Côte d'Ivoire : La CODIDGI dénonce une moins-value de 120 milliards et met à nu les blocages internes
Les responsables syndicaux (Ph Koaci)
Le ton est grave et les mots pesés. Face à ce qu’elle qualifie de contre-performance préoccupante, la Coordination Dignité de la Direction générale des impôts (CODIDGI) est montée au créneau, ce vendredi 17 avril 2026, pour alerter sur une moins-value de 120 milliards de FCFA enregistrée au premier trimestre. Depuis la tribune du Musée des Civilisations au Plateau, les responsables syndicaux ont dressé un diagnostic sans concession des dysfonctionnements qui, selon eux, entravent la pleine performance de l’administration fiscale ivoirienne.
Placée sous le thème « 120 milliards de moins-value au premier trimestre », la conférence de presse a réuni plusieurs figures syndicales, dont Dougrou Michaël, secrétaire général de l’Alliance Nouvelle des Agents de la DGI (ANADGI), et Konan Antoine, secrétaire général du Syndicat des Agents des Impôts (SAGI).
Pour ces responsables, ce déficit n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe de blocages internes persistants. « Nous ne sommes pas face à un manque de potentiel, mais à un problème de fonctionnement », ont-ils laissé entendre, appelant à une prise de conscience collective.
Au cœur des préoccupations, le gel prolongé des nominations par arrêté cristallise les tensions. Une situation qui, selon les syndicats, freine la dynamique de travail et crée un climat d’incertitude au sein des services.
Prenant la parole, Dougrou Michaël n’a pas mâché ses mots :
« La première chose est de régler le problème culturel et organisationnel. Le ministre doit signer les arrêtés qui lui ont été soumis pour appréciation. Ces arrêtés permettront ensuite au directeur général de signer les décisions. »
Au-delà des nominations, les syndicalistes dénoncent également le maintien de certains agents admis à la retraite, le ralentissement des concours professionnels et d’autres dysfonctionnements qui affectent la fluidité administrative.
Autre point de crispation : l’application du profil de carrière. Pour la CODIDGI, il est impératif de mettre fin aux pratiques jugées approximatives dans la désignation des responsables.
« L’agent qu’il faut doit être placé au poste qu’il faut. Nous ne voulons plus de nominations aléatoires », a insisté Dougrou Michaël.
Selon lui, une gestion basée sur les compétences permettrait non seulement d’améliorer les performances, mais aussi de restaurer la confiance des agents dans le système.
Malgré ce tableau critique, les organisations syndicales se veulent optimistes. Elles estiment que la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel fiscal largement sous-exploité.
« Nous avons les ressources humaines et structurelles pour mobiliser entre 10 000 et 15 000 milliards de FCFA », ont-elles soutenu, appelant à une meilleure organisation interne et à un renforcement des moyens matériels des agents.
Pour la CODIDGI, l’urgence est claire : lever les blocages administratifs, en particulier ceux liés aux nominations par arrêté. Une condition jugée essentielle pour relancer la machine fiscale.
« Une fois ce problème réglé, nous aurons franchi une étape importante vers la résolution des difficultés de la DGI », a conclu Dougrou Michaël.
En toile de fond, c’est toute la question de la gouvernance économique qui est posée. Avec plus de 7 000 agents mobilisés, la Direction générale des impôts demeure un pilier stratégique de la mobilisation des ressources de l’État, dans un contexte où chaque franc compte.
Jean Chresus, Abidjan
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