Côte d'Ivoire : Économie sociale et solidaire, un cap historique franchi à l'Assemblée nationale
Un pas décisif vient d’être franchi dans la structuration de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Côte d’Ivoire. Réunie ce jeudi 2 avril 2026, la Commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le projet de loi encadrant ce secteur en pleine mutation. Un vote sans réserve qui traduit une volonté politique affirmée de faire de l’ESS un levier de développement inclusif.
Porté par la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Myss Belmonde Dogbo, ce texte vise à doter le pays d’un cadre juridique clair et structuré. Dès sa présentation, la ministre a insisté sur la philosophie du projet : replacer l’humain au cœur de l’activité économique. L’économie sociale et solidaire y est définie comme un ensemble d’activités à finalité sociale ou environnementale, couvrant la production, la transformation, la distribution et la consommation de biens et services.
Le projet de loi introduit des critères rigoureux pour l’obtention du statut d’acteur de l’ESS. Parmi les exigences figurent une gouvernance démocratique, une répartition équitable des bénéfices, la prévention des conflits d’intérêts et le respect des objectifs de développement durable. Le gouvernement entend ainsi éviter toute récupération opportuniste du dispositif par des structures uniquement motivées par le profit.
Les consultations ayant précédé son élaboration ont impliqué aussi bien les acteurs urbains que ruraux. Le projet prévoit également leur participation aux organes de décision, dans une logique de gouvernance partagée.
Les groupes parlementaires favorables au texte ont salué une initiative en cohérence avec les engagements internationaux du pays, notamment en matière de développement durable et de lutte contre les inégalités. Toutefois, certains députés ont exprimé des réserves quant aux conditions de mise en œuvre.
Au cœur des préoccupations : les disparités structurelles persistantes. Insuffisance des infrastructures routières, accès limité à Internet et taux élevé d’analphabétisme en milieu rural pourraient freiner l’efficacité du dispositif. Des interrogations légitimes auxquelles la ministre a tenu à répondre.
Myss Belmonde Dogbo a ainsi annoncé un vaste programme de renforcement des capacités destiné aux acteurs de l’ESS, notamment les coopératives, mutuelles et associations. Des mécanismes de financement adaptés seront également déployés, avec l’appui des structures déconcentrées du ministère et des dispositifs de filets sociaux.
Dans une perspective d’efficacité, le gouvernement prévoit de s’inspirer de modèles internationaux ayant fait leurs preuves, afin d’accompagner la transition progressive du secteur informel vers une économie plus structurée et durable.
Au-delà de son adoption en commission, ce projet de loi envoie un signal fort : celui d’une Côte d’Ivoire résolument engagée dans la construction d’un modèle économique plus équitable. Reste désormais à traduire cette ambition en résultats concrets sur le terrain.
Wassimagnon
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