Cameroun : Procès Martinez Zogo, passes d'armes au tribunal militaire
Les 9 et 10 mars 2026 ont marqué deux journées d'une intensité rare devant le tribunal militaire de Yaoundé. Le défilé des cadres de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) à la barre a transformé l'enceinte judiciaire en véritable champ de bataille procédural, où chaque article du code de procédure pénale est devenu une arme tactique.
L'informaticien Dina Alain Bodo, 28e témoin, a été au cœur de la tourmente. La production par Me Claude Assira d'un document administratif contesté - qualifié de simple ébauche sans valeur officielle - a déclenché une vive réaction du Commissaire du Gouvernement Cerlin Belinga, qui en a exigé son retrait immédiat. Plus révélateur encore, un bras de fer de deux heures autour d'un procès-verbal que la défense n'était pas censée détenir a révélé la tension croissante entre secret d'État et droits de la défense.
La veille, la Commissaire Charlotte Mbah Angwei avait décrit une opération menée hors de tout cadre légal pour éliminer l'animateur d'Amplitude FM. L'ancien directeur de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, a quant à lui reconstitué une toile impliquant trois figures centrales : le lieutenant-colonel Justin Danwe, l'ex-maire Martin Savom et l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. L'usage de pseudonymes, les flux financiers suspects -entre 2 et 23 millions de FCFA - et le recrutement d'une proche de Savom à Vision 4 (télévision privée émettant à Yaoundé), après le meurtre ont alimenté la thèse d'une entreprise criminelle privée ayant détourné les moyens d'une institution d'État.
L'audience a été renvoyée aux 30 et 31 mars 2026.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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