Côte d'Ivoire : L'État et le secteur privé passent à l'offensive pour accélérer la vulgarisation du SRE, levier stratégique du financement agricole
Réunis dans un hôtel au Plateau, acteurs publics, privés et partenaires techniques ont pris part à une tribune d’échanges consacrée au Système de Récépissés d’Entreposage (SRE), présentée comme une solution innovante pour transformer durablement le secteur agricole et agro-industriel.
Organisée dans le cadre des rencontres « Zoom sur », cette édition a mis en lumière les opportunités offertes par ce mécanisme, encore en phase d’appropriation par les acteurs.
Dans son allocution d’ouverture, la Secrétaire exécutive du Comité de Concertation État–Secteur privé, Mariam Fadiga Fofana, a salué l’initiative et la mobilisation des parties prenantes. Elle a souligné l’importance de cette tribune pour mieux faire connaître un dispositif encore peu maîtrisé, mais porteur de profondes transformations pour les filières agricoles.
Mis en œuvre depuis 2018, le SRE permet aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des entrepôts agréés et d’obtenir, en contrepartie, un récépissé ayant valeur de garantie auprès des institutions financières. Une innovation qui vise à lever l’un des principaux freins du secteur : l’accès au crédit.
Prenant la parole, le Directeur général de l’Autorité de Régulation du Système de Récépissés d’Entreposage (ARRE), le Professeur Justin Koffi, a présenté les multiples avantages du dispositif.
Selon lui, le SRE constitue un véritable outil de transformation en permettant, la sécurisation des stocks agricoles, l’accès au financement sans hypothèque foncière, la réduction des pertes post-récolte et une meilleure régulation des prix grâce au stockage.
« Le SRE transforme les produits agricoles en actifs financiers mobilisables », a-t-il expliqué, insistant sur son rôle dans la professionnalisation du secteur et le développement de chaînes de valeur plus performantes.
Des résultats encourageants ont déjà été enregistrés, avec près de 1 000 récépissés émis pour plus de 26 000 tonnes de marchandises, dominées par la noix de cajou.
Les représentants des ministères sectoriels ont unanimement reconnu la pertinence du SRE face aux contraintes persistantes de l’agriculture ivoirienne.
Le représentant du ministère de l’Économie et des Finances, le Colonel Major Sangaré Souleymane, Conseiller technique du ministre a rappelé le poids stratégique du secteur, qui représente environ 26 % du PIB, 60 % des emplois et 40 % des recettes d’exportation. Malgré cela, il reste confronté à un accès limité au financement et à une faible bancarisation.
De son côté, le représentant du ministère de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Professeur Datté Jacques, Directeur Général de la Promotion des Agro-Industries, a souligné que le SRE s’inscrit dans la vision nationale de modernisation agricole et dans le Programme national d’investissement agricole. Il a insisté sur son rôle de socle pour la future Bourse des matières premières agricoles.
Au-delà du financement, le SRE apparaît également comme un outil stratégique pour soutenir l’industrialisation. Le représentant du ministère du Commerce a insisté sur la nécessité d’assurer un approvisionnement régulier des unités industrielles en matières premières de qualité.
« Le SRE contribue à sécuriser les transactions, améliorer la commercialisation et renforcer la transformation locale », a-t-il affirmé.
Malgré ses atouts, le système fait face à plusieurs défis majeurs, l’insuffisance des infrastructures de stockage, la nécessité d’un fonds de garantie, l’implication encore limitée des banques et l’appropriation du mécanisme par les producteurs.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir le succès du dispositif. L’engagement des institutions financières, des producteurs et des partenaires techniques apparaît comme une condition essentielle.
À travers cette tribune, les organisateurs entendent accélérer la vulgarisation du SRE et favoriser son adoption à grande échelle. L’objectif est clair : faire du système un moteur de croissance inclusive, capable de transformer les zones rurales en pôles de prospérité.
Les échanges ont permis de dégager des pistes concrètes pour renforcer son déploiement, dans un contexte où la modernisation de l’agriculture demeure un enjeu majeur pour la Côte d’Ivoire.
En clôture, les différents intervenants ont appelé à une synergie d’action entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques. Tous ont exprimé leur conviction que le SRE peut devenir un pilier du financement agricole et un catalyseur de développement économique.
La rencontre s’achève ainsi sur une note d’espoir, avec la volonté partagée de faire du Système de Récépissés d’Entreposage un outil central de la transformation agricole ivoirienne.
Wassimagnon
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