Côte d'Ivoire : Journées nationales du vivrier, depuis Ketesso, la CPU-PME interpelle le gouvernement : « Ceux qui nourrissent la nation doivent vivre dignement »
À l'occasion des Journées nationales du vivrier organisées à Ketesso, dans la sous-préfecture de Bianouan, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises de Côte d'Ivoire (CPU-PME), Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, a rendu un vibrant hommage aux productrices et producteurs agricoles. Il a surtout appelé les pouvoirs publics, les institutions financières et les partenaires privés à renforcer leur accompagnement de la filière vivrière, considérée comme un levier stratégique dans la lutte contre la vie chère et l'amélioration des conditions de vie des populations.
La localité de Ketesso, dans la sous-préfecture de Bianouan, a accueilli, le 31 octobre 2026, les Journées nationales du vivrier, une initiative placée sous le signe de la reconnaissance du monde agricole et de la valorisation des productions locales.
La cérémonie s'est déroulée en présence du sous-préfet d'Ayamé, de la sous-préfète de Bianouan, du maire d'Ayamé, de la marraine de l'événement, Mme Nadine Gla, du représentant de l'Office d'aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV), ainsi que d'une délégation de la CPU-PME et de nombreuses populations venues d'Ayamé, de Bianouan et de Ketesso.
Prenant la parole à cette occasion, le président de la CPU-PME, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé, a salué le courage, la détermination et les sacrifices quotidiens des femmes et des hommes qui contribuent à nourrir les populations.
« Derrière chaque panier de vivriers, il y a des mains qui travaillent, des sacrifices souvent silencieux et une famille qui espère », a-t-il déclaré.
S'adressant particulièrement aux femmes et aux jeunes engagés dans les activités agricoles, il a tenu à leur témoigner toute sa reconnaissance. « Votre courage nous honore », a-t-il affirmé, mettant ainsi en lumière le rôle essentiel des producteurs dans la sécurité alimentaire et le développement économique du pays.
Le président de la CPU-PME a également rendu un hommage particulier à Mme Gbakayoro, présidente de la filière Agriculture de la confédération. Il a salué son engagement en faveur de la défense des intérêts des acteurs agricoles et de la reconnaissance de leur contribution à l'économie nationale.
Pour lui, faire entendre la voix des producteurs, défendre leur place dans les politiques de développement et mobiliser les ressources nécessaires à l'amélioration de leurs conditions de travail constituent une responsabilité collective.
Au-delà de l'hommage, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé a placé son intervention au cœur d'une problématique majeure : la hausse du coût de la vie et ses conséquences sur les ménages.
Établissant un lien direct entre la rémunération des producteurs et le prix des denrées alimentaires sur les marchés, il a plaidé pour une meilleure organisation de la chaîne de valeur agricole.
« Ceux qui nourrissent la nation doivent pouvoir vivre dignement de leur travail. Nous ne pouvons pas applaudir leurs efforts et nous résigner à leur pauvreté », a-t-il martelé.
S'appuyant sur le célèbre proverbe « Ventre affamé n'a pas d'oreilles », il a rappelé que la lutte contre la vie chère ne saurait produire des résultats durables sans une politique ambitieuse de soutien à la production vivrière.
Dans cette perspective, il a appelé à éviter que les producteurs soient contraints de vendre leurs récoltes à perte, tandis que les consommateurs continuent de subir des prix élevés.
« Ne demandons pas au producteur de vendre à perte, ni au consommateur de payer les faiblesses de nos circuits », a-t-il insisté.
Pour relever ce défi, le président de la CPU-PME a notamment préconisé un meilleur accès au financement agricole, la réhabilitation des pistes rurales, le développement des infrastructures de stockage, la transformation des produits locaux et l'amélioration des circuits de transport et de commercialisation.
L'ambition est de parvenir à un équilibre durable entre la juste rémunération des producteurs et l'accessibilité des denrées alimentaires pour les consommateurs.
Dans la suite de son intervention, le président de la CPU-PME a inscrit son plaidoyer dans les perspectives offertes par le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Selon lui, ce programme de développement doit se traduire par des actions concrètes au bénéfice des populations rurales, notamment à travers la mise à disposition d'équipements agricoles, l'accès aux financements et l'amélioration des revenus des familles vivant de la production vivrière.
« Ce plan doit prendre tout son sens ici, dans les champs de Ketesso », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de rapprocher les politiques publiques des réalités quotidiennes des producteurs.
Il a également évoqué les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). À ses yeux, cette intégration économique représente une occasion importante pour les producteurs ivoiriens de développer leurs activités, d'accroître leur compétitivité et d'accéder progressivement à de nouveaux débouchés commerciaux sur le continent.
L'enjeu consiste donc à permettre aux acteurs de la filière vivrière de dépasser le cadre des marchés locaux pour s'inscrire dans une dynamique de conquête des marchés africains.
En conclusion, Dr Elias-Farakhan Moussa Diomandé a lancé un appel à la mobilisation des pouvoirs publics, des établissements bancaires, des collectivités territoriales et des partenaires du secteur privé.
Il les a invités à faire du soutien à la production vivrière une priorité opérationnelle, fondée sur des engagements concrets et des résultats mesurables, plutôt qu'une simple déclaration d'intention.
Son message final, empreint d'émotion et de reconnaissance, s'est adressé directement aux femmes et aux hommes qui travaillent quotidiennement à nourrir les populations.
« Vos mains portent bien plus que des récoltes. Elles portent l'espoir de vos enfants, la dignité de vos familles et une part de l'avenir de notre pays. Que notre hommage ne s'arrête pas aux applaudissements. Qu'il se prolonge par des moyens, des actes et des résultats », a-t-il déclaré.
À travers cette célébration organisée à Ketesso, la CPU-PME entend ainsi rappeler que le développement de la filière vivrière ne relève pas uniquement d'un enjeu agricole. Il constitue également une réponse économique et sociale aux défis de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la vie chère et de l'amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes.
Wassimagnon
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