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Côte d'Ivoire: Filière hévéa, des exportateurs dénoncent l'arrêt brutal de leurs activités et demandent le rétablissement de leurs agréments d'exportation
 

Côte d'Ivoire: Filière hévéa, des exportateurs dénoncent l'arrêt brutal de leurs activités et demandent le rétablissement de leurs agréments d'exportation

 
 
 
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 Il y a 3 semaines
 
 
 
 
 
© Koaci.com - dimanche 26 mai 2024 - 09:19

  

Créée en 2023, l’Union des exportateurs d’hévéa de Côte d’Ivoire (UEHCI) traverse une période d’incertitude depuis un bon moment. Cette organisation dirigée par Mélèdje Edward JK a le sentiment d’avoir été mise sur la touche en ce sens que jusqu’à cette date, ils n’ont pas encore été appelés à déposer leurs demandes d’agrément d’exportation. 


Dans une déclaration produite par leur président, Méledje Edward JK, le 24 mai, ils ont fait part de leur appréhension au Conseil de l’hévéa et du Palmier. Ils demandent que les agréments d’exportation leur soient rétablis, afin qu’ils continuer à exercer leurs activités. Car, ils trouvent totalement inconcevable qu’au moment où les usiniers censés faire de la transformation exportent chaque année des fonds de tasse, c’est-à-dire la matière première, eux qui ont cette vocation soient privés d’agrément d’exportation. 


Les exportateurs d’hévéa de Côte d’Ivoire font remarquer par ailleurs, que la production nationale annuelle de caoutchouc brut est de l’ordre de 1,3 million de tonnes. La capacité installée des usiniers, qui appartiennent à des multinationales asiatiques, se situe à 70% de la production annuelle. C’est-à-dire, environ 910 000 tonnes. C’est le surplus de cette production nationale, celle que les usiniers n’arrivent pas à traiter, qui est mise à l’exportation. A savoir 390 000 tonnes. 


Au vu de ces données, le président de l’UEHCI soutient qu’il n’est pas juste de faire croire que l’exportation de fonds de tasses prive les usiniers locaux de matière première. D’ailleurs, rappelle-t-il, les usines des multinationales asiatiques sont les principales exportatrices de fonds de tasse. A elles seules, elles exportent les 50% des excédents. Soit 150 000 tonnes. Les exportateurs d’hévéa regrettent que leur corporation, constituée de Pme locales, soit permanemment diabolisée dans la filière. Surtout sur la base « d’arguments faux et biaisés, particulièrement, en ce qui concerne les difficultés des usiniers à obtenir de la matière première ». Les exportateurs de caoutchouc estiment qu’ils ne devraient pas être dépeints négativement, mais plutôt félicités pour « le rôle essentiel qu’ils ont joué, depuis 2018, dans le développement et l’amélioration de la compétitivité de la filière », lit-on dans la déclaration.


 

Edward Mélèdje JK explique qu’ils ont contribué significativement à « l’amélioration des conditions de vie des paysans qui se plaignaient auparavant d’être sous-payés par les usines avec des délais de paiement déraisonnables ». Il rappelle que le décret de 2013 portant réforme agricole met un point d’honneur sur le revenu du paysan qui doit se situer à, au moins, 60 % du prix Caf. Il est donc clair que l’intervention des exportateurs de caoutchouc a contribué au respect de cette norme. Aujourd’hui, Edward Mélèdje voudrait faire remarquer que les choses ont beaucoup changé grâce à l’intervention des exportateurs. Les paysans bénéficient désormais de prix plus rémunérateurs comparativement à une certaine époque. 


Cette nouvelle donne paraît cruciale aux yeux du président de l’Union des exportateurs d’hévéa. Parce que « sans des prix attractifs et une commercialisation fluide, les paysans risquent de tomber dans le découragement. Ce qui aurait pour conséquence un abandon progressif de la culture de l’hévéa ». L’UEHCI assure qu’elle est bel et bien engagée dans la vision du Conseil de l’hévéa et du palmier à huile qui vise à transformer localement 100% de la production nationale. C’est pour cela qu’elle a d’ores et déjà, entamé la transition vers cet objectif et son adhésion à la charte de l’Union en est la preuve.


Les exportateurs d’hévéa de Côte d’Ivoire souhaitent que leur segment d’activité ne soit pas freiné d’une manière brutale. Ils veulent un processus ordonné qui facilitera la transition de l’exportation de matières première à la transformation industrielle. Les membres de l’Union proposent, à cet effet, le 31 décembre 2026, comme date butoir pour l’arrêt des exportations de fonds de tasse. Ils l’ont signifié récemment au régulateur. Ce délai, soutiennent-ils, permettra la mise en place de nouvelles unités de transformation capables d’absorber l’excédent de la production. Pour l’heure, les exportateurs d’hévéa voudraient être associés aux discussions sur les différentes problématiques de la filière avec le ministère en charge de l’Agriculture et le Conseil de l’hévéa et du palmier à huile. Il convient de noter que l’Union des exportateurs d’hévéa, ce sont 400 emplois directs et 2000 emplois indirects. Elle exporte 150 000 tonnes de fonds de tasse par an. Et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 120 milliards de Fcfa.



Wassimagnon 


 
 
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