Liberia : L'ancienne VP Taylor rejette les allégations de trafic de drogue et dénonce une « chasse aux sorcières »
Mme Jewel Howard-Taylor, l’ancienne Vice-présidente du Liberia (ph)
L’ancienne Vice-présidente (VP) du Liberia, Mme Jewel Howard-Taylor, a rejeté les allégations la liant à la vaste enquête sur le trafic de cocaïne qualifiant les faits allégués de « sans fondement, infondées et dénuées de mérite » et a promis de lutter contre une tentative à motivation politique visant à détruire sa réputation.
Mme Howard-Taylor a rompu le silence le 22 août dernier à Monrovia après son arrestation et des accusations de trafic de cocaïne, de complot criminel et de blanchiment d’argent.
La réaction de Mme Howard-Taylor intervient quelques jours après que les autorités l'ont empêchée de quitter le Libéria par l'aéroport international Roberts, le mercredi 19 août.
Réaction et contrattaque
Dans son communiqué, le service de communication de l’ancienne VP a rejeté toutes les accusations portées contre elle par le ministre de la Justice et procureur général N. Oswald Tweh et s'est interrogé sur la légitimité de l'enquête gouvernementale en se demandant s’il s'agit d'une opération de police légitime ou d'une tentative de la discréditer politiquement.
Mme Howard-Taylor a formulé une contre accusation contre des éléments non identifiés au sein du gouvernement, alléguant qu'il existe des projets de fabrication de preuves audio et vidéo contre elle à l'aide de l'intelligence artificielle. Elle nie catégoriquement les allégations de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et d’infractions connexes, tout en accusant le gouvernement d’instrumentaliser son pouvoir pour mener une affaire à motivation politique contre elle
Le Service révèle avoir été informé de projets, menés par des éléments au sein du gouvernement, de falsifier et de créer des enregistrements audio et vidéo, à l'aide de l'intelligence artificielle, afin de produire de fausses preuves contre Mme Howard-Taylor. Il assure ne pas se laisser intimider par une « culpabilité par association » et considère cette affaire comme « une chasse aux sorcières à motivation politique et un abus de pouvoir d'État ».
Contestations des faits allégués
Sur les circonstances de l’arrestation de Mme Howard-Taylor, son service de communication a déclaré qu'elle se rendait à Accra, au Ghana, pour prendre part à un forum sur les femmes, lorsque les autorités l'ont informée qu'elle ne pouvait pas quitter le Libéria.
Le communiqué précise que Mme Howard-Taylor n'a reçu aucune notification préalable d'une enquête la concernant et n'a pas été convoquée pour un interrogatoire avant d'être arrêtée à l'aéroport.
En contestant les allégations portées par le ministre de la Justice, le service de communication a d’abord déploré les conditions de l’arrestation de l’ancienne VP et a défendu que « n'a participé à aucune opération de trafic de drogue ni à aucun réseau criminel, ne l'a ni facilitée, ni financée, ni dissimulée, ni sciemment associée à aucune de ces opérations ».
Tout en déplorant les conditions de l’arrestation de Mme Howard-Taylor, le bureau de communication a révélé que l’ancienne VP a informé les autorités aéroportuaires qu'elle était prête à se présenter volontairement à la police nationale accompagnée de ses avocats mais chemin faisant son véhicule a été intercepté et conduit au quartier général de la police, lieu où elle a été inculpée en présence de ses avocats.
Des soucis de santé
Howard-Taylor a ensuite subi un malaise pendant sa garde à vue et a été conduite sous escorte policière à l'Institut des sciences médicales Gomez, dans la communauté de Sophie, à Congo Town. Elle aurait fait une crise d'asthme et une forte hausse de sa tension artérielle pendant sa détention au siège de la Police.
L’ancienne épouse de l’ancien Président Charles Taylor fait face à sept chefs d'accusation, notamment l'importation sans permis d'une drogue ou d'une substance contrôlée (article 14.83) ; la vente, le commerce, l'administration, la dispensation, la livraison, la distribution, l'expédition et le transport sans permis (article 14.85) ; et le trafic illicite (article 14.93).
Mensah,
Correspondant permanent de KOACI au Ghana, Togo et Nigeria
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