incarcération de Katinan Koné pour des faits remontant à octobre 2025, Braman Koné: « le timing des politiques n'est pas le mien »
 

Côte d'Ivoire : Incarcération de Katinan Koné pour des faits remontant à octobre 2025, Braman Koné: « le timing des politiques n'est pas le mien »

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 16 septembre 2026 - 17:36


Face aux réactions suscitées par l’interpellation et le déferrement de Justin Katinan Koné, le procureur de la République, Braman Koné, a tenu à apporter des précisions sur la procédure engagée contre le responsable du PPA-CI, ce mercredi 16 septembre lors d'une conférence de presse à Abidjan.


D’emblée, le procureur a appelé à la prudence dans l’usage des mots, particulièrement lorsqu’ils sont susceptibles de provoquer de fortes réactions au sein de l’opinion publique.


« Il faut éviter d’instrumentaliser le peuple de Côte d’Ivoire. Il faut éviter de tenir de telles déclarations qui peuvent avoir des conséquences graves parce que le mot séquestration est un mot très fort », a-t-il déclaré.


Revenant sur la notion de séquestration, Braman Koné a expliqué qu’elle renvoie au fait de retenir une personne dans un lieu fermé, contre son consentement, par une autorité qui ne dispose pas de la qualité juridique pour agir ainsi.

Selon lui, cette définition ne correspond pas à la situation de Justin Katinan Koné.


Le procureur affirme que le responsable politique a été régulièrement convoqué et que cette convocation avait même été rendue publique par des responsables de son parti sur les réseaux sociaux.


« Monsieur Justin Koné Katinan a été régulièrement convoqué. La convocation a été publiée par les responsables de son parti sur les réseaux sociaux. D’où vient alors la séquestration ? », s’est-il interrogé.


À son arrivée dans les locaux des services compétents, poursuit-il, les faits qui lui étaient reprochés lui ont été notifiés. Il lui aurait notamment été indiqué qu’une plainte avait été déposée contre lui par le RHDP pour plusieurs infractions, dont la diffamation et la divulgation de fausses informations.


Selon les explications du procureur, Justin Katinan Koné a pris acte des faits qui lui étaient reprochés, avant de décider de garder le silence au cours de son audition.


Braman Koné indique que l’intéressé a refusé de répondre aux questions qui lui étaient posées et n’a pas souhaité apposer sa signature au bas du procès-verbal d’audition.

Pour le procureur, cette attitude ne remet toutefois pas en cause la régularité ni la validité de l’audition.


Mais surtout, Braman Koné précise que le déferrement de Justin Katinan Koné ne serait pas fondé sur la seule plainte déposée par le RHDP.


Un second dossier lié aux événements d’octobre 2025


 

Le procureur explique qu’un autre dossier a été ouvert alors que Justin Katinan Koné se trouvait déjà dans les locaux de la police judiciaire.

« Comme il était déjà dans nos locaux et en ma qualité de procureur de la République et directeur de la police judiciaire, j’ai donc instruit un autre dossier à l’effet de l’entendre également sur les événements qui se sont déroulés en octobre 2025 pendant la période électorale », a-t-il expliqué.


Cette nouvelle procédure porte, selon lui, sur des faits qu’il qualifie de criminels et qui seraient liés aux troubles survenus durant la période de campagne électorale.

Justin Katinan Koné aurait, là encore, été informé des faits faisant l’objet de cette nouvelle audition. Le procureur affirme qu’il a de nouveau choisi de garder le silence et de ne pas répondre aux questions des enquêteurs.


Pourquoi une procédure engagée plusieurs mois après les faits ?


La question du calendrier de cette procédure a également été soulevée, notamment au regard du fait que les événements concernés remontent à octobre 2025.


Sur ce point, Braman Koné se veut catégorique et écarte toute considération liée au calendrier politique. « Le timing des hommes politiques n’est pas le mien », a-t-il déclaré.


Le procureur affirme que les enquêteurs disposent d’éléments mettant en cause Justin Katinan Koné dans les faits survenus pendant la période électorale.

Il rappelle par ailleurs que, selon les règles de prescription qu’il invoque, les faits criminels ne seraient prescrits qu’au terme d’un délai de dix ans.


« Nous ne sommes même pas encore à un an », a-t-il fait observer pour justifier la poursuite des investigations malgré le temps écoulé depuis les événements.


Autre point soulevé par la défense, le statut d’ancien ministre de Justin Katinan Koné et les conséquences juridiques qui pourraient en découler.

Ses avocats auraient demandé l’application de la procédure particulière prévue pour les anciens membres du gouvernement, avec une saisine préalable de la Cour de cassation afin que celle-ci détermine la juridiction compétente pour connaître de l'affaire. Une demande que le procureur affirme avoir rejetée.


Pour Braman Koné, la question repose notamment sur la reconnaissance du gouvernement dirigé par Aké N’Gbo en décembre 2010, auquel Justin Katinan Koné avait appartenu.

Selon lui, ce gouvernement n’ayant pas été reconnu par l’État de Côte d’Ivoire, la loi de 2005 invoquée par la défense ne pourrait pas être appliquée à Justin Katinan Koné.


Le procureur en tire une conclusion juridique claire : « De fait, Justin Katinan Koné n’a jamais été ministre en Côte d’Ivoire."


 

Braman Koné affirme que le déferrement de Justin Katinan Koné ne résulte pas d’une volonté de le retenir arbitrairement, mais d’une procédure judiciaire portant sur des faits que le parquet considère comme graves.

« Nous avons fait déférer monsieur Justin Katinan Koné dans le cadre des enquêtes qui ont suivi les troubles à l’ordre public pendant la campagne électorale d’octobre 2025. Il est donc en détention sur la base de ces faits », a conclu le procureur de la République.


Ces explications interviennent alors que la procédure visant le cadre du PPA-CI suscite des réactions politiques et judiciaires. Elles permettent au parquet de présenter sa lecture des faits, tandis que la défense de Justin Katinan Koné conteste, de son côté, les conditions et le fondement juridique de la procédure engagée à son encontre.





Wassimagnon






 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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