Côte d'Ivoire : Lutte contre les avoirs criminels, l'AGRAC engage les préfets dans le dispositif de traque et de récupération des biens illicites
Dans le cadre du renforcement de la lutte contre la criminalité économique et financière en Côte d’Ivoire, l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) a organisé, le mercredi 4 novembre 2026, à Yamoussoukro, un atelier de sensibilisation à l’intention du corps préfectoral. Cette rencontre, qui a réuni une quarantaine de participants, vise à renforcer la collaboration avec les autorités administratives dans les opérations de saisie, de conservation, de gestion et de recouvrement des biens issus d’activités criminelles.
Faire des autorités préfectorales des partenaires opérationnels dans la lutte contre la criminalité économique et financière. C’est l’ambition affichée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) à travers un atelier de sensibilisation organisé, le mercredi 4 novembre 2026, à Yamoussoukro.
Cette rencontre a mobilisé une quarantaine de membres du corps préfectoral issus du District autonome de Yamoussoukro ainsi que des régions du Bélier et du N’zi. Elle avait pour objectif de consolider les mécanismes de coopération entre l’Agence et les représentants de l’État dans les circonscriptions administratives, notamment en matière de saisie, de gestion et de recouvrement des avoirs criminels.
Ouvrant les travaux au nom de la Directrice générale de l’AGRAC, le Directeur général adjoint, Ouattara Bourahiman, a insisté sur la nécessité d'une réponse concertée face à l'évolution de la criminalité financière. Il a notamment rappelé que la lutte contre les infractions génératrices de profits illicites, telles que la corruption, le blanchiment de capitaux, le détournement de deniers publics, le trafic de stupéfiants et les différentes formes de criminalité organisée, ne saurait se limiter aux poursuites judiciaires et aux condamnations.
Selon lui, cette lutte doit également intégrer l'identification, la saisie, la préservation, la gestion et le recouvrement des biens provenant d'activités criminelles. Une démarche essentielle pour priver les auteurs d'infractions des profits tirés de leurs activités illicites et préserver les intérêts économiques de l'État.
Pour l'AGRAC, les autorités préfectorales occupent une place déterminante dans ce dispositif en raison de leur connaissance des territoires, des populations et des réalités économiques locales.
Cette proximité avec le terrain constitue un atout majeur pour prévenir les risques de détérioration, de disparition ou de dépréciation des biens saisis. D'où l'appel lancé par Ouattara Bourahiman en faveur d'une collaboration fondée sur la disponibilité, la réactivité et la célérité dans le partage des informations, dans le strict respect des procédures légales.
Une démarche saluée par le préfet de région, préfet du département de Yamoussoukro, Coulibaly Gando. Souhaitant la bienvenue aux participants, il a réaffirmé l'engagement du corps préfectoral à accompagner l'Agence dans l'accomplissement de ses missions.
Il a notamment souligné que la connaissance des réalités locales dont disposent les représentants de l'État constitue un levier important pour relayer les actions de sensibilisation de l'AGRAC auprès des populations et faciliter son intervention sur le terrain.
Animés par Goua Koffi, directeur des Opérations de l'AGRAC, les travaux ont permis aux participants de mieux appréhender le mandat, l'organisation et le fonctionnement de l'Agence.
Les communications ont également porté sur les principales règles encadrant les avoirs saisis ou confisqués. Une attention particulière a été accordée aux procédures de conservation et de transfert des biens, aux notifications réglementaires ainsi qu'aux conditions de leur vente aux enchères publiques ou de leur affectation administrative.
Au-delà des communications théoriques, l'atelier a privilégié une approche pratique à travers l'analyse de trois situations concrètes auxquelles les autorités administratives peuvent être confrontées dans l'exercice de leurs fonctions.
Les échanges ont notamment porté sur la gestion d'un véhicule saisi et entreposé dans une sous-préfecture, le traitement d'engins lourds immobilisés dans le cadre d'opérations de lutte contre l'orpaillage illégal, ainsi que la procédure applicable à une demande d'utilisation temporaire d'un véhicule saisi, formulée par un service déconcentré de l'État.
Ces études de cas ont permis aux participants de mieux cerner les circuits de signalement, de remise et de sécurisation des biens saisis, mais également les conditions réglementaires encadrant leur éventuelle affectation.
À travers cette initiative, l'AGRAC entend renforcer son ancrage territorial et favoriser une meilleure implication des autorités administratives dans la chaîne de gestion des avoirs criminels.
Cette première rencontre avec le corps préfectoral de Yamoussoukro, du Bélier et du N'zi marque ainsi une étape dans la mise en place d'un cadre de coopération opérationnelle entre l'Agence et les représentants de l'État.
L'ambition est désormais d'étendre cette dynamique à l'ensemble des régions du pays, conformément au mandat national de l'AGRAC.
À terme, cette synergie devrait contribuer à une meilleure prise en charge des biens saisis ou confisqués, à la sécurisation du patrimoine concerné et au renforcement de l'efficacité du dispositif national de lutte contre la criminalité économique et financière.
Wassimagnon
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