Côte d'Ivoire : Grève sur le pétrolier FPSO Espoir, la production à l'arrêt, les travailleurs durcissent le ton
(ph DiayeFilm)
La tension est montée d’un cran sur le champ pétrolier Espoir, situé sur le bloc CI-26, où les travailleurs du FPSO Espoir ont déclenché un arrêt de travail depuis le samedi 18 avril 2026. Une mobilisation qui a rapidement conduit à une conséquence majeure : l’interruption de la production.
À l’origine de ce mouvement de grève, des revendications sociales anciennes restées sans réponse concrète. Au cœur du différend, le paiement des reliquats liés aux droits sociaux des travailleurs, un dossier sensible qui cristallise depuis plusieurs années frustrations et indignations vis-à-vis des travailleurs.
Selon les représentants des travailleurs les entreprises se succèdent et confisquent les droits basiques des travailleurs. La société PETROFAC récemment racheté par (intégré à) CB&I s’était pourtant engagée à régler cette question. Cet engagement avait pourtant été pris devant la Direction Générale des Hydrocarbures, en présence de l’opérateur du champ, Canadian Natural Resources (CNR). Mais à ce jour, aucune avancée significative n’a été constatée sur le terrain.
Réunis en assemblée générale, les travailleurs ont affiché une position sans ambiguïté. Ils conditionnent toute reprise des activités au paiement intégral des sommes dues, en s’appuyant notamment sur les dispositions de l’article 33.5 du Code du Travail ivoirien. Une exigence qu’ils jugent non négociable.
« Trop de délais ont été accordés sans résultats concrets », déplorent des sources syndicales, pointant du doigt une succession de reports infructueux qui ont fini par éroder la confiance. Le climat social, déjà fragilisé, s’est ainsi progressivement dégradé.
Face à cette situation, les travailleurs formulent des exigences claires : notamment le règlement immédiat et complet des reliquats, ainsi que la formalisation écrite d’engagements précis et fermes. Pour eux, seule la matérialisation effective de ces engagements pourrait ouvrir la voie à une suspension du mouvement.
En attendant, la production reste à l’arrêt, avec des conséquences potentielles sur les activités du champ Espoir, plus largement, sur le secteur pétrolier ivoirien.
Les grévistes lancent également un appel aux autorités compétentes et à l’opérateur CNR, les exhortant à prendre leurs responsabilités afin de garantir le respect des droits fondamentaux des travailleurs. Malgré la fermeté du mouvement, ils affirment toutefois rester ouverts à un dialogue social « responsable », dans l’espoir de sortir d’une crise qui s’enlise depuis trop longtemps.
Donatien Kautcha, Abidjan
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