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Côte d'Ivoire : Le SYNAP-CI durcit le ton et alerte sur le stock résiduel de cacao
 

Côte d'Ivoire : Le SYNAP-CI durcit le ton et alerte sur le stock résiduel de cacao

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 30 septembre 2026 - 14:56

La crise qui secoue la filière café-cacao se poursuit en Côte d’Ivoire. Depuis le lancement de la grève du SYNAP-CI, le 16 septembre 2026, le syndicat maintient la pression sur les autorités autour du prix du cacao fixé à 1 200 FCFA le kilogramme. Lors d’une déclaration faite ce mercredi 30 septembre, son président national, Koné Moussa, a également appelé les producteurs à la vigilance face à une circulaire portant sur l’enlèvement du stock résiduel.


La mobilisation ne faiblit pas. Deux semaines après le déclenchement de la grève par le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), son président national, Koné Moussa, a dressé un bilan sans concession du mouvement.

Au cœur de la contestation : le prix de 1 200 FCFA le kilogramme annoncé pour la campagne principale. Pour le responsable syndical, ce niveau de rémunération suscite une forte incompréhension chez les producteurs, notamment au regard du prix pratiqué au Ghana.


« La vente par anticipation n’a jamais existé. Ce qui est fait, ce sont plutôt des contrats d’anticipation », a déclaré Koné Moussa, dénonçant ce qu’il considère comme une confusion autour des mécanismes de commercialisation du cacao.


Le président du SYNAP-CI estime que le différentiel avec le Ghana alimente le mécontentement dans les zones de production.


« Comment comprendre que le Ghana, avec lequel nous avons un partenariat dans la commercialisation, puisse payer ses producteurs 2 100 FCFA/kg et que la Côte d’Ivoire propose 1 200 FCFA/kg ? », s’est-il interrogé.


Selon lui, la rémunération actuelle ne reflète pas les charges supportées par les producteurs et les familles rurales qui dépendent directement de la production de cacao.


« Il n’y a pas quelqu’un qui attrape machette, qui va au champ, qui peut applaudir ce prix », a-t-il lancé, appelant à prendre davantage en compte les réalités économiques des producteurs.


Le responsable syndical a également critiqué les prises de parole de certains acteurs qui, selon lui, s’expriment au nom des producteurs depuis Abidjan sans être suffisamment au contact des réalités des zones de production.


Pour apprécier la situation sur le terrain, le SYNAP-CI affirme avoir effectué une tournée nationale du 21 au 26 septembre.

La délégation syndicale s’est notamment rendue à Bouaflé, Duékoué, Guessabo, Guézon-Tcheminson, Bandiahi, Biankouma, Guinteguela et Daloa.


Cette tournée, explique Koné Moussa, avait pour objectif de « prendre le pouls » de la base et d’évaluer le niveau de mobilisation des producteurs.


Le syndicat affirme que la grève continue d’avoir des répercussions sur la chaîne de commercialisation. Il évoque notamment un ralentissement important des arrivages de cacao dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro, voire des perturbations plus importantes.


 

Ces affirmations restent toutefois à confirmer par les opérateurs de la filière et les autorités compétentes.


Au-delà de la question du prix, une autre préoccupation domine désormais le discours du SYNAP-CI : l’enlèvement du stock résiduel de cacao.


Koné Moussa affirme avoir reçu une circulaire annonçant une opération spéciale d’enlèvement de stocks. Le président du syndicat met en avant trois points qui, selon lui, soulèvent des interrogations.


Il relève d’abord l’absence de signature du directeur général du Conseil du Café-Cacao sur le document. Il souligne ensuite que la note ne préciserait pas le volume de cacao concerné et, enfin, qu’elle ne mentionnerait pas le prix auquel ce stock devrait être enlevé.


Face à ces interrogations, le responsable syndical appelle les producteurs à la vigilance et à la prudence.


Koné Moussa demande notamment aux producteurs de ne pas s’opposer physiquement à d’éventuelles opérations d’enlèvement qui seraient contestées.


En cas de désaccord, il préconise plutôt de faire constater les faits par un commissaire de justice afin de disposer d’un élément formel permettant d’engager les démarches nécessaires.


« Le commissaire de justice fera le constat et nous nous occuperons de ça après », a-t-il déclaré.


Une consigne qui vise, selon le syndicat, à éviter que les tensions dans les zones de production ne dégénèrent en affrontements.


Le SYNAP-CI dit également suivre de près le dossier de l’Agro-Forêt Cavally Mont-Sinté.


 

Le syndicat réclame davantage de transparence sur les mécanismes de traçabilité du cacao, un sujet devenu particulièrement sensible dans le contexte des nouvelles exigences internationales relatives à la déforestation et à la traçabilité des produits agricoles.


Il souhaite notamment des éclaircissements à la suite de la prise de parole de l’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire sur cette question.


Pour le SYNAP-CI, la contestation dépasse désormais la seule question du prix d’achat du cacao.


Le syndicat met en avant les conséquences directes de la rémunération du cacao sur les conditions de vie des familles rurales : scolarisation des enfants, accès aux soins, entretien des plantations et prise en charge des dépenses quotidiennes.


Koné Moussa assure ainsi que la mobilisation se poursuivra « jusqu’à la satisfaction » des revendications portées par son organisation.


Le président du SYNAP-CI appelle enfin les producteurs à préserver l’unité et la cohésion du mouvement, tout en privilégiant des actions encadrées et pacifiques.


Alors que la grève entre dans une nouvelle phase, l’évolution de la situation dépendra désormais des réponses qui seront apportées aux revendications syndicales, mais aussi des éclaircissements attendus sur le stock résiduel et ses modalités d’enlèvement.



Wassimagnon


 
 
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