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Côte d'Ivoire : Orpaillage clandestin, le GRAMCI dit non au moratoire et plaide pour une petite mine légale capable d'absorber les acteurs
 

Côte d'Ivoire : Orpaillage clandestin, le GRAMCI dit non au moratoire et plaide pour une petite mine légale capable d'absorber les acteurs

 
 
 
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© Koaci.com - samedi 29 août 2026 - 12:27


Face à la persistance de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, le Groupement des Artisans Miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) apporte son soutien à la fermeté affichée par les pouvoirs publics, tout en appelant à accélérer la formalisation et la professionnalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. Pour l’organisation, la lutte contre l’illégalité doit aller de pair avec une offre légale capable d’absorber les acteurs et de préserver les retombées économiques, sociales et environnementales de l’activité.


Le Groupement des Artisans Miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) entend clarifier sa position dans le débat actuel sur l’orpaillage clandestin. L'organisation est résolument opposée à toute forme d’exploitation aurifère illégale. Elle estime que les activités menées en dehors de tout cadre réglementaire constituent une menace pour l’environnement, les terres agricoles, les ressources en eau, la sécurité des populations et les intérêts économiques de l’État.


Dans une déclaration rendue publique le 28 août, le GRAMCI salue ainsi la fermeté des autorités ivoiriennes dans la lutte contre le phénomène, tout en plaidant pour une accélération de la formalisation de la petite mine.


Les chiffres communiqués lors de la réunion du Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026 illustrent l’ampleur de la réponse des pouvoirs publics. Selon ce bilan, les opérations menées entre 2021 et le premier semestre 2026 ont permis le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire.


Ces opérations ont également conduit au déferrement de 4 474 individus, ainsi qu’à la saisie de plus de 960 millions de FCFA et d’environ 136 kilogrammes d’or.


Pour le GRAMCI, ces données traduisent la détermination de l’État à reprendre le contrôle des zones affectées par l’exploitation clandestine et à lutter contre une activité qui prive la collectivité nationale d’une partie de ses ressources.


L’organisation condamne notamment les réseaux clandestins, les trafics et toutes les pratiques qui favorisent la soustraction des ressources minières nationales au contrôle de l’État.


Elle cite, parmi les dispositifs mis en place, la création en 2021 du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), le renforcement des moyens de surveillance et les opérations de déguerpissement, en complément des actions de la Brigade de Répression des Infractions au Code minier (BRICM).


Le GRAMCI rappelle également qu’en juillet 2025, le ministère des Mines a doté les directions régionales et départementales des Mines et de la Géologie de 30 drones de dernière génération, afin de renforcer la surveillance des activités minières.

Répression, mais aussi formalisation

Pour le groupement, la réponse au phénomène ne saurait toutefois se limiter à la répression.


« Il ne s’agit pas de condamner l’activité d’orpaillage dans son ensemble », soutient le GRAMCI, qui appelle à établir une distinction nette entre l’orpaillage clandestin, exercé en dehors de toute réglementation, et l’orpaillage légal, réalisé dans un cadre autorisé et contrôlé.


Cette formalisation permettrait, selon l’organisation, d’identifier les opérateurs, d’améliorer la traçabilité de la production, de sécuriser les revenus des populations et de faire bénéficier davantage l’État et les communautés des retombées économiques de l’exploitation aurifère.


Le GRAMCI relève d’ailleurs que cette orientation est déjà engagée par les pouvoirs publics. Au cours des trois dernières années, plus de 800 autorisations d’exploitation artisanale et semi-industrielle auraient été délivrées, soit davantage que durant toute la décennie précédente.


L’organisation estime donc qu’il faut désormais accélérer cette dynamique afin d’offrir une véritable alternative économique aux activités clandestines.


Le groupement souligne également les efforts entrepris par le Gouvernement en matière de sensibilisation et d’accompagnement des communautés.


Une campagne nationale de sensibilisation a notamment été lancée le 8 décembre 2023 auprès de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels (CNRCT). Elle vise notamment les autorités coutumières et préfectorales, les élus, les cadres et les jeunes, avec l’ambition de couvrir progressivement les différents districts du pays.


 

Quatre campagnes ont, à ce jour, été organisées : dans le District autonome des Savanes en juillet 2024, dans le District autonome des Lacs et le Moronou en juillet 2025, dans le District autonome des Lagunes, ainsi qu’à Agboville et Adzopé en septembre 2025, et enfin à Séguéla, au bénéfice notamment des régions du Bafing, du Béré et du Worodougou, en juin 2026.

À ces initiatives nationales s’ajoutent des actions de proximité relayées par les préfets de région dans les départements, sous-préfectures et villages.


Le GRAMCI met également en avant l’atelier national consacré à la transformation structurelle des petites mines, qui a débouché, le 11 juillet 2025, sur un partenariat entre la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale et le Conseil mondial de l’or en vue de promouvoir une exploitation minière artisanale et à petite échelle durable et responsable.


Pour le GRAMCI, la formalisation doit également passer par une meilleure organisation des exploitants.

L’organisation encourage ainsi la constitution de coopératives et le renforcement des capacités des acteurs. Cette structuration doit, selon elle, faciliter l’identification des opérateurs, l’accès aux autorisations, la formation managériale, le financement, l’amélioration des méthodes d’exploitation et la sécurité des travailleurs..Elle doit également contribuer à renforcer la protection de l’environnement ainsi que la commercialisation et la traçabilité de l’or.


L’enjeu économique est important. L’exploitation minière artisanale et à petite échelle ferait vivre directement ou indirectement près d’un demi-million de personnes en Côte d’Ivoire. Pour le GRAMCI, le passage de l’informel au formel doit donc être perçu comme « une opportunité de transformation économique du secteur », et non comme une simple contrainte administrative.


Le GRAMCI insiste également sur la dimension environnementale de son plaidoyer. L’organisation rappelle que l’exploitation aurifère non industrielle légalement autorisée est soumise à des obligations environnementales et sociales. Les opérateurs autorisés doivent notamment respecter les dispositions applicables en matière d’environnement, d’eau et de forêts.

Selon le groupement, les opérateurs légalement établis n’ont pas vocation à intervenir dans les forêts classées, les cours d’eau ou encore les zones sacrées telles que les cimetières. Les études d’impact environnemental et social réalisées dans le cadre des projets de petites mines doivent, selon lui, permettre d’intégrer ces exigences dès la conception des projets.


Le GRAMCI met également en avant les obligations liées à la santé et à la sécurité des travailleurs, au respect des obligations sociales, fiscales et réglementaires, ainsi qu’à la contribution au développement local à travers la réalisation d’infrastructures de base prévues dans les protocoles d’accord conclus avec les communautés.


L’organisation rappelle à ce titre que ces critères de responsabilité figurent désormais parmi ceux pris en compte dans le cadre du Prix national d’excellence de la meilleure structure du secteur des mines, domaine des mines semi-industrielles.


Pour le GRAMCI, cette reconnaissance traduit une évolution importante : la performance d’une entreprise minière ne doit plus être appréciée uniquement à l’aune de sa production d’or, mais également de sa contribution à l’État, aux travailleurs, aux communautés et à la protection de l’environnement.


Le groupement cite l’exemple de la mine d’or semi-industrielle de la société Eburnie Gold Fields à Koun-Fao. Selon les chiffres communiqués par le GRAMCI, cette exploitation compte 20 salariés permanents et plus de 80 journaliers. Depuis 2022, elle aurait versé environ 300 millions de FCFA au titre des taxes et impôts, près de 200 millions de FCFA au titre de la taxe ad valorem au ministère chargé des Mines, consacré environ 375 millions de FCFA à des projets communautaires et engagé près de 180 millions de FCFA pour la réhabilitation progressive du site.

Pour l’organisation, ce type de modèle doit progressivement devenir la norme dans le secteur.


Dans cette perspective, le GRAMCI indique avoir signé un partenariat avec la SODEMI afin d’accompagner une centaine de petits permis dans la recherche et l’évaluation de leurs ressources géologiques. L’objectif est de permettre aux exploitants de mieux connaître leur potentiel, de planifier leurs investissements et de disposer d’une meilleure visibilité sur la durée de leurs projets.


C’est sur ce point que la position du GRAMCI se veut particulièrement claire.


L’organisation ne partage pas la proposition d’un moratoire sur les activités minières légalement autorisées. Elle considère qu’une telle mesure pourrait être contre-productive, notamment au regard de l’expérience récente dans la région de la Mé.


En avril 2024, rappelle-t-elle, des entreprises minières avaient suspendu leurs activités dans cette région, dans l’attente de mesures permettant de mieux encadrer la situation face à la persistance des activités clandestines.


Deux ans plus tard, constate le GRAMCI, l’orpaillage clandestin demeure et continue de poser problème. Pour l’organisation, cette expérience montre qu’une suspension des activités des opérateurs légalement autorisés ne suffit pas, à elle seule, à éradiquer le phénomène.


Certaines entreprises ont donc entrepris de renouer le dialogue avec les communautés afin de rechercher des solutions permettant une reprise progressive de leurs activités.


 

Le GRAMCI cite notamment le cas d’ANEPE MINING, qui aurait procédé à un bilan de ses activités en présence du préfet du département et de la région de la Mé.


Cette rencontre devait permettre de faire le point sur la situation, de clarifier les responsabilités et d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées par les communautés.


Dans ce cadre, l’entreprise aurait notamment apporté un appui de 8 millions de FCFA en numéraire aux populations concernées. Elle aurait également engagé une démarche visant à reprendre progressivement ses activités, tout en contribuant à limiter et à réparer les dégâts causés par l’orpaillage clandestin sur les sites légalement attribués.


Pour le GRAMCI, cette expérience plaide en faveur d’une approche fondée sur la responsabilité, le dialogue et l’application effective de la réglementation, plutôt que sur une nouvelle suspension susceptible de pénaliser les opérateurs légalement établis sans régler durablement le problème de l’orpaillage clandestin.


Au terme de sa déclaration, le GRAMCI appelle le Gouvernement à poursuivre les efforts engagés afin de simplifier l’accès aux autorisations, développer les coopératives, renforcer la traçabilité de l’or et faciliter l’accès aux circuits officiels de commercialisation.


L’organisation défend ainsi une politique reposant sur deux piliers complémentaires : une répression ferme, ciblée et continue de l’orpaillage clandestin et des réseaux qui le financent, une accélération de la formalisation de l’orpaillage légal et responsable.


Pour le GRAMCI, cette double approche est indispensable pour éviter qu’un vide économique ne se crée après le démantèlement des sites clandestins.

Son message se veut donc sans ambiguïté : non à l’orpaillage clandestin, oui à une petite mine légale, responsable et créatrice de valeur.


Le groupement réaffirme enfin sa disponibilité à accompagner le Gouvernement dans la dynamique de formalisation, de professionnalisation et de responsabilisation de la petite mine ivoirienne.




Wassimagnon





 
 
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