Côte d'Ivoire : Réforme électorale, la 2PFJ soutient l'initiative, mais appelle à un dialogue politique inclusif pour bâtir un consensus national
La Plateforme Panafricaine des Femmes et des Jeunes pour la Paix, la Démocratie et la Gouvernance (2PFJ) plaide pour l'ouverture d'un véritable dialogue politique inclusif afin de conduire la réforme de la gouvernance électorale en Côte d'Ivoire. Tout en saluant les efforts du gouvernement pour repenser le système de gestion des élections, l'organisation estime que seule une démarche consensuelle permettra de restaurer durablement la confiance entre les acteurs politiques et de consolider la paix
Dans une déclaration de presse rendue publique à Abidjan, la 2PFJ revient sur la séance de travail organisée le 22 juin 2026 à l'initiative du gouvernement dirigé par le Premier ministre, Robert Beugré Mambé. Cette rencontre a réuni les partis politiques, les mouvements politiques et plusieurs organisations de la société civile afin de présenter les grandes orientations de la future gouvernance électorale.
Au cours de son intervention, le chef du gouvernement a dressé un bilan des difficultés ayant marqué les processus électoraux ivoiriens depuis les années 1990. Il a notamment évoqué les nombreuses mutations des organes de gestion des élections, la crise persistante de confiance entre les acteurs politiques ainsi que les contestations récurrentes des résultats électoraux.
À la suite de la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) en mai 2026, l'exécutif propose désormais une nouvelle architecture institutionnelle articulée autour de trois organes distincts : un organisme chargé exclusivement de l'organisation matérielle et logistique des élections, un deuxième responsable du recensement et du décompte des suffrages, et un troisième dédié à la supervision ainsi qu'au contrôle global du processus électoral.
La 2PFJ reconnaît la cohérence technique de cette proposition, qu'elle considère comme une base de réflexion sérieuse. Toutefois, elle estime que l'importance des enjeux impose d'aller au-delà d'une simple séance d'information.
Pour la plateforme, toute réforme électorale durable doit s'appuyer sur une lecture lucide du contexte national.
Elle rappelle que les différentes crises électorales ont laissé de profondes blessures humaines, économiques et psychologiques au sein de la population. Selon l'organisation, plusieurs facteurs continuent d'alimenter les tensions, notamment le maintien en détention de certaines personnes arrêtées lors des précédentes crises politiques, la situation encore non résolue de plusieurs exilés politiques ainsi que la méfiance persistante entre le pouvoir, les partis d'opposition et les institutions chargées des élections.
La 2PFJ met également en garde contre le risque qu'une réforme élaborée sans véritable concertation soit perçue comme une décision unilatérale, susceptible d'affaiblir davantage la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
L'organisation rappelle enfin que les femmes et les jeunes demeurent les premières victimes des violences politiques et électorales, d'où la nécessité de les placer au cœur des mécanismes de prévention des crises.
Afin de garantir la crédibilité de la future gouvernance électorale, la 2PFJ formule plusieurs recommandations.
Elle demande tout d'abord que la phase actuelle d'information évolue vers un véritable dialogue politique inclusif réunissant, sans exclusion, l'ensemble des forces vives de la nation.
La plateforme souhaite également que le futur organe de gestion des élections soit le fruit d'un consensus national, condition essentielle selon elle pour renforcer la confiance des acteurs politiques et des citoyens.
Sur le plan technique, elle recommande la mise en place de commissions paritaires regroupant le gouvernement, l'opposition et la société civile afin de définir les compétences, les modalités de fonctionnement, l'autonomie financière et les garanties d'indépendance des futurs organes électoraux, quelle que soit l'architecture institutionnelle finalement retenue.
Dans un souci d'apaisement du climat politique, la 2PFJ appelle aussi à des mesures de décrispation, notamment la libération des personnes détenues pour des affaires à caractère politique ainsi que le retour sécurisé des exilés.
Enfin, l'organisation insiste sur une représentation significative des femmes et des jeunes dans les futurs organes électoraux, afin de promouvoir une gouvernance plus inclusive et de renforcer la veille citoyenne.
En conclusion de sa déclaration, la Plateforme Panafricaine des Femmes et des Jeunes pour la Paix, la Démocratie et la Gouvernance lance un appel à l'ensemble de la classe politique.
« Le peuple ivoirien a trop souffert. Ses enfants, ses femmes et sa jeunesse aspirent désormais à un avenir paisible, stable et prospère », souligne l'organisation, convaincue que les grandes réformes nationales doivent être portées par le dialogue et le consensus.
La 2PFJ considère que la réforme de la gouvernance électorale représente une occasion historique de consolider durablement la paix, de renforcer les institutions démocratiques et de prévenir les crises futures. Elle réaffirme, à cet effet, sa disponibilité à contribuer pleinement aux discussions nationales en faveur d'un processus électoral crédible, transparent et accepté par tous.
Notons que cette déclaration a été signée par Jean Martial N'Guessan, Président du Conseil d'administration de la Plateforme Panafricaine des Femmes et des Jeunes pour la Paix, la Démocratie et la Gouvernance (2PFJ)
Wassimagnon
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