Cameroun : 60 milliards FCFA perdus chaque année, la fraude électrique est-elle hors de contrôle au Cameroun ?
Le ministre de l'Eau et de l'Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, pointe du doigt la fraude à l'électricité comme l'une des causes majeures des coupures de courant récurrentes au Cameroun. Les connexions illicites au réseau électrique entraînent non seulement des pertes financières considérables, mais aussi des drames humains chaque année.
Ce jeudi 12 mars 2026, à Yaoundé, Gaston Eloundou Essomba a réuni autour de lui les acteurs clés du secteur énergétique - l'ARSEL, ENEO et la SONATREL - ainsi que des représentants d'associations de consommateurs.
60 milliards FCFA, le coût caché de la fraude
Selon le Minee, la fraude constitue aujourd'hui l'un des principaux déséquilibres financiers du secteur électrique au Cameroun. Il a chiffré ce manque à gagner à environ 60 milliards francs CFA par an, une somme qui aurait pu financer la construction de lignes électriques, le remplacement de transformateurs vétustes ou encore l'amélioration de la qualité du service.
Au-delà de l'impact économique, les branchements sauvages ont des répercussions directes sur la stabilité du réseau : en surchargeant les transformateurs, ils génèrent des interruptions de service au détriment des abonnés qui s'acquittent régulièrement de leurs factures. Sur le plan de la sécurité, le ministre a rappelé que des installations non conformes causent chaque année des décès par électrocution.
Les « barons de la fraude » dans le viseur des autorités
Le ministre a également mis en garde contre des réseaux organisés qui exploitent la vulnérabilité des populations. Ces individus, désignés sous l'appellation de « barons de la fraude », se font passer pour des intermédiaires en mesure de raccorder illégalement des foyers au réseau électrique ou de détourner des installations existantes.
Gaston Eloundou Essomba a fermement rappelé que ces personnes n'agissent pas au nom des autorités ou des opérateurs du secteur. Il a exhorté les populations à ne plus recourir à leurs services, sous peine de s'exposer à des sanctions et à des risques d'accidents graves. La voie légale reste accessible : toute personne souhaitant se raccorder au réseau peut se régulariser directement auprès des agences compétentes.
-Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-oucameroun@koaci.com
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