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Côte d'Ivoire : Cité Espérance, bras de fer explosif entre le RESA-FISC et la société BACID autour de 500 logements à Bingerville
 

Côte d'Ivoire : Cité Espérance, bras de fer explosif entre le RESA-FISC et la société BACID autour de 500 logements à Bingerville

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 28 février 2026 - 13:05

Zéréyé Zedou Narcisse


Un projet ambitieux devenu champ de bataille judiciaire. À Bingerville, dans la périphérie d’Abidjan, le projet immobilier Cité Espérance devait incarner l’espoir de centaines d’agents des Impôts ivoiriens. Lancé en 2018 sur un site de près de 40 hectares, le programme prévoyait la construction de 500 logements, répartis en trois tranches : 150 villas pour la première phase, 150 pour la deuxième et 200 pour la troisième.


Huit ans plus tard, le rêve immobilier s’est transformé en un bras de fer judiciaire et médiatique entre le Renouveau Syndical des Agents du Fisc (RESA-FISC) et la société de promotion immobilière BACID S.A.


Selon M. Zéréyé Zedou Narcisse, Administrateur principal des services financiers à la Direction générale des impôts et Secrétaire général du RESA-FISC, le syndicat a consenti d’importants efforts financiers pour accélérer un projet initialement présenté comme une opération « clés en main ».


Le protocole d’accord signé en janvier 2018 prévoyait que la société BACID construise les logements avant paiement intégral par les acquéreurs, avec un accompagnement bancaire. Mais face aux lenteurs et aux difficultés, le RESA-FISC affirme avoir versé, par anticipation, plus de 2,3 milliards de FCFA afin de soutenir l’opérateur.


Des versements importants auraient été effectués par tranches, parfois 400 millions, 200 millions ou 100 millions de FCFA mensuels via un compte séquestre mis en place pour encadrer les flux financiers.


Malgré ces apports, seuls 19 à 20 logements auraient été livrés sur les 150 prévus pour la première tranche. Plusieurs maisons resteraient inachevées, certaines n’étant même pas sorties de terre.


Le litige trouve son origine dans l’absence initiale d’Arrêté de Concession Définitive (ACD), document indispensable à la sécurisation foncière. Le titre foncier aurait même été temporairement « grisé » après un chèque impayé à la conservation foncière.


Selon le RESA-FISC, la situation a été régularisée grâce à leurs démarches. Mais c’est à partir de ce moment que les relations se seraient détériorées. Le syndicat accuse le PDG de BACID, M. Salami Rachidi, d’avoir unilatéralement revu les prix à la hausse, les doublant par rapport aux montants convenus dans le protocole d’accord.


Le promoteur immobilier, lui, invoque la flambée des coûts des matériaux et la lenteur des paiements pour justifier la nécessité d’une révision tarifaire.


 

Le RESA-FISC affirme avoir découvert que des logements seraient vendus à des tiers non souscripteurs, alors même qu’une procédure judiciaire est en cours. Une situation que le syndicat juge préoccupante, craignant un double contentieux si la justice lui donnait raison.


Face à ces soupçons, le syndicat indique avoir mandaté une société de sécurité pour sensibiliser les acquéreurs présumés irréguliers.


Une conférence de presse a été organisée ce samedi 28 février sur le site en présence des forces de l’ordre qui ont empêché l’accès à la cité.


Dans un communiqué daté du 23 février 2026, la société BACID S.A. dénonce des « intrusions répétées » sur ses chantiers par des individus accompagnés de personnes se présentant comme agents des forces de l’ordre.


L’entreprise affirme exercer ses activités dans le strict respect des lois ivoiriennes et indique avoir engagé des procédures judiciaires contre les auteurs présumés de troubles. Elle appelle les autorités à garantir la sécurité de ses sites et la continuité de ses opérations.


Un procès-verbal de constat établi le 22 janvier 2025 par un Commissaire de justice fait état d’une rencontre entre les deux parties dans les locaux de BACID à Cocody Riviera Faya.

Lors de cette réunion, les échanges ont porté sur le montant exact des sommes versées par le RESA-FISC, le nombre réel de logements livrés, la nécessité d’une expertise indépendante pour évaluer l’état d’avancement du chantier.


Le conseil du RESA-FISC, a insisté sur la désignation d’un expert judiciaire. De son côté, la direction de BACID a réaffirmé attendre un nouvel apport financier substantiel pour relancer le chantier. La rencontre s’est conclue sans accord concret.


Après plusieurs référés portant notamment sur une demande d’expertise, le dossier est désormais examiné sur le fond par la juridiction compétente.


L’audience fixée au 5 mars 2026 devra notamment, faire le point sur l’exécution réelle du projet, établir les responsabilités contractuelles, déterminer les obligations respectives des parties.


Le RESA-FISC estime que le projet, prévu pour deux ans, accuse désormais près de cinq années de retard.


 

Enjeu : confiance des investisseurs et climat des affaires


Au-delà du différend contractuel, cette affaire soulève des interrogations sur, la sécurisation foncière des projets immobiliers, la protection des souscripteurs, la gestion des avances financières dans les opérations « clés en main » et plus largement, la confiance dans le secteur immobilier ivoirien.


Alors que chaque camp affirme agir dans le respect du droit, les souscripteurs restent dans l’attente de leurs logements.


La décision de justice à venir pourrait non seulement redessiner l’avenir de la Cité Espérance, mais aussi constituer un précédent important pour les projets immobiliers collectifs en Côte d’Ivoire.


L’espoir initial a laissé place à l’incertitude. Reste désormais à savoir si la justice permettra de rebâtir la confiance.


Wassimagnon




 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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