Côte d'Ivoire : Réforme de la CEI, Henriette Lagou plaide pour une Autorité nationale des élections afin de renforcer la confiance démocratique
Henriette Lagou ce mardi à Abidjan
Le débat sur la réforme du système électoral ivoirien continue de susciter des prises de position au sein de la classe politique. Ce mardi 30 juin, à l'occasion d'une déclaration solennelle prononcée au siège du Groupement des Partenaires Politiques pour la Paix (GP-PAIX), à Cocody, sa présidente, Henriette Lagou Adjoua, a salué la volonté du gouvernement de réformer la Commission électorale indépendante (CEI), tout en proposant une refonte plus ambitieuse de l'architecture institutionnelle chargée de l'organisation des élections.
Dans son intervention, l'ancienne ministre a estimé que les autorités ont posé « un diagnostic historique lucide » en reconnaissant les insuffisances du modèle actuel de la CEI, longtemps au cœur des contestations électorales en Côte d'Ivoire.
Selon la candidate malheureuse de l'élection présidentielle de 2025, la décision de répartir les missions électorales entre trois organes distincts constitue une évolution significative susceptible de restaurer progressivement la confiance des acteurs politiques et des citoyens.
« C'est un pas dans la bonne direction qui devrait contribuer à lever les soupçons de méfiance et à renforcer la responsabilité de chaque acteur du processus électoral », a déclaré Henriette Lagou.
Si le GP-PAIX accueille favorablement l'orientation prise par le gouvernement, il estime toutefois que plusieurs interrogations demeurent. Henriette Lagou a notamment relevé l'absence de précisions concernant les modalités de désignation des dirigeants des futurs organes électoraux, les mécanismes de coordination entre ces différentes structures ainsi que les critères permettant d'évaluer objectivement l'efficacité de la réforme.
Pour la présidente du GP-PAIX, le succès du nouveau dispositif dépendra principalement de la qualité des textes d'application, de la clarté de l'organisation des responsabilités et de la transparence dans le choix des personnalités appelées à conduire ces institutions.
« La réussite de cette réforme reposera sur la rigueur des décrets d'application, une articulation efficace des missions entre les trois organes et une transparence irréprochable dans la désignation de leurs responsables », a-t-elle souligné.
Le GP-PAIX propose la création d'une Autorité nationale des élections
Au-delà de son analyse, le Groupement des Partenaires Politiques pour la Paix a présenté une proposition institutionnelle visant à remplacer l'actuelle CEI par une Autorité nationale des élections (ANE).
Le schéma proposé repose sur trois piliers : un Conseil de supervision, composé exclusivement de personnalités indépendantes et consensuelles ; deux Agences techniques d'exécution, chargées respectivement de l'organisation matérielle des scrutins et de la compilation des résultats ; ainsi qu'un Pôle d'audit et de l'intégrité, présenté comme une innovation destinée à renforcer les mécanismes de contrôle.
Selon le porte-parole du GP-PAIX, Jean Pierre Kouassi, cette nouvelle architecture permettrait de mieux répartir les responsabilités, de limiter les conflits d'intérêts et d'améliorer la transparence ainsi que la crédibilité des consultations électorales.
Dans son adresse à la Nation, Henriette Lagou a rappelé que la consolidation de la paix passe nécessairement par la crédibilité des institutions républicaines.
« Il n'y a pas de paix sans institutions fortes. Il n'y a pas de cohésion sociale sans une justice impartiale et une administration transparente », a-t-elle affirmé.
Afin de renforcer davantage l'intégrité du processus électoral, elle a également proposé l'instauration d'audits réguliers de cybersécurité, un contrôle strict des dépenses de campagne ainsi que la certification obligatoire des agents électoraux avant leur déploiement sur le terrain.
En conclusion, la présidente du GP-PAIX a appelé les pouvoirs publics à intégrer les propositions de son organisation dans le futur dispositif électoral, estimant qu'elles contribueraient à restaurer durablement la confiance des citoyens dans les élections et à consolider la stabilité démocratique de la Côte d'Ivoire.
Wassimagnon
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