Côte d'Ivoire : Face à la disparition des terres agricoles, le SG du SYNAGRI propose des Zones Agricoles Protégées
TERSIA Tchétcho Stéphane (ph KOACI)
L'espace agricole ivoirien se meurt, avalé par l'orpaillage et par une urbanisation galopante. Le Secrétaire Général (SG) du Syndicat National des Agents du Ministère de l'Agriculture (SYNAGRI), TERSIA Tchétcho Stéphane, a lancé une alerte. « L'orpaillage, qu'il soit clandestin ou autorisé, ainsi que l'urbanisation galopante contribuent à la réduction progressive de notre espace agricole. Pourtant, la terre est notre premier outil de production et le socle de la souveraineté alimentaire recherchée. » a-t-il alerté.
Pour le premier responsable du SYNAGRI, le danger est immédiat si l'État ne réagit pas. « Sans un régime juridique ferme créant les Zones Agricoles Protégées (ZAP), à l'image de la Zone d'Aménagement Différé autour d'Abidjan, les permis d'exploitation minière délivrés sur des centaines d'hectares et les lotissements tous azimuts continueront de réduire, année après année, notre espace agricole », prévient-il.
La solution qu'il propose est radicale. Selon TERSIA Tchétcho Stéphane, « il est donc urgent que la Côte d'Ivoire se dote de ZAP clairement délimitées dans le domaine foncier rural et exclusivement dédiées à l'activité agricole ». Dans ces périmètres, insiste le Secrétaire Général du SYNAGRI, « toute activité non agricole, lotissement, urbanisation, exploitation minière ou autre occupation incompatible avec la vocation agricole, devrait être interdite, sauf dérogation exceptionnelle strictement encadrée par la loi, à l'image de la procédure du déclassement des forêts classées ».
À ceux qui jugeraient le projet irréaliste, le patron du SYNAGRI oppose des exemples à travers le monde, expliquant que « La France, mais aussi la Chine, le Japon, la Suisse, la Corée du Sud et l'Espagne, ont mis en place différents mécanismes de protection de leurs terres agricoles. Pourquoi pas la Côte d'Ivoire, dont l'économie repose en partie sur l'agriculture ? » Et de conclure en faisant savoir que « La souveraineté commence dans l'assiette et la terre demeure le seul fournisseur de notre assiette. Donc protégeons-la ! »
TK Emile
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