Burundi-Rwanda : Désaccord et critiques réciproques sur la candidature de Macky Sall à l'ONU
Le candidat Macky Sallau milieu des Présidents Évariste Ndayishimiye et Paul Kagamé (ph)
Une crise diplomatique a éclaté entre le Rwanda et le Burundi au sein de l'Union Africaine (UA) après l'échec d'une procédure accélérée visant à soutenir la candidature de l'ancien Président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies (ONU).
Le Burundi, qui assure la présidence tournante de l'UA, a lancé une « procédure de silence » le 02 mars 2026 pour soutenir la candidature de M. Sall, mais plus de vingt États membres s'y sont opposés, empêchant tout consensus.
Cette proposition a été lancée sous la présidence d'Evariste Ndayishimiye, qui cherche à imposer cette approbation par le biais d'une « procédure de silence », un mécanisme selon lequel les décisions sont adoptées sauf si un nombre suffisant de pays s'y opposent dans un délai imparti.
Critiques réciproques
L’acte posé par le Burundi n’est pas du goût du Rwanda qui a critiqué le processus, le jugeant vicié et dépourvu de consultation adéquate. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a vivement critiqué cette initiative le vendredi dernier dans une publication sur X, présentant cet échec comme un rejet de la procédure plutôt que de la personne de M. Sall.
Le ministre Nduhungirehe a d’abord écrit que « Cette soumission d'une candidature africaine au poste de Secrétaire général de l'ONU a surpris tous les Chefs d'État et de gouvernement africains, aucun d'eux n'ayant été consulté par la Présidente de l'UA avant de prendre cette décision importante> et a ensuite accusé le Président de l'UA d'avoir agi « en violation flagrante de toutes les règles et réglementations régissant les candidatures africaines ».
A l’opposé, le Burundi a défendu la candidature soumise comme un mécanisme légitime de l'UA.
L'ambassadeur du Burundi auprès de l'UA, Willy Nyamitwe, a qualifié les allégations du Rwanda de « regrettables tant sur le fond que sur la forme », accusant Kigali de déformer les procédures de l'UA. Il a estimé que « Le recours à la procédure de silence n’est ni nouveau ni irrégulier au sein de l’Union africaine et que c’est un « mécanisme de décision bien établi ».
Nyamitwe a averti que les critiques publiques risquent de fragiliser les institutions continentales, et a affirmé que de tels désaccords devraient être réglés par la voie de la diplomatie discrète.
Ce différend survient à un moment critique, alors que l’Afrique cherche à présenter un candidat unifié pour succéder au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dont le mandat s’achève en 2026.
Rivalités régionales
Ce désaccord reflète des rivalités régionales plus larges, notamment dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), où le Burundi soutient les forces gouvernementales contre les rebelles du M23, largement considérés comme alliés au Rwanda.
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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