Cameroun: Albert II à Yaoundé, derrière la diplomatie environnementale, des enjeux stratégiques
La visite du prince souverain Albert II de Monaco au Cameroun, prévue les 30 et 31 octobre 2026, dépasse le simple cadre protocolaire. Au programme figure notamment une étape au Centre Edimar Princesse Grâce, à Elig-Essono, à Yaoundé. Mais ce déplacement soulève aussi des questions sur les perspectives de coopération entre les deux pays.
Déjà venu au Cameroun en 2003, le souverain monégasque revient dans un contexte marqué par les enjeux de protection de la biodiversité, d'investissements internationaux et de gestion des ressources naturelles. Monaco, engagé dans les politiques environnementales, pourrait trouver au Cameroun un partenaire disposant d'un patrimoine écologique exceptionnel.
Biodiversité et souveraineté
Avec ses forêts du bassin du Congo et ses réserves naturelles, le Cameroun représente un territoire stratégique pour la conservation environnementale. Toutefois, la protection de ces espaces soulève des enjeux fonciers, économiques et sociaux. Toute coopération internationale doit donc respecter la réglementation nationale, les droits des communautés locales et la souveraineté de l'État.
Autre sujet d'interrogation : un différend foncier portant sur 1 640 hectares dans le secteur de Faro Lobéké, dans l'Est-Cameroun, qui impliquerait des intérêts associés à Ariane de Rothschild et à Pierre Guerini. Les conditions d'attribution et d'exploitation de cet espace ainsi que la nature exacte du litige méritent des éclaircissements.
Un éventuel lien entre ce dossier et la visite du prince Albert II reste toutefois à établir. Aucune médiation du souverain ne peut être affirmée sans éléments vérifiables.
Pour Yaoundé, cette visite constitue une occasion de préciser les ambitions de la coopération avec Monaco, notamment dans les domaines environnemental, social et économique. Au-delà des discours diplomatiques, les attentes portent sur des engagements concrets, des financements identifiables et des bénéfices pour les populations.
Au fond, l'enjeu est de savoir comment le Cameroun peut tirer profit de ce rapprochement sans compromettre la maîtrise de ses ressources naturelles et ses intérêts nationaux.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au WhatsApp 237 691154277-ou cameroun@koaci.com
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