Côte d'Ivoire : Depuis Abidjan, le Zarabaon appelle à un regard bienveillant des autorités gouvernementales
Des participants à la rencontre (ph KOACI)
La jeunesse missionnaire du canton Zarabaon, de retour d’une mission de compassion et de sensibilisation suite à l’assassinat d’un citoyen attribué à un dozo, a présenté le compte rendu de ses activités à la diaspora, ce samedi 11 avril 2026 à Abidjan. La rencontre s’est tenue au complexe du Mont Zatro, réquisitionné par le peuple du Zarabaon, afin de permettre à la délégation de restituer les conclusions de cette mission effectuée dans un contexte marqué par de fortes tensions sécuritaires.
Devant une auguste assemblée, GUEHOU Prinsley, chef de la délégation, accompagné de ses collaborateurs, a d’abord exprimé sa profonde gratitude à l’endroit du peuple du Zarabaon ainsi qu’à ses cadres pour les contributions volontaires, financières et matérielles, ayant permis la réalisation de cette mission. Il a également salué l’accueil des autorités préfectorales, notamment la brigade de gendarmerie de Zou, ainsi que la population locale qui, selon lui, s’est sentie soulagée par la présence de la diaspora à ses côtés durant cette période difficile. Une visite de compassion a également été rendue à la famille du défunt, à qui la délégation a apporté soutien moral et assurances quant aux dispositions judiciaires déjà engagées par les autorités compétentes.
« La mission a permis de répondre aux principales inquiétudes en matière de sécurité et d’instaurer un climat d’apaisement au sein des populations », a fait savoir le chef de délégation.
Selon lui, la mission a permis d’obtenir plusieurs résultats, notamment la mise en place d’un cadre d’écoute et de dialogue entre populations et autorités sous-préfectorales, le recueil des préoccupations réelles des communautés locales, la sensibilisation sur les enjeux de sécurité et de vivre-ensemble, ainsi que l’identification des sources de tensions. Toutefois, la consolidation de la confiance entre populations et institutions, ainsi que la création d’un environnement sécurisé favorable aux activités socio-économiques, nécessitent des interventions sur le long terme.
GUEHOU Prinsley a également insisté sur les recommandations formulées à l’endroit des autorités. Bien que la situation soit actuellement maîtrisée, il a souligné la nécessité de prévenir toute résurgence de tensions. À cet effet, il a, au nom de la population résidente et de la diaspora du Zarabaon, appelé le gouvernement ivoirien à porter un regard bienveillant sur ce canton, qui constitue une frange importante de la population nationale et contribue fortement à la production agricole du pays.
Selon lui, « le canton Zarabaon, situé dans le département de Bangolo, compte 112 613 habitants selon le RGPH 2021, soit environ 45 % de la population du département. Il est composé de vingt-et-un villages répartis entre deux sous-préfectures, Zou et Kahin. Ce territoire attire de nombreux migrants en raison de la richesse de son sol et de la générosité de son peuple. Cependant, il porte encore les stigmates des différentes crises sociopolitiques qu’a connues la Côte d’Ivoire. Ces périodes douloureuses ont profondément affecté le tissu social, décimé des familles entières et installé un climat de méfiance et de vulnérabilité ».
Les autorités administratives locales ont, par ailleurs, dénoncé la présence de dozos, qualifiés de forces irrégulières, ayant pénétré la zone de manière clandestine, en violation des dispositions gouvernementales interdisant leur présence et l’érection de barrages. Recevant la délégation à son poste de commandement, le sous-préfet de Zou, ainsi que celui de Kahin, ont salué l’initiative de la jeunesse du Zarabaon en diaspora. Concernant la présence des dozos, les autorités administratives ont indiqué que ces derniers se trouvent sur place en violation des dispositions législatives et réglementaires. Elles ont, par conséquent, invité les populations, à travers la mission, à faire preuve de vigilance face à cette situation.
Parmi les principales recommandations formulées, la délégation demande l’ouverture d’une enquête rigoureuse afin de faire toute la lumière sur l’assassinat de Koffi Yao Jules, l’identification des auteurs et leur traduction devant les juridictions compétentes. La délégation exige également le démantèlement immédiat des barrages illégaux, le renforcement de la présence des forces de défense et de sécurité dans la zone, ainsi que l’instauration de patrouilles régulières pour rassurer les populations.
La diaspora et la jeunesse du Zarabaon appellent, en outre, au retrait définitif des chasseurs traditionnels dozos du canton, estimant que leur présence, historiquement inexistante dans la zone, constitue aujourd’hui une source majeure de tensions.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, la délégation plaide pour la mise en place d’un cadre permanent de dialogue impliquant autorités administratives, chefferies traditionnelles, jeunesse et diaspora. Selon les initiateurs, cette plateforme permettra d’anticiper les crises et de consolider durablement la paix dans le Zarabaon.
Les populations venues nombreuses à cette rencontre de restitution se sont félicitées de l’initiative des fils et filles du canton. À l’unanimité, elles ont adopté les recommandations de la délégation et instruit les jeunes volontaires de poursuivre la mission en déposant le rapport auprès de la Primature, des ministères techniques et de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, afin que les plus hautes autorités soient pleinement informées de la situation du Zarabaon.
T..K.Emile
tkemile@koaci.com
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