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Côte d'Ivoire : En prélude à la COP31 en Turquie, le gouvernement et l'OMS accordent leurs violons pour placer la santé au cœur des enjeux climatiques
 

Côte d'Ivoire : En prélude à la COP31 en Turquie, le gouvernement et l'OMS accordent leurs violons pour placer la santé au cœur des enjeux climatiques

 
 
 
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© Koaci.com - vendredi 30 octobre 2026 - 16:37


À quelques mois de la COP31, prévue à Antalya, en Turquie, la Côte d’Ivoire renforce sa mobilisation pour inscrire les enjeux sanitaires au cœur de son action climatique. Réunis le vendredi 30 octobre 2026, au Novotel, au Plateau, à l’occasion du Dialogue national sur la santé et le climat, les représentants des ministères de la Santé et de l’Environnement ainsi que de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont appelé à une synergie renforcée entre les secteurs, en vue de construire une position nationale cohérente, ambitieuse et porteuse de réponses concrètes aux effets du changement climatique sur les populations.


Faire de la santé une priorité de l'action climatique et une composante essentielle de la position ivoirienne à la COP31. Telle est l'ambition affichée à l'ouverture du Dialogue national sur la santé et le climat, organisé le vendredi 30 octobre 2026, au Novotel, au Plateau.


Cette rencontre a réuni les acteurs institutionnels, les experts et les partenaires autour d'un enjeu majeur : mieux intégrer les préoccupations sanitaires dans les politiques climatiques et préparer une contribution nationale concertée en perspective de la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31).


À travers leurs différentes interventions, le Dr Koné Blaise, Directeur de Cabinet adjoint du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le Dr Ambroise Ané, représentant le Représentant de l'OMS en Côte d'Ivoire, et Mme Indira Yanni-Domingo, Directrice de Cabinet adjointe représentant le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, ont défendu une même conviction : la crise climatique est également une crise sanitaire qui exige une réponse collective, coordonnée et durable.


Prenant la parole au nom du ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N'Gou Demba, le Dr Koné Blaise a souligné les conséquences directes des bouleversements climatiques sur la santé des populations et le fonctionnement des services sanitaires.


Les fortes chaleurs, les inondations, les perturbations de l'accès à l'eau et les menaces sur la sécurité alimentaire constituent, selon lui, autant de facteurs susceptibles d'aggraver les vulnérabilités sanitaires et de fragiliser les systèmes de santé.


Face à ces défis, le Directeur de Cabinet adjoint a insisté sur la nécessité d'une réponse concertée, impliquant les secteurs de la santé, de l'environnement et l'ensemble des autres domaines concernés. Il a également souligné l'importance de mieux faire entendre la dimension humaine et sanitaire de l'action climatique dans les négociations internationales.


Pour lui, le dialogue national constitue une occasion stratégique de rapprocher les besoins sanitaires de la Côte d'Ivoire des possibilités d'action offertes par les négociations climatiques. Il doit notamment permettre aux responsables politiques, aux chefs de délégation, aux experts et aux négociateurs de définir les priorités à défendre, les formulations à retenir et les résultats attendus à la COP31.


Dans cette perspective, il a invité les participants à formuler des propositions concrètes, adaptées aux réalités nationales, aux capacités du pays et aux besoins des populations. Il a également insisté sur la complémentarité entre l'expertise des professionnels de santé et l'expérience des négociateurs, indispensable pour traduire les préoccupations sanitaires en propositions pertinentes dans le cadre des négociations internationales.


Le Dr Koné Blaise a, par ailleurs, exprimé la reconnaissance de son département ministériel à l'endroit de l'OMS pour son appui technique et financier à l'organisation de cette rencontre. Il a réaffirmé la volonté du ministère de la Santé de prendre pleinement part à cette démarche collective, avec pour objectif de produire une contribution sectorielle claire, cohérente et susceptible d'être intégrée à la position nationale ivoirienne.


Représentant le Représentant de l'OMS en Côte d'Ivoire, le Dr Ambroise Ané a, pour sa part, livré un plaidoyer en faveur d'une meilleure prise en compte des conséquences sanitaires du changement climatique.


S'appuyant sur son expérience de médecin de santé publique, il a rappelé que les liens entre l'environnement et la santé humaine n'ont jamais été aussi manifestes. Les pluies torrentielles, les chaleurs extrêmes, les sécheresses et la propagation de certaines maladies constituent désormais des menaces concrètes pour les communautés.

Il a particulièrement attiré l'attention sur la vulnérabilité des populations les plus exposées, notamment les familles victimes d'inondations, les agriculteurs confrontés à l'imprévisibilité des saisons agricoles et les agents de santé appelés à répondre à des besoins croissants avec des ressources parfois limitées.


« La crise climatique est une crise sanitaire », a-t-il rappelé, reprenant les propos du Directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.


Pour le représentant de l'Organisation, le changement climatique ne constitue plus une menace lointaine, mais une réalité qui affecte déjà les conditions de vie et la santé des populations. Cette urgence se traduit notamment par l'augmentation des besoins de prise en charge dans les centres de santé, la recrudescence de certaines maladies et l'apparition de risques sanitaires nouveaux ou aggravés.


 

Le Dr Ambroise Ané a également souligné que chaque décision climatique est, en réalité, une décision de santé publique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre, la construction d'infrastructures résilientes et le renforcement des systèmes d'alerte précoce représentent autant de leviers pour prévenir les risques sanitaires et sauver des vies.


Évoquant les perspectives internationales, il a estimé que la dynamique engagée à la COP30, tenue à Belém, au Brésil, doit désormais se traduire à la COP31 par des engagements concrets, des financements adaptés et des résultats mesurables au bénéfice des populations.


Il a notamment salué l'ambition du Groupe africain des négociateurs, soutenu par l'OMS, de faire reconnaître durablement la santé comme une priorité de l'agenda climatique mondial. L'Afrique, particulièrement exposée aux effets du changement climatique, doit, selon lui, jouer un rôle moteur dans cette dynamique. Il s'est dit convaincu que la Côte d'Ivoire dispose des atouts nécessaires pour contribuer à ce leadership.


Réaffirmant l'engagement de l'OMS à accompagner le pays, il a insisté sur la nécessité de construire une position nationale qui dépasse le simple exercice de négociation pour porter une véritable vision de protection des populations, en particulier des plus vulnérables.


Cette nécessité d'une action concertée a également été au centre de l'intervention de Mme Indira Yanni-Domingo, Directrice de Cabinet adjointe, représentant le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique.


Elle a salué l'initiative du ministère de la Santé, de l'OMS et de l'ensemble des partenaires mobilisés pour l'organisation de cette concertation, qu'elle considère comme une occasion importante de rapprocher les priorités des secteurs de la santé et de l'environnement.


Selon elle, les effets du changement climatique sur la santé sont multiples. Les fortes chaleurs peuvent provoquer des malaises et aggraver certaines maladies chroniques. Les inondations, quant à elles, compromettent la qualité de l'eau, endommagent les infrastructures et perturbent l'accès aux soins. Les variations de température et de précipitations peuvent également favoriser la transmission de certaines maladies, sans oublier les conséquences psychologiques et sociales liées à la perte des logements, des récoltes et des revenus.


Face à ces risques, elle a plaidé pour une approche intégrée reposant sur la complémentarité des expertises des ministères chargés de l'Environnement et de la Santé, avec l'appui des services météorologiques.


Elle a notamment mis en avant le principe de « la santé dans toutes les politiques », qui consiste à intégrer systématiquement les considérations sanitaires dans les politiques publiques, notamment dans les domaines de l'énergie, de l'eau, de l'agriculture, des transports et de l'aménagement du territoire.

La promotion de solutions de transport moins polluantes, le développement de modes de cuisson propres et la protection des bassins versants figurent, à cet égard, parmi les actions susceptibles de produire des bénéfices simultanés pour l'environnement et la santé publique.


Abordant les engagements de la Côte d'Ivoire, Mme Indira Yanni-Domingo a rappelé les dispositions de la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), déposée en octobre 2025.


Ce document prévoit plusieurs mesures destinées à renforcer la protection sanitaire face aux risques climatiques. Elles portent notamment sur la surveillance des maladies sensibles au climat, le renforcement de la résilience des établissements sanitaires et l'amélioration de la qualité de l'air.


Parmi les objectifs annoncés figure celui de faire en sorte que, d'ici à 2035, 60 % des établissements de santé construits ou réhabilités intègrent des critères de résilience climatique.


La contribution prévoit également, au titre de ses mesures conditionnelles, l'installation de dispositifs de mesure de la qualité de l'air dans les dix pôles régionaux d'excellence sanitaire.


Toutefois, la concrétisation de ces engagements suppose des capacités techniques renforcées, des mécanismes de coordination efficaces et des financements adaptés. La représentante du ministre a donc invité les participants à identifier les priorités territoriales, à clarifier les responsabilités institutionnelles et à définir les modalités de partage des données ainsi que les ressources nécessaires à la continuité des interventions.


Elle a particulièrement insisté sur l'importance de la chaîne « observation-alerte-action », qui doit permettre de transformer les informations météorologiques et environnementales en mesures de prévention et en interventions sanitaires concrètes. Ainsi, les prévisions de fortes pluies, les alertes de chaleur et les épisodes de pollution atmosphérique doivent déboucher sur des recommandations accessibles aux populations et des actions ciblées en faveur des personnes les plus vulnérables.


 

Au-delà des constats, les trois interventions ont mis en évidence la nécessité de transformer le dialogue national en résultats opérationnels.


Les travaux doivent notamment permettre de consolider une position ivoirienne commune sur les enjeux du climat et de la santé, de définir les priorités nationales en matière d'adaptation, de pertes et préjudices ainsi que de transitions justes, et de renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués.


Pour Mme Indira Yanni-Domingo, cette démarche doit également aboutir à une feuille de route précise, assortie de responsabilités institutionnelles et d'échéances clairement définies. Elle a insisté sur la nécessité de mieux documenter les pertes et dommages liés aux changements climatiques, notamment les infrastructures sanitaires endommagées, les interruptions de services et les difficultés d'accès aux soins.


Le Dr Ambroise Ané a, pour sa part, souligné que le succès de la démarche ne se jouera pas uniquement dans les salles de négociation internationales, mais aussi dans la capacité des acteurs nationaux à parler d'une seule voix et à défendre efficacement les intérêts des populations.


Quant au Dr Koné Blaise, il a exprimé l'attente du ministère de la Santé de voir émerger, au terme des échanges, une contribution sectorielle partagée et suffisamment structurée pour être portée au sein de la délégation ivoirienne à la COP31.


En définitive, les trois représentants ont convergé sur une exigence : dépasser les cloisonnements institutionnels pour construire une réponse durable aux effets sanitaires du changement climatique.


Si la COP31 constitue une échéance importante pour la diplomatie climatique ivoirienne, elle ne saurait être une finalité. Comme l'a souligné la représentante du ministre de l'Environnement, elle doit plutôt marquer le point de départ d'une coopération renforcée entre les secteurs, appelée à se poursuivre bien au-delà de la conférence.

Un engagement qui rejoint le plaidoyer du représentant de l'OMS, pour qui la santé doit rester le fil conducteur des politiques publiques et des décisions climatiques.


Au terme de cette cérémonie d'ouverture, un message essentiel se dégage : protéger l'environnement, renforcer la résilience des systèmes de santé et anticiper les risques climatiques constituent les différentes facettes d'un même combat, celui de la préservation de la vie humaine.


La Côte d'Ivoire entend ainsi faire entendre, à Antalya, une voix nationale concertée, fondée sur ses réalités, ses priorités et son ambition de placer durablement la santé au cœur de l'action climatique.



Wassimagnon




 
 
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