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Côte d'Ivoire : Gouvernance urbaine, Moussa Sanogo dévoile les leviers pour des villes africaines mieux planifiées et viables
 

Côte d'Ivoire : Gouvernance urbaine, Moussa Sanogo dévoile les leviers pour des villes africaines mieux planifiées et viables

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 30 octobre 2026 - 13:59

Moussa Sanogo pendant le panel (Ph Koaci)


Face à la croissance rapide des villes africaines, la Côte d’Ivoire mise sur une meilleure anticipation de l’urbanisation pour éviter les déséquilibres liés à l’occupation de l’espace et améliorer les conditions de vie des populations. Routes, logements, équipements collectifs et préservation des espaces verts figurent parmi les priorités défendues par le gouvernement.


C’est autour de ces enjeux que le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a présenté les orientations de la politique ivoirienne d’aménagement urbain. Il intervenait le jeudi 29 octobre 2026, à l’occasion d’un panel de haut niveau organisé en marge de la présentation du rapport phare de la Banque mondiale consacré à l’urbanisation en Afrique subsaharienne.


Pour le ministre, l’expansion des villes constitue une véritable opportunité économique. Des agglomérations comme Abidjan concentrent les activités, attirent les compétences et favorisent les échanges. Elles participent ainsi à la création de richesses et au développement de nouvelles activités. Mais cette attractivité s’accompagne d’une pression croissante sur les infrastructures et les services publics.


La principale difficulté pour les pouvoirs publics consiste donc à prévoir les besoins avant que l’urbanisation ne les rende plus complexes à satisfaire. « Pour les pouvoirs publics, les problèmes que cela soulève, c’est comment nous sommes capables d’anticiper de façon effective les problèmes qui vont arriver », a expliqué Moussa Sanogo.


Cette anticipation suppose, selon lui, de ne pas attendre que les quartiers soient entièrement occupés pour engager les aménagements nécessaires. La construction des routes, l'organisation de la mobilité, l'installation des établissements scolaires et des centres de santé, ainsi que la création d'espaces publics doivent accompagner l'extension des villes. Une démarche qui permettrait de mieux tirer profit des activités économiques générées par les grandes agglomérations.


 

Le ministre a également attiré l’attention sur la nécessité de tenir compte des particularités des territoires dans les choix d’aménagement. Il a notamment évoqué Korhogo, où la présence de forêts sacrées au sein de l’espace urbain témoigne de l’importance des réalités culturelles et historiques dans la conception des villes africaines. Pour lui, les politiques d’urbanisme ne peuvent être uniformes : elles doivent s’adapter à l’environnement et aux spécificités de chaque localité.


Mais au-delà de l’élaboration des schémas directeurs et des documents techniques, Moussa Sanogo a surtout insisté sur leur application. « Ce n'est pas tant le fait de faire un document de planification que celui d'avoir une ville qui se développe comme elle a été planifiée », a-t-il fait observer. Il s’agit notamment de faire respecter les affectations prévues pour les différents espaces, qu’il s’agisse des voies de circulation, des zones résidentielles ou des espaces verts.


Le respect de ces dispositions apparaît d’autant plus important que les occupations anarchiques et l’insuffisance des infrastructures exposent certaines populations à des risques, notamment lors des fortes pluies et des inondations. La maîtrise de l’expansion urbaine passe donc aussi par une capacité des autorités à préserver les réserves foncières et à faire respecter les règles d’aménagement.


Les échanges ont également permis de mettre en perspective l’expérience d’autres pays. L’ancien maire de Bogotá, en Colombie, Enrique Peñalosa, a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans certains quartiers de la capitale colombienne, construits sans planification préalable. L’aménagement de trottoirs et la réalisation d’infrastructures y deviennent alors des opérations particulièrement complexes, parfois marquées par de fortes oppositions.


Son témoignage a mis en évidence le coût des décisions tardives en matière d’urbanisme. Pour les villes africaines, l’enjeu est donc de préparer les espaces à leur développement avant leur occupation, en réalisant notamment les routes et les réseaux nécessaires.


 

Ce panel réunissait également Yomi Ademola, responsable principal pour l’Afrique de l’Ouest et directeur-pays pour le Nigeria, ainsi que Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Togo et le Bénin. Les discussions ont ainsi placé la planification au cœur des réponses à apporter aux mutations urbaines du continent.




Jean Chresus, Abidjan


 
 
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