Côte d'Ivoire : Coût du poisson, l'ancien Ministre du Commerce Billon se défend et relance la question « Jusqu'à quand cette diminution va-t-elle durer ? »
Billon (DR)
Alors que la problématique de l'augmentation du prix du carton de poisson, suivie de sa diminution, suscite de vives réactions sur les marchés, l'ancien Ministre du Commerce, Jean Louis Billon, fait émerger un débat.
Sur sa page officielle, il indique que « le prix du chinchard a chuté à environ 31 500 FCFA suite à la colère des vendeuses. C'est tant mieux. Cependant, des interrogations persistent : Combien de temps cette diminution va-t-elle se maintenir ? »
Une question qui a engendré des réactions, dont certaines ont remis en question sa capacité lorsqu’il était à la tête de ce ministère.
Voici la réponse de Billon :
« Je me garderai de refaire l’histoire avec l’aisance de celui qui n’a plus à décider. Mais je peux dire ce qui guidait mon action lorsque j’assumais cette charge : on ne combat pas la vie chère depuis un bureau, on la combat sur le terrain. J’allais moi-même ou avec mes équipes, sans prévenir, dans les marchés et les grandes surfaces, pour vérifier les balances, traquer les faux poids et les mauvaises pratiques, et exiger l’affichage des prix. Et je dénonçais déjà ce que trop peu veulent nommer : les taxes informelles et le coût de passage de notre port, qui renchérissent tout ce que nous importons.
Face à cette crise, je n’aurais pas cherché l’apaisement d’un jour. J’aurais agi sur la chaîne tout entière, du bateau à l’étal, pour en restaurer la transparence, et j’aurais, dans le même mouvement, engagé le pays sur la seule voie qui vaille : produire davantage ce que nous consommons. »
Pour le candidat à la Présidentielle de 2025, l’augmentation se justifie par des causes objectives : nous importons l’essentiel de notre poisson, et nous subissons donc le prix mondial, le coût du fret, les variations de change et les frais de passage. Cela, nul ne peut le nier.
« Mais expliquer n’est pas excuser. L’autre partie tient à l’opacité des marges, à la multiplication des intermédiaires et à l’absence d’une régulation constante. La première part relève de notre dépendance ; la seconde, de notre organisation. La première appelle une stratégie ; la seconde, de la rigueur. Les deux relèvent de notre responsabilité collective (…) Parce que nous des pans essentiels de notre économies sont portés par des non-nationaux.
Quand la quasi-totalité d’un produit vient de l’extérieur, la moindre secousse se répercute sur le consommateur, et s’amplifie à chaque main qu’elle traverse avant d’arriver dans l’assiette.
L’ampleur de ces hausses n’est pas un hasard : c’est le symptôme d’une fragilité. Un pays qui produit ce qu’il mange encaisse les chocs ; un pays qui achète tous les subit de plein fouet. Le prix du poisson nous dit, en vérité, le prix de notre dépendance. »
Donatien Kautcha, Abidjan
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