Côte d'Ivoire : Produits dépigmentants, l'AIRP dévoile une vaste opération de contrôle et annonce des sanctions
Face aux critiques récentes mettant en doute l’efficacité de son action sur le marché des produits cosmétiques, l’Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique (AIRP) a tenu à présenter les résultats de sa stratégie de contrôle et de régulation. Dans un communiqué officiel, l’institution affirme son engagement à protéger la santé publique et met en avant les résultats d’une campagne nationale d’envergure menée entre octobre 2024 et mars 2025.
Créée par la loi n° 2017-541 du 3 août 2017, l’AIRP est chargée de lutter contre les produits pharmaceutiques de qualité inférieure ainsi que contre les produits cosmétiques présentant des risques sanitaires. C’est dans ce cadre qu’elle a conduit, sous la supervision du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHPCMU), une campagne nationale de déclaration volontaire des produits cosmétiques, des médicaments à base de plantes et des compléments alimentaires.
Cette opération, appuyée par la Police sanitaire, a permis de constituer la base de données la plus complète jamais réalisée sur le marché cosmétique ivoirien. Au total, 11 849 produits ont été analysés dans 1 140 établissements à travers le pays.
Les résultats révèlent une situation préoccupante. Parmi les 2 639 produits considérés comme présentant un risque élevé pour la santé, les produits éclaircissants représentent 75 % des références dangereuses recensées. Plus inquiétant encore, 64 % de ces produits à risque sont fabriqués localement, selon les données communiquées par l’AIRP.
Face à ce constat, l’autorité de régulation annonce la mise en œuvre d’un plan d’action structuré. Celui-ci prévoit notamment la notification des établissements non conformes, la formation des producteurs, ainsi que des opérations de contrôle et de répression menées en collaboration avec les forces de l’ordre, le ministère du Commerce, les Douanes ivoiriennes et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Pour l’AIRP, ces chiffres démontrent que l’État agit concrètement pour protéger les populations. « Une institution qui recense près de 12 000 produits, les classe et publie ses conclusions n’est pas indifférente : c’est un État qui protège ses citoyens », souligne le communiqué.
L’institution reconnaît toutefois les difficultés persistantes liées à la circulation de produits non homologués. Elle assure poursuivre quotidiennement ses actions de surveillance et de contrôle en étroite collaboration avec la Police sanitaire et le Laboratoire national de santé publique (LNSP), sous la coordination du ministère de la Santé.
Dans un esprit d’ouverture, l’AIRP invite également les organisations de la société civile et les acteurs engagés dans la lutte contre les produits dangereux à rejoindre le dispositif national. L’autorité encourage la transmission des signalements via sa plateforme officielle et propose des rencontres bilatérales à toute organisation souhaitant contribuer à l’amélioration de la sécurité sanitaire.
En conclusion, l’AIRP réaffirme sa détermination à remplir sa mission de protection de la santé publique. Face aux défis liés à la prolifération des produits dépigmentants et autres cosmétiques à risque, l’institution assure privilégier l’action et les résultats plutôt que la polémique.
« Notre réponse aux défis n’est ni le silence ni la controverse : c’est le travail », conclut l’autorité de régulation.
Wassimagnon
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