Côte d'Ivoire : JIF 2026, les femmes des Douanes réclament plus de protection sociale pour leurs ayants droit et une meilleure évolution de carrière
L’administration des Douanes de Côte d’Ivoire a célébré, ce mercredi 11 mars, la Journée internationale des droits de la femme autour du thème national « Justice pour toutes : agir pour les femmes et les filles de Côte d’Ivoire ». La cérémonie, organisée en présence du Directeur général des Douanes, le Général Da Pierre Alphonse, a été marquée par un plaidoyer des femmes douanières en faveur d’une meilleure protection de leurs droits sociaux et d’une évolution plus structurée de leurs carrières.
Prenant la parole au nom de ses collègues, la Directrice de la Communication, de la Qualité et du Partenariat avec le Secteur privé (DCQP), le Colonel Diby Kouamé Anne-Marie Olga, porte-parole des femmes douanières, a salué les avancées enregistrées sous la direction actuelle, tout en soumettant deux préoccupations majeures à la hiérarchie.
Dans son allocution, la porte-parole a d’abord exprimé la gratitude des femmes de l’administration douanière pour les efforts consentis en matière de promotion du genre.
Elle a notamment salué la nomination de plusieurs femmes à des postes de responsabilité, ainsi que la distinction accordée à certaines d’entre elles, dont la promotion de la Directrice des régimes économiques au grade de Colonel-major et la remise de la médaille d’honneur des Douanes à plusieurs agentes lors de la SEDIV 2026.
Selon elle, ces initiatives témoignent de la volonté de la direction générale de valoriser les compétences féminines et de renforcer leur place dans l’institution.
« Sous votre impulsion, la promotion du genre est passée du stade des intentions théoriques à celui des actes », a-t-elle déclaré à l’endroit du Directeur général.
Elle a également salué l’appui apporté par la hiérarchie aux initiatives associatives des femmes douanières, qui contribuent à renforcer la solidarité et la cohésion au sein de l’administration.
Au-delà de ces avancées, la représentante des femmes douanières a exposé une préoccupation majeure liée aux modalités de reversement du capital décès et des primes en cas de décès d’une agente. Selon elle, certaines situations familiales conflictuelles peuvent entraîner des blocages judiciaires qui retardent l’accès aux ressources pour les ayants droit, notamment les enfants.
Pour illustrer son propos, elle a évoqué le cas d’une collègue décédée dont les biens font l’objet d’un litige entre son ex-époux et la famille, empêchant l’enfant adopté par la défunte de bénéficier rapidement des ressources laissées par sa mère. Face à ces situations, les femmes douanières ont suggéré la possibilité pour les agentes de définir, de leur vivant, une clé de répartition de leurs ressources afin de prévenir d’éventuels conflits successoraux.
La deuxième doléance concerne l’évolution de carrière des secrétaires et assistantes administratives au sein de l’administration douanière. Les intéressées souhaitent la mise en place d’un profil de carrière clair, permettant une progression professionnelle vers des postes de responsabilité, notamment après plusieurs années d’expérience.
Selon la porte-parole, certaines collaboratrices ayant démontré leurs compétences pourraient ainsi accéder à des fonctions de chef de section ou de bureau.
Réagissant aux préoccupations exprimées, le Directeur général des Douanes, le Général Da Pierre Alphonse, a réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité des chances et de la promotion des femmes dans l’institution.
Il a insisté sur le fait que les nominations de femmes à des postes stratégiques ne relèvent pas d’un favoritisme, mais du mérite.
« On ne vous donne pas des places de choix parce que vous êtes des femmes. On vous donne les places que vous méritez », a-t-il affirmé.
Le patron des Douanes ivoiriennes a par ailleurs rendu hommage à la défunte Colonel-major Clémentine Akandi, saluant sa compétence et sa contribution remarquable au fonctionnement de l’administration.
Concernant la proposition relative à la répartition du capital décès, le Directeur général a indiqué que la question relève avant tout du droit successoral et ne peut être tranchée par l’administration. Selon lui, les ressources laissées par un agent décédé entrent dans le cadre de la succession et doivent être réparties conformément aux règles juridiques en vigueur.
« Ce n’est pas au Directeur général des Douanes de décider de la clé de répartition des biens d’un agent décédé. Cela relève des hommes de droit dans le cadre de la succession », a-t-il expliqué.
Toutefois, il a assuré que l’administration continuera d’accompagner les familles et de veiller au respect des procédures.
Sur la question de l’évolution professionnelle des secrétaires, le Général Da Pierre Alphonse s’est montré favorable à une réflexion interne. Il a invité la direction des ressources humaines à examiner les propositions qui pourraient être faites dans ce sens, tout en rappelant que les plans de carrière s’inscrivent dans le cadre du statut général de la fonction publique.
« Personne ne sera laissé pour compte. Chaque proposition sera examinée afin de voir ce qui peut être fait », a-t-il assuré.
La cérémonie a également été marquée par une communication d’un avocat sur les droits des femmes, notamment en matière de succession, de protection juridique et de gestion du patrimoine. Cette intervention visait à mieux informer les agentes sur les dispositions légales existantes afin de prévenir les conflits et renforcer leur sécurité juridique.
À travers cette célébration, l’administration des Douanes a réaffirmé sa volonté de promouvoir l’égalité des chances et de renforcer la place des femmes dans la réalisation de ses missions économiques et fiscales.
Wassimagnon
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