Côte d'Ivoire : Toulépleu : des milliers de producteurs et leurs familles en danger, voici pourquoi
La question de l’avenir des plantations de café-cacao exploitées depuis plusieurs décennies dans le département de Toulépleu suscite de vives inquiétudes. Des milliers de producteurs et leurs familles craignent de perdre leurs terres à la suite de menaces de déguerpissement évoquées par le président national du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI), Koné Moussa. Cette situation a été au cœur de la mobilisation organisée, jeudi 29 octobre 2026, à la place Alassane-Ouattara de Toulépleu.
Venus des quatre coins du département et des localités environnantes, plus de 8 000 producteurs membres du SYNAP-CI ont pris part à cette journée d’hommage à leur président national. Ils sont arrivés notamment de Grié 2, Pahoubly, Drissably, Diouroubly, Denan, Souhaite, Petit Guiglo, Bloc, Venez Voir, KDE, Tinhou, Pété et Méo. Au-delà de l’hommage rendu à Koné Moussa, cette rencontre a permis aux planteurs de réaffirmer leur soutien à son engagement pour la défense de leurs intérêts.
Des plantations exploitées depuis 1971
Prenant la parole, Koné Moussa a dénoncé les menaces qui pèseraient sur certaines plantations en lien avec les activités de Palm-CI. Selon lui, des producteurs exploitent ces terres depuis 1971, mais sont aujourd’hui sommés de les libérer au motif qu’elles seraient situées dans des forêts classées.
« Il y a des plantations que nous exploitons depuis 1971 et, aujourd’hui, on nous dit qu’il s’agit de forêts classées. On nous demande de quitter les lieux parce que Palm-CI va s’installer pour développer Toulépleu », a-t-il déclaré.
Pour le président du SYNAP-CI, cette situation met en péril les moyens de subsistance de nombreuses familles qui dépendent de ces exploitations agricoles. Il entend interpeller les autorités sur cette question et privilégier le dialogue. Il a annoncé qu’il adresserait des courriers aux responsables concernés à l’issue de sa tournée.
Le prix du cacao et les stocks au centre des revendications
La situation foncière n’est pas la seule préoccupation exprimée au cours de cette rencontre. Koné Moussa a également contesté le prix bord champ du cacao fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, qu’il juge insuffisant au regard des charges supportées par les producteurs.
Évoquant son récent déplacement à Daloa, il a affirmé que certains acheteurs proposeraient entre 1 400 et 1 500 FCFA le kilogramme, voire jusqu’à 1 800 FCFA dans certains cas. « Si des acheteurs sont en mesure de proposer de tels prix, pourquoi le prix officiel garanti aux producteurs est-il fixé à 1 200 francs CFA ? », s’est-il interrogé.
Il a par ailleurs dénoncé des stocks de cacao recensés mais toujours en attente d’enlèvement, malgré l’annonce par le gouvernement d’une enveloppe de 291 milliards de FCFA pour soutenir la commercialisation. Il a aussi évoqué des anomalies présumées dans le dispositif de traçabilité, notamment des notifications de vente reçues par des producteurs qui affirment n’avoir effectué aucune transaction.
Le SYNAP-CI annonce d’autres actions
Face à ces difficultés, le président du syndicat a réclamé la démission du directeur général du Conseil du café-cacao, Koné Yves Brahima. Il a également annoncé son intention de saisir la CEDEAO et l’UEMOA pour porter les préoccupations des producteurs ivoiriens auprès des instances sous-régionales. Une mobilisation devant la Caistab, à Abidjan, a aussi été annoncée, sans précision de date.
Au nom des producteurs, Koudogou Ibrahim, porte-parole, a réaffirmé leur confiance en Koné Moussa et demandé davantage de justice, de considération et de meilleures conditions de vie pour les planteurs. De son côté, Diomandé Mevaya, président du comité d’organisation, a salué la mobilisation et appelé à la cohésion et à la solidarité entre les membres.
Si Koné Moussa affirme privilégier le dialogue, les inquiétudes exprimées à Toulépleu soulèvent une question essentielle : quel avenir pour les producteurs et leurs familles si les terres qui les font vivre venaient à leur être retirées ? La clarification de laY situation foncière et des menaces évoquées apparaît désormais comme un enjeu majeur pour les communautés agricoles concernées.
Infos à la une
Communiqués
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
Côte d'Ivoire
