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Côte d'Ivoire : Dans le Gbêkê, Nanan N'Goran Koffi II, qualifié de « Plus Grand Diviseur Commun », vomi par les chefs de Diabo et Languibonou
 

Côte d'Ivoire : Dans le Gbêkê, Nanan N'Goran Koffi II, qualifié de « Plus Grand Diviseur Commun », vomi par les chefs de Diabo et Languibonou

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 03 juin 2026 - 17:41

Les chefs de Diabo et Languibonou (ph KOACI) 



Réunis mercredi 3 juin 2026 à Diabo, les chefs de villages, de tribus et de cantons de Diabo et de Languibonou ont rendu publique une motion de protestation contre Nanan N’Goran Koffi II, Président régional de la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels de Gbêkê. Ils l’accusent de trois cas d’ingérence et exigent l’arrêt immédiat de ses interventions dans leurs cantons.


La tension monte dans la chefferie traditionnelle de la région de Gbêkê. Ce mercredi 03 juin 2026, à Diabo, les chefs de villages, chefs de tribus et chefs de cantons de Diabo et de Languibonou, ont adopté une motion de protestation visant Nanan N’Goran Koffi II, Président régional de la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels de Gbêkê.


Signée par le porte-parole Nanan Houphouët Kouadio Célestin, chef de village de Saya et vice-président du collectif des chefs de village, la motion dénonce des agissements jugés contraires « à la cohésion, à la paix, au respect des us et coutumes et à l'application de la loi organique n°2020-942 du 25 novembre 2020 ».


 

Les signataires reprochent d’abord à Nanan N’Goran Koffi II son immixtion dans la désignation du chef de village de Saoundi, dans le canton de Languibonou. Après le décès de Nanan Konan N’Gbra, l’ex-chef du village, Nanan N’Goran Koffi II « qui n'est ni chef de famille, ni ressortissant du village, ni chef de canton de Languibonou voire de Diabo » se serait « immiscé dans le choix du nouveau chef de village outrepassant ses prérogatives », indique la motion. « Son intervention a suscité colère et indignation », malgré l’envoi d’une délégation dans son village pour l’en informer.


Deuxième grief : son ingérence dans le choix du chef de canton par intérim du Gblo Blè. Alors que Nanan Allou Yéman III, malade, avait confié l’intérim à son frère Nanan N’Guessan Frédéric, Nanan N’Goran Koffi II s’y opposerait. « Il orchestre dans ces derniers temps, tout pour l’écarter de la succession au trône laissé vacant après le décès de son frère », accusent les chefs. « N’ayant pas réussi à évincer Nanan N’Guessan Frédéric, il lui demeure très hostile ».


Enfin, la motion dénonce son intervention dans le choix des représentants du Gbêkê à la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels. Citant l’article 8 de la loi organique n°2020-942 qui prévoit une désignation « par consensus » de deux représentants par département, les chefs affirment que Nanan N’Goran Koffi II s’est « invité dans les choix des représentants des Départements de la région de Gbêkê avec ses hommes qu'il s'est choisi délibérément ». À Diabo et Languibonou, il aurait « tenté de faire remplacer Nanan Battey, Chef de Canton légitime de Diabo, représentant de Diabo et Languibonou à l'Assemblée de la Chambre Nationale (…) par le Chef de Village de Languibonou sans même consulter son chef de canton ».


Pour les signataires, ces démarches « violent les procédures » et « constituent une violation de la loi organique ». « En tant que Président du Comité Régional, il a le devoir de garantir la paix, la stabilité et la cohésion sociale, mais hélas, il est le plus Grand Diviseur Commun de la paix et de la stabilité de la région de Gbêkê », tranche le texte.


Face à ces « violations répétées », les chefs de Diabo et Languibonou condamnent fermement les ingérences de Nanan N’Goran Koffi II dans les affaires des deux cantons, qu’ils qualifient de souverains. Ils réaffirment dans la foulée que seul le collège coutumier de chaque canton est compétent pour désigner ses chefs de village et gérer ses affaires internes, conformément à l’article 8 de la loi organique n°2020-942.


 

Les signataires exigent donc l’arrêt immédiat de toute ingérence de Nanan N’Goran Koffi II dans la gestion des cantons de Diabo et de Languibonou. Ils lui retirent tout crédit et toute confiance, et précisent avec insistance que « désormais et plus que jamais, la porte d'entrée des cantons Gblo, demeure Nanan Battey et Nanan Allou Yeman III ».


Par cette motion, les chefs interpellent également la Chambre Nationale des Rois et Chefs Traditionnels afin qu’elle prenne les dispositions appropriées pour préserver l’autorité, la crédibilité de l’institution et la paix dans le Gbêkê. « Nous, Chefs de Villages, Chefs de Tribus et Chefs de Cantons, nous nous insurgeons contre son comportement et le dénonçons avec la dernière énergie », conclut le document.


T.K.Emile

tkemile@koaci.com


 
 
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