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Côte d'Ivoire : Pour relever le défi de la souveraineté alimentaire, la Fédération Nationale du Riz sollicite l'appui de l'Etat
 

Côte d'Ivoire : Pour relever le défi de la souveraineté alimentaire, la Fédération Nationale du Riz sollicite l'appui de l'Etat

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 09 avril 2022 - 10:00

Mme Kouadio Annick Natacha, PCA de la FENADRIZ-CI (Ph KOACI) 


Actualité oblige avec la lutte contre la cherté la vie, KOACI a approché la Fédération Nationale des Distributeurs de Riz de Côte d’Ivoire (FENADRIZ-CI) pour en savoir plus sur ce qui pourrait être sa contribution à l’amélioration des disponibilités alimentaires, notamment le riz, mais également sur les difficultés de cette filière.


Dans un entretien qu’elle a bien voulu nous accorder dans son magasin de distribution de riz, sise à Abidjan malgré son emploi du temps chargé, Mme Kouadio Annick Natacha, PCA de la FENADRIZ-CI, nous donne des réponses à nos préoccupations et à celles des consommateurs du riz de Côte d’Ivoire (riz local).


KOACI.COM : Pourquoi la création de la FENADRIZ-CI


Kouadio Annick Natacha : La Fédération Nationale des Distributeurs de Riz de Côte d’Ivoire (FENADRIZ-CI) a été créée dans une démarche de structuration et d’organisation des acteurs de la filière du riz de Côte d’Ivoire. 


Dans l’optique de répondre efficacement aux différents défis et de manière singulière, à la question de la distribution du riz local, la FENADRIZ-CI a été mise en place, le 22 septembre 2017. 


Il faut noter que cette initiative fait suite à la création de l’interprofession riz le 21 septembre 2017, grâce à l’appui financier de l’UEMOA et au concours du Ministère d’Etat Ministère de l’Agriculture et du développement rural et de ses structures sous tutelles, dont l’ADERIZ (l’ex-ONDR) et le FIRCA. Je profite de l’occasion pour exprimer toute ma reconnaissance aux responsables de l’UENOA, à notre Ministre le Ministère d’Etat Ministère de l’Agriculture et du développement rural, à l’ADERIZ et au FIRCA.


A ce jour, la FENADRIZ-CI enregistre 1129 membres composés de grossistes, de demi-grossistes et de détaillants. Il faut noter que d’un point de vue couverture nationale, 295 distributeurs sont installés à Abidjan, 281 distributeurs à Bouaké et 553 répartis sur les autres localités du territoire national.


Dans un tel contexte exacerbé par la flambée des prix des denrées alimentaires et où il est de plus en plus question de recherche de solutions par le Gouvernement de mesures devant améliorer la sécurité alimentaire, la FENADRIZ-CI représente une opportunité réelle pour la disponibilité et l’accessibilité du riz local sur le marché. C’est un acteur incontournable.


KOACI.COM : Que fait la fédération pour ses membres ? 


KAN : La fédération est une plateforme d’échange, d’entraide et de conciliation en cas de conflit interne ou externe à la fédération. Elle défend les intérêts des membres et crée un cadre règlementaire pour la fonction de distributeur. Elle assure la représentation auprès de l’OIA-Riz, de l’Etat et ses partenaires au développement. 


Elle facilite l’accès aux financements des distributeurs par des négociations avec les partenaires techniques et financiers.


Elle recherche des moyens logistiques et des moyens de stockages pour faciliter l’approvisionnement de ses membres en riz de Côte d’Ivoire et pour assurer la disponibilité de riz de qualité dans le circuit de distribution de ses membres. Elle crée les conditions pour améliorer le circuit de distribution.


Elle fait la promotion du riz de Côte d’Ivoire avec l’appui son partenaire la JICA à travers le projet ‘’PRORIL’’ et donne ainsi de la visibilité aux activités de ses membres.


KOACI.COM : Pourquoi la FENADRIZ-CI est restée silencieuse depuis sa création?


KAN : Nous ne sommes pas restés silencieux. Nous avons fait des plaidoyers auprès de l’Etat et des structures sous-tutelles telles que l’ADERIZ, le FIRCA, l’OCPV et le projet PRORIL.


 

Grace au projet PRORIL, certains distributeurs ont développés des marques de riz. Nous avons fait des campagnes de promotion en 2017, 2018 et 2019 dans les villes de Bouaké, de Yamoussoukro et dans certaines communes d’Abidjan (Yopougon, Cocody, Treichville, Marcory et Koumassi). 


En 2021, L’OCPV a financé la réalisation du Plan stratégique de la fédération pour 2022 -2024. 


Nous avons fait des reportages sur plusieurs médias et la réalisation du Plan stratégique de la FENADRIZ-CI a été couverte par plusieurs médias. C’est notre première apparition dans KOACI.


Nous avons aussi participé à d’autres évènements au niveau national et international.


C’est vrai que la plus tard de nos négociations n’ont pas encore abouti mais nous gardons beaucoup d’espoir. Nous avons confiance à l’Etat et à nos différents partenaires car le riz représente un défi important pour notre pays. 


KOACI.COM : Comment se fait la distribution du riz local sur le territoire national ? 


K.A.N : Nous avons deux réseaux de distribution. Le réseau traditionnel qui regroupe les magasins et les étals des femmes sur tous les marchés de Côte d’Ivoire. Le réseau moderne qui est composé de startup spécialisée dans la distribution du riz local en Côte d’Ivoire. Celles-ci ont créé des marques de riz local pour mieux valoriser notre riz. Ces distributeurs disposent de magasins modernes avec des commodités plus adaptées et beaucoup utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Whatsapp et autres) pour la promotion et la vente de leur marque. Ces start-up sont constituées en entreprise et avec une gestion comptable. C’est à cette structuration que nous encourageons tous les membres de la FENADRIZ-CI.


KOACI.COM : Pouvez-vous citer quelques marques et des variétés locales de riz commercialisées ?


KAN : LA PAYSANNE, IVORY, AKOA Rice, AKWABA Rice, LOCA Riz, MAKISSI, TRUE Rice, PARRAIN VILLAGE, LAFRI Douma-ni


KOACI.COM : Quel est l’objectif et les difficultés que rencontrent véritablement les acteurs de la filière du riz


KAN : Notre objectif est d’améliorer de manière durable la disponibilité et l’accès du riz local de qualité sur toute l’étendue du territoire national et exporté, TOUTE CHOSE QUI RENFORCERA LA SECURITE ALIMENTAIRE. Mais de façons spécifiques il s’agira de : (a) stimuler la production du riz local en quantité et en qualité par une meilleure commercialisation, (b) améliorer le réseau de distribution et l’élargir en encourageant la création de start-Up mais aussi faciliter l’entrée du riz local dans les grandes surfaces et les boutiques de quartier, (c) inverser la tendance de consommation du riz importé au profit du riz local et (d) donner une meilleure visibilité aux distributeurs de la FENADRIZ-CI et au riz de CI en facilitant l’accès nos médias locales.


Pour atteindre ces objectifs, les acteurs de la filière riz font face à plusieurs défis. On peut parler de la cherté des intrants qui aura un impact sur le prix du riz. De L’absence de financement pour la plus tard des acteurs de la production, de la transformation et de la distribution. Les distributeurs du riz local ont difficilement accès au financement des banques privées contrairement aux importateurs de riz. Et même dans les projets de développement où des guichets de financement sont disponibles pour le riz, ils prennent rarement en compte les besoins de la distribution. 


S’il n’y a pas de financement, c’est difficile d’acquérir des infrastructures de stockage, c’est difficile de transporter du riz depuis les contrés jusqu’à Abidjan et c’est difficile d’acheter le riz en quantité pour approvisionner les marchés, les magasins et les grandes surfaces. Nous avons 2 cycles de production de riz En Ci. Nous devons faire un stock de sécurité de 6 mois. Avoir des infrastructures de stockage et de conservation, des logistiques de transports adaptés et un fond de garanti auprès des banques restent des défis majeurs pour les distributeurs de riz local. 


L’autre challenge c’est la qualité des emballages disponibles au niveau local.



 

KOACI.COM : La FENADRIZ-CI attend véritablement quoi de l’Etat Ivoirien ? 


K.A.N : La FENADRIZ-CI attend des autorités un accompagnement afin de résoudre toutes les difficultés auxquelles la filière riz est confrontée.  


Nous sommes conscients que c’est beaucoup de devises que l’Etat dépense chaque année pour l’importation du riz


Nous attendons que L’Etat prenne des mesures comme celles qui ont été appliquées dans la filière avicole pour le compte de la filière riz. Elles ont  eu des répercutions très positives et ont permis à la filière avicole d’amorcer son développement.


Nous pensons qu’il est important de pouvoir travailler à la valorisation du riz local. C’est un domaine qui est pourvoyeur d’emplois. On peut créer des emplois sur toute la chaîne des valeurs.


Nous demandons à l’Etat de privilégier la fourniture en riz local, aux structures telles que : les casernes, les cantines scolaires, les hôpitaux, les universités etc.


J’invite les différents partenaires au développement qui ont des projets sur la filière riz à agir sur toute la chaîne des valeurs. Dans le souci de garantir la sécurité alimentaire la banque mondiale accompagne les importateurs de riz, je souhaite qu’elle ouvre aussi ce guichet aux distributeurs locaux. De cette manière, dans le long terme cela pourrait aider à inverser les tendances de l’importation en faveur du riz local.


Nous attendons que l’Etat réfléchisse avec tous les acteurs par le biais de l’OIA-Riz, pour mettre en place un mécanisme de financement du riz local de la production en passant par la transformation jusqu’à la commercialisation.

Nous demandons à l’Etat de nous accompagner pour qu’au plus vite la filière riz devienne une filière cotisante. 


Nous voulons travailler avec l’appui de l’Etat pour relever les nombreux défis auxquels nous faisons face au quotidien. Il faut accroitre la production pour que la population puisse s’autosuffire. Nous rassurons les autorités sur notre engagement à jouer pleinement notre rôle. 


KOACI.COM : Un appel a lancé aux autorités...


K.A.N : Nous sommes disponibles pour discuter et travailler avec l’Etat pour que le riz arrive dans les assiettes des consommateurs à des prix accessibles.


Nous souhaitons que le riz de Côte d’Ivoire ou riz local remplace le riz importé dans les assiettes de nos concitoyens. La Côte d’Ivoire a un potentiel énorme pour produire pour les besoins nationaux et même exporter. Le marché international attend le riz de Côte d’Ivoire. Aussi il faut donner de la visibilité à toutes ces startups qui s’y investissent pour valoriser ce produit de première nécessité.


Nous profitons de l’occasion pour remercier certains partenaires qui nous accompagne. 


Interview réalisée par Donatien Kautcha, Abidjan


 
 
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