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Côte d'Ivoire : Abobo, à N'dotré, les motos-taxis gagnent du terrain au péril des passagers
 

Côte d'Ivoire : Abobo, à N'dotré, les motos-taxis gagnent du terrain au péril des passagers

 
 
 
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© Koaci.com - mercredi 26 août 2026 - 17:05

À N’dotré, dans la commune d’Abobo, les motos-taxis s’imposent progressivement comme une alternative aux woro-woro, notamment dans les quartiers difficiles d’accès. Rapides et disponibles, ces engins à deux roues séduisent de nombreux usagers. Mais derrière cette facilité de déplacement se cachent des risques liés à la vitesse, au non-respect des règles de sécurité, à l’état des véhicules et, parfois, à l’insécurité.


Le secteur du transport urbain en Côte d’Ivoire connaît une concurrence de plus en plus forte. Après l’arrivée des tricycles dans certaines zones, les engins à deux roues, notamment les motos, gagnent progressivement du terrain.


À N’dotré, cette nouvelle forme de transport est particulièrement visible. Pour rallier le grand carrefour de N’dotré à certains quartiers précaires, notamment Trainou et les zones situées derrière Fils, les motos-taxis circulent aux côtés des traditionnels woro-woro.


Leur principal atout : la rapidité. Là où les voitures peuvent être ralenties par l’état des voies ou les difficultés d’accès à certains quartiers, les motos se faufilent plus facilement. Une situation qui leur permet de répondre à une demande croissante des populations.


Pour un trajet, l’usager doit généralement débourser 500 FCFA, avec des tarifs susceptibles d’augmenter à certaines heures, notamment la nuit, lorsque les woro-woro ont déjà cessé leur service.


Si les motos permettent aux habitants de rejoindre rapidement leur destination, leur utilisation n’est pas sans danger. Les comportements de certains conducteurs suscitent de nombreuses inquiétudes chez les usagers.


Excès de vitesse, conduite imprudente et surcharge figurent parmi les pratiques régulièrement dénoncées. Il n’est pas rare de voir plusieurs passagers prendre place sur une même moto, dans des conditions qui ne semblent pas conformes aux règles élémentaires de sécurité.


Autre situation préoccupante : le port du casque. Dans certains cas, seul le conducteur en est équipé, tandis que le ou les passagers circulent sans protection.


Cette situation expose directement les clients aux conséquences d’un éventuel accident. En cas de chute ou de collision, le passager se retrouve particulièrement vulnérable.


Dans les quartiers desservis par ces motos, les accidents seraient devenus une source d’inquiétude pour les populations. La vitesse excessive de certains conducteurs et la mauvaise maîtrise de leurs engins sont régulièrement mises en cause.


 

Pourtant, malgré ces risques, les usagers continuent de solliciter ce mode de transport. La raison est simple : les motos répondent à un besoin réel de mobilité dans des zones où l’offre de transport classique reste insuffisante.


De jour comme de nuit, elles sont présentes sur les différents axes. À certaines heures, notamment lorsque les woro-woro ont déjà regagné leurs stations, les motocyclistes deviennent même l’une des rares options disponibles pour les habitants.


La nuit, le coût du déplacement peut également augmenter. Les passagers qui se rendent au-delà de l’échangeur de N’dotré sont parfois contraints de payer davantage.


Cette hausse s’expliquerait notamment par la rareté des autres moyens de transport à certaines heures. Une situation qui place les usagers dans une position délicate : accepter de payer plus cher ou renoncer au déplacement.


Mais au-delà de la question tarifaire, c’est surtout le sentiment d’insécurité qui préoccupe.


Dans les zones peu éclairées et isolées, certains passagers disent également craindre des comportements malveillants de la part de certains conducteurs. Des cas d’agressions seraient rapportés lorsque les motos empruntent des secteurs plongés dans la pénombre.


Ces inquiétudes renforcent la méfiance de certains usagers, qui se retrouvent pourtant dépendants de ce moyen de transport pour rejoindre leur domicile.


À ces problèmes s’ajoute la question de la conformité administrative. Plusieurs motocyclistes circuleraient sans être en possession de documents ou de titres jugés nécessaires.


Certains conducteurs seraient dépourvus de permis de conduire, tandis que certains engins ne disposeraient pas de documents fiables. Une situation qui pose la question du contrôle et de la réglementation de cette activité.


 

Dans ce contexte, certains motocyclistes jouent au jeu du « cache-cache » avec les forces de l’ordre, tentant d’échapper aux contrôles lorsqu’ils savent qu’ils ne sont pas en règle.


L’essor des motos-taxis à N’dotré traduit avant tout une réalité : les populations ont besoin de solutions de transport adaptées à leurs conditions de vie et à la configuration de leurs quartiers.


Toutefois, la nécessité de se déplacer ne devrait pas conduire les usagers à mettre leur vie en danger. La question est donc désormais de savoir comment encadrer cette activité afin de garantir à la fois la mobilité des populations et leur sécurité.


Contrôle des permis de conduire, vérification des documents des engins, respect du nombre de passagers, port obligatoire du casque pour tous les occupants, limitation de la vitesse et renforcement des contrôles dans les zones sensibles pourraient contribuer à réduire les risques.


À N’dotré, les motos ont visiblement trouvé leur place dans le paysage du transport. Reste désormais à faire en sorte que cette nouvelle offre de mobilité ne se transforme pas en nouvelle source d’accidents et d’insécurité pour les populations.



Wassimagnon



 
 
  Par Koaci
 
 
 
 
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